
Délocalisée à la dernière minute, contestée, sous pression. La marche pro-référendum de la Coalition nationale pour le Congo -CNC- a été bouclée au terrain annexe du stade des Martyrs de Kinshasa. Verdict de son principal organisateur, l’archevêque Ejiba Yamapia, vendredi sur X: mission accomplie. Devant Stanis Bujakera et Patient Ligodi, le chef spirituel et figure de la CNC n’a pas cédé au discours de circonstance. Il a planté le décor d’entrée: le lieu a changé, l’affluence non. «Il y a eu une grande affluence, les images en témoignent», a-t-il lâché. Une phrase courte. Une image qui tient lieu d’argument. Il est ensuite revenu sur les critiques visant la mobilisation: «Au stade, il n’y avait même pas assez de place parce qu’il y avait un monde fou. Il y a le terme, entre guillemets, “adversaire”. Il n’envoie la caméra que pour filmer une chaise vide et dire : voilà, il y avait des chaises vides. S’il y avait plus de soixante mille personnes qui marchent, pourquoi ne parler que d’un coin où il y a eu un espace vide ? Celui qui dit que ça n’a pas marché, c’est aussi son opinion et nous la lui concédons».
Pour l’archevêque, l’angle choisi par certains médias ne résiste pas à la réalité du nombre. Organisée pour réclamer un référendum sur le changement de la Constitution, la mobilisation visait à tester le rapport de force. La Police a déplacé le point de rassemblement. La CNC a replié, puis avancé. Et selon Ejiba, la rue a répondu. Les objectifs? Atteints. Pas de demi-mesure.
Le référendum, ligne rouge assumée
La CNC ne négocie pas l’idée. Elle la porte. Pour Ejiba Yamapia, changer la Constitution n’est pas un caprice politique, c’est un passage obligé. La marche de vendredi était le premier acte public, le test de mobilisation. Le test est, dit-il, concluant.
Reste la suite. Entre les images brandies par la CNC, où sont visibles Jonas Tshiombela et Christopher Ngoyi, deux figures de la Société civile opposées au changement constitutionnel sous Kabila, et la lecture qu’en fera le Pouvoir, l’écart risque de rester béant. Mais sur X, l’archevêque a choisi son camp: celui du nombre et de l’impact. «Les objectifs ont été atteints». À Kinshasa, la phrase d’Ejiba résonne comme un coup d’envoi. Le référendum n’est plus une rumeur de couloir. Ejiba et sa clique travaillent à lui faire prendre corps dans la rue.
YA KAKESA
