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Dialogue, la requête de l’aile dure de l’Opposition en RDC

Le quatuor exhorte «instamment les responsables des initiatives de l’UA, Doha et Washington à apporter un appui résolu à l’initiative ECC-CENCO»…

L’aile dure de l’Opposition en RD-Congo fait bloc dans la recherche d’une solution durable à la crise qui a ressurgi depuis près de cinq ans dans l’Est du pays. Mardi 30 avril, Martin Fayulu, Joseph Kabila, Delly Sesanga et Moïse Katumbi ont signé une déclaration commune pour appeler à un «dialogue interne» et réitérer leur «détermination à œuvrer ensemble pour une solution durable à la crise».

Ce dialogue voulu par Sesanga et les autres devrait permettre «d’identifier les causes profondes internes et externes de la crise et de lui trouver des solutions pérennes». Objectif: «rétablir la cohésion nationale et la démocratie». La proposition s’arrime au «Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RD-Congo et dans les grands-Lacs», initié par les évêques catholiques et les pasteurs protestants.

Pour ces quatre opposants qui n’avaient pas pris part aux consultations politiques menées par le spécial du président Tshisekedi, l’initiative CENCO-ECC présente un «triple mérite». En plus d’être la seule initiative portée par des nationaux, le «Pacte social pour la paix» RD-congolais, prône un «dialogue ouvert à toutes parties prenantes RD-congolaises sans exclusive». La démarche propose également «d’examiner la crise RD-congolaise dans sa globalité». «Aussi louables et bienvenues qu’elles soient, les initiatives des pays amis et des organisations régionales ou internationales ne peuvent remplacer la recherche, par nous congolais, des solutions à nos problèmes», ont fait savoir ces quatre membres de l’aile dure de l’Opposition.

Face à ce constat, Katumbi et compagnie ont exhorté les porteurs des processus de l’Union africaine, de Doha et de Washington «à apporter un appui résolu à l’initiative ECC-CENCO, et à œuvrer, dans un esprit de concertation et de synergie, à l’établissement des mécanismes efficaces de coordination entre elles, dans l’intérêt de la stabilité de la RD-Congo et de la paix durables en RD-Congo et dans la région des Grands Lacs». En même temps, ils ont appelé au retrait de «toutes les forces étrangères, ainsi que des mercenaires». Ce départ pourrait favoriser, selon eux, la mise en place des «conditions optimales pour le règlement des différends qui opposent les RD-Congolais par les RD-Congolais eux-mêmes».

Pas de solution militaire à la crise

La voix pacifique reste ainsi, pour ces opposants, l’unique issue à la crise, soucieux de «mettre rapidement fin au calvaire» des populations actuellement en proie à la guerre qui doivent retourner «dans leurs lieux de résidence». Si un temps, Kinshasa campait sur sa position de ne pas négocier avec les rebelles de l’Alliance fleuve Congo -AFC-, suffisamment d’eau a coulé sous les ponts, au point de conforter Kabila et cie dans leur requête pour un dialogue national. Ils ont ainsi salué une «avancée significative» avec la Déclaration conjointe RD-Congo – AFC/M23 et la Déclaration des Principes entre Kinshasa et Kigali.

Toutefois, les opposants restent prudents face au manque de «base suffisante pour une solution définitive et durable de la crise», fustigeant la non-prise en compte des intérêts nationaux dans ces textes. «Toute solution qui ne prend pas en compte les causes profondes endogènes de la crise, que sont la violation intentionnelle de la Constitution, la poursuite de la gabegie financière, la mauvaise gouvernance, la violation systématique des droits humains, la restriction des libertés fondamentales et la consolidation de la dictature, par les tenants actuels du pouvoir, de surcroît illégitimes parce qu’issus de la fraude électorale, ainsi que des causes exogènes telles que la violation des frontières, l’exploitation illicite des minerais de la RD Congo, ne peut qu’être factice et éphémère», préviennent-ils.

Intransigeants face à la souveraineté nationale

Dans l’accord de Washington, plusieurs points ont énervé Kabila, Katumbi, Fayulu et Sesanga, notamment le flou entourant sa signature. Pour besoin de redevabilité, le quatuor a exigé la publication «des accords et arrangements pris en vue d’informer dans la transparence la nation toute entière». Craignant de voir la souveraineté du pays, y compris la souveraineté économique, Fayulu et ses trois collègues d’opposition ont demandé des garanties dans la proposition d’intégration économique proposée dans la déclaration des principes de Washington. Celle-ci «doit s’opérer dans le respect, tant de la souveraineté permanente de chaque pays sur ses richesses et ses ressources naturelles, que de la sauvegarde des intérêts économiques respectifs dans le développement et l’organisation des chaînes de valeurs et d’approvisionnement».

Cette déclaration commune des principaux opposants en RD-Congo a fait réagir dans la classe politique du fait du poids des signataires, des voix qui comptent sociologiquement. Aimé Ntambue, Président du Mouvement des progressistes du Congo -MPC- a épousé la démarche de ces opposants de premier plan. «Il est désormais plus que nécessaire de privilégier le dialogue interne et inclusif afin de ramener toutes les parties sous l’arbre à palabres dans le seul but de mettre fin à la crise multiforme qui secoue la RD-Congo», a écrit cet acteur politique sur le réseau social X.

Natine K.

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