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Diplomates zélés, Mende réitère la mise en garde

Lambert Mende, porte-parole du gouvernement
Lambert Mende, porte-parole du gouvernement
«Nous ne nous tairons plus à ce sujet car les ambassadeurs et les envoyés accrédités auprès de la RD-Congo n’ont jamais été gratifiés d’un mandat de tuteur desdites institutions -Présidence et CENI-, fruits du choix démocratique des RD-Congolais», a tonné le porte-parole du gouvernement visiblement irrité par les commentaires indélicats des émissaires de la Communauté internationale
Alors que Barack Obama s’était fait chantre de la souveraineté de l’Ukraine à l’occasion de la commémoration du D-day du débarquement de Normandie en France, Russ Feingold, son envoyé spécial dans la Région des Grands Lacs, a, lui, fait le contraire. Il s’immisce dans des affaires internes de la RD-Congo. D’abord, s’appuyant sur un procès d’intention, cet Américain gay estime, sans en apporter la preuve, que Joseph Kabila, le Président RD-congolais, manipulerait la Constitution en prévision des élections de 2016 et se permet de le mettre en garde. Feingold, le même, et ses compagnons, notamment les envoyés de l’Organisation des Nations unies -ONU- et de l’Union européenne -UE- exigent de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- la publication d’un calendrier global des élections.
Ces ingérences ont suscité une vive réaction de Kinshasa. A la faveur d’un point de presse organisé le samedi 7 juin dans son cabinet de travail, Lambert Mende Omalanga, ministre des Médias en charge des Relations avec le Parlement et de la Nouvelle citoyenneté, et porte-parole du gouvernement, a qualifié les propos de l’envoyé spécial américain à l’égard du Chef de l’Etat RD-congolais de «désobligeants», estimant que pareille entreprise relève d’une tentative d’émasculation des institutions politiques de la RD-Congo, un Etat souverain et pas un pays sous tutelle comme l’a signifié le Président de la République, Joseph Kabila, tour à tour aux ambassadeurs accrédités en RD-Congo, le 31 mai 2014, et trois jours après, aux envoyés de la communauté internationale, nostalgiques de l’ère coloniale.
Débout comme à l’accoutumée, un gestuel abondant et acéré sous un ton des plus fermes et enragés, c’est un Mende révolté qui est monté au créneau le samedi dernier pour rappeler aux diplomates et autres envoyés spéciaux qu’ils n’ont aucun pouvoir de donner des injonctions aux institutions de la RD-Congo, un pays souverain. Il n’y est pas allé avec des gans. A l’en croire, «Sept ans après les élections générales de 2006 … rien ne peut justifier la réactivation d’un mécanisme de type Comité international d’appui à la transition -CIAT- comme on s’évertue à le faire par défi en organisant unilatéralement des réunions de type institutionnel et en déclinant des oukases à exécuter par nos institutions», a tapé le porte-parole du gouvernement. La RD-Congo n’est plus un territoire conquis.
De ce fait, il est déplacé qu’un émissaire étranger enjoigne à la CENI, une institution voulue indépendante par la constitution RD-congolaise, de revoir la nomenclature du cycle électoral, considérant que les élections locales sont moins importantes que les autres. En droit positif RD-congolais, seule la CENI est habilitée à élaborer et à mettre en œuvre le calendrier électoral. Par conséquent, «Ceux des représentants de nos partenaires étrangers qui s’évertuent à émettre un jugement de valeur sur les décisions régulièrement prises par nos institutions violent délibérément notre constitution», a fait remarqué Mende. Pour lui, leurs déclarations trahissent une volonté de leur part de jouer un rôle de proconsuls en RD-Congo.
«Nous ne nous tairons plus à ce sujet car les ambassadeurs et les envoyés accrédités auprès de la RD-Congo n’ont jamais été gratifiés d’un mandat de tuteur desdites institutions -Présidence et CENI-, fruits du choix démocratique des RD-Congolais», a averti un Mende irrité par les propos des émissaires. Il souligne que la Majorité au pouvoir s’inscrira toujours en faux contre cette manière de faire de la communauté internationale. Les partenaires de la Communauté internationale qui prétendent «suivre de près» le processus démocratique en RD-Congo, dépassent leurs limites. Ils se mettent pratiquement à intimer des ordres.
«Ils ramènent à la surface la problématique des promesses non tenues en 2011 par les mêmes. Une attitude de mauvaise foi qui avait contraint la RD-Congo à prendre en charge la quasi-totalité du financement des élections législatives et présidentielle d’alors pour lesquelles l’apport de la communauté internationale fut marginal», a fait savoir le ministre des Médias avant d’assener: «inutile donc de nous flaquer au visage ce chantage maintes fois répété car l’idée que sans l’apport des partenaires paternalistes, la RD-Congo cesserait d’exister a été bel et bien démentie en 2011. Les élections avaient bien eu lieu».
Calendrier global… faux problème
«Je m’en vais suggérer aux amis sincères de la RD-Congo de bien vouloir faire bénéficier aux institutions comme la CENI de leurs avis et conseils en amont et de s’abstenir de toute intervention en aval après que celle-ci ait arrêté une décision conformément aux pouvoirs que lui reconnaissent la constitution et la loi», a déclaré Lambert Mende. Aussi, a-t-il estimé, la question du calendrier global des différentes élections attendues est un faux problème.
«Le scrutin pour l’élection du président de la République est convoqué par la Commission électorale nationale indépendante, quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du président en exercice», stimule l’article 73 de la Constitution RD-congolaise. Cette convocation s’articulera sous forme de calendrier en ce qui concerne précisément la campagne électorale, le dépôt des candidatures, … Il y a donc pas lieu de créer de mélodrame à ce sujet», a martelé Mende.
Et d’ajouter: «La CENI a déjà élaboré et déposé au gouvernement le budget général des élections nationales qui couvre les élections urbaines, municipales et locales; les élections provinciales, celles des sénateurs et gouverneurs, les élections législatives nationales et l’élection présidentielle. Il n’y a donc pas lieu de conditionner l’appréciation du coût des élections par la publications du calendrier global, sauf à vouloir chercher des poux sur la tête d’un chauve», a ironisé le ministre des Médias. Comme qui dirait : « Qui veut tuer son chien l’accuse de rage».
Hugo Robert MABIALA

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