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Eaux du fleuve Congo: à Luanda, Tshisekedi ferme la porte à tout transfert sans référendum

C’est un point sensible. Depuis Luanda, où il participait ce jeudi 22 octobre à l’ouverture de la 4e Biennale pour la culture de la paix, Félix Tshisekedi a voulu couper court à des mois de spéculations. «S’agissant d’éventuels transferts des eaux du fleuve Congo vers d’autres bassins, je tiens à réaffirmer la position de notre pays. Aucun engagement ne saurait être envisagé sans le respect de notre Constitution et de nos lois», a lancé le président de la République, face à ses pairs africains, à l’Angola, à l’Union africaine et à l’Unesco, réunis cette année autour de l’eau comme instrument de paix. Le message est clair, et il n’est pas nouveau, mais il prend à Luanda une résonance particulière. Kinshasa est régulièrement sollicitée au sujet du projet Transaqua, cette vieille idée de détourner une partie des eaux de l’Oubangui, affluent du Congo, pour réalimenter le lac Tchad, en voie d’assèchement. Un projet porté par certains États sahéliens, mais qui suscite une vive opposition en République Démocratique du Congo. Félix Tshisekedi a donc posé ses deux lignes rouges, intangibles selon lui.

La première est politique: la consultation du peuple congolais par référendum. La Constitution de 2006 considère en effet le fleuve Congo et ses ressources comme un patrimoine souverain. Toute cession, même partielle, de cette ressource toucherait à l’intégrité nationale et ne pourrait se faire sans l’aval direct du souverain primaire.

La seconde est scientifique: des «garanties rigoureuses» sur la préservation des intérêts du pays et de ses équilibres écologiques. Le fleuve Congo est le deuxième fleuve le plus puissant au monde. Son débit, son bassin forestier et sa biodiversité sont vitaux pour le pays, mais aussi pour la régulation climatique du continent. Kinshasa craint qu’un prélèvement massif ne bouleverse durablement son écosystème, sa production hydroélectrique avec Inga et la vie de millions de riverains.

En choisissant la tribune de la Biennale de Luanda, consacrée cette année à la gouvernance de l’eau comme levier de prévention des conflits, le chef de l’État a soigneusement calibré sa position. Il ne s’agit pas d’un refus de la solidarité africaine, qu’il dit assumer «entre États souverains», mais d’un appel à une solidarité encadrée par le droit et la science. «La confiance entre partenaires exige cette clarté. Elle permet de rechercher ensemble des solutions durables pleinement consenties et fondées sur la connaissance», a-t-il insisté.

Une façon de dire que l’eau du Congo n’est pas une ressource à ciel ouvert, et que si l’Afrique veut en débattre, elle devra le faire autour de la table des études d’impact, et non sur fond d’accords discrets.

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