Dossier à la UneNationSociété

«Ebola n’est pas le Covid-19», Kinshasa rassure et renforce la riposte sanitaire

Le gouvernement RD-congolais intensifie sa riposte face à la 17e épidémie de maladie à virus Ebola déclarée en République Démocratique du Congo. Réunis sous la coordination du cabinet de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, les experts des ministères sectoriels, structures sanitaires et services étatiques ont harmonisé, mardi 26 mai, les mécanismes d’intervention afin de contenir la propagation du virus. Selon la Primature, plusieurs axes prioritaires ont été arrêtés, notamment le renforcement de la coordination multisectorielle, la mobilisation du budget global de la riposte, l’intensification de la sensibilisation ainsi que le renforcement du contrôle aux frontières et de la sécurisation des opérations sanitaires.

Le gouvernement affirme vouloir «interrompre la chaîne de transmission» et améliorer l’efficacité des interventions dans les zones touchées. Les autorités sanitaires invitent en même temps la population à signaler rapidement tout cas suspect via le numéro vert officiel 151, accessible gratuitement 24h/24. Intervenant sur TV5Monde, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a tenté de rassurer l’opinion publique, appelant à ne pas céder à l’alarmisme. «Il ne faut pas être alarmiste sur Ebola. Nous avons l’expérience et l’expertise qu’il faut pour faire face à cette 17e épidémie», a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que la situation demeure préoccupante en raison des pertes en vies humaines. Le porte-parole du gouvernement a insisté sur le fait que l’épidémie reste localisée dans trois provinces du pays et que les autorités disposent déjà d’un dispositif de riposte opérationnel, même si des moyens supplémentaires restent nécessaires.

Pas de confinement en vue

Patrick Muyaya a également tenu à distinguer Ebola du Covid-19, estimant qu’il ne faut pas confondre les deux maladies. Selon lui, contrairement au Covid-19 qui se transmet principalement par voie respiratoire, Ebola est une fièvre hémorragique transmise surtout par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne infectée ou décédée. «On n’a pas besoin de confinement pour traiter Ebola ni de fermeture des frontières», a-t-il affirmé, précisant toutefois que certaines mesures préventives restent communes aux deux maladies, notamment le lavage régulier des mains.

Le ministre a par ailleurs exhorté la population à éviter l’automédication et la propagation de rumeurs. Il recommande d’alerter immédiatement les services de santé en cas de symptômes tels que la fièvre, les vomissements, la diarrhée, la fatigue intense ou après un contact à risque. Concernant la province de l’Ituri, Patrick Muyaya a annoncé que l’aéroport de Bunia, actuellement en rénovation, fait l’objet d’aménagements spécifiques destinés à renforcer la riposte sanitaire. Sa réouverture est annoncée dans les prochains jours. Le ministre a également critiqué le M23 et le Rwanda, qu’il accuse de ne disposer ni des capacités ni de l’expertise nécessaires pour faire face à une telle épidémie dans les zones sous leur influence. Selon les chiffres du dernier SITREP publié le 25 mai, 105 cas ont été confirmés à ce jour dont 95 en Ituri, 10 au Nord-Kivu et 1 au Sud-Kivu. Au total, 906 cas suspects ont été rapportés dont 223 décès dont 10 confirmés.

Cette 17e épidémie est liée à la souche Bundibugyo, une variante plus rare identifiée pour la première fois en 2007 en Ouganda. Si elle demeure dangereuse et potentiellement mortelle, les autorités sanitaires RD-congolaises rappellent néanmoins que le pays dispose déjà d’une solide expérience dans la gestion des flambées d’Ebola, après plusieurs épisodes enregistrés au cours des dernières décennies.

WIDAL

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page