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Déclaration de Doha: dix jours plus tard, les mesures de confiance restent lettre morte

Dix jours après la signature à Doha d’une déclaration de principes entre le gouvernement de Kinshasa et le mouvement rebelle AFC/M23, les engagements mutuels censés poser les bases d’un futur accord de paix global peinent à se concrétiser. Les mesures de confiance, pourtant considérées comme indispensables à la reprise du dialogue, restent à ce jour sans effet. L’enthousiasme prudent qui avait suivi la signature du document cède désormais la place à l’inquiétude, tant le statu quo militaire et politique persiste sur le terrain.

Des engagements restés sans suite

En vertu du texte signé à Doha le 19 juillet, les deux parties s’étaient engagées à mettre en œuvre un ensemble de mesures de confiance dans un délai de dix jours. La date butoir, fixée au mardi 29 juillet, est aujourd’hui atteinte -sans avancée significative constatée. Parmi les engagements pris figuraient notamment: un cessez-le-feu immédiat sur toutes les lignes de front; le retrait progressif des forces rebelles des zones occupées, sous supervision d’observateurs internationaux; une amnistie sélective et conditionnelle pour les membres du M23 n’ayant pas commis de crimes graves au regard du droit international.

Les parties s’étaient également engagées pour la suspension temporaire de certains mandats d’arrêt visant des responsables du mouvement et la réintégration sous conditions de certains cadres de l’AFC/M23 dans les institutions politiques nationales. Mais selon des sources proches du processus, aucune de ces mesures n’a encore été effectivement appliquée sur le terrain, malgré les engagements écrits.

Des délais en danger, une dynamique menacée

Le blocage actuel fait peser un risque réel sur la suite du processus. D’après le chronogramme établi à Doha, les parties sont censées reprendre les discussions dans les prochains jours, avec en ligne de mire la signature d’un accord de paix global prévue le 17 août, toujours dans la capitale qatarie.

Mais sans avancées concrètes sur les mesures de confiance, la crédibilité de ce calendrier est aujourd’hui compromise. Plusieurs observateurs redoutent un enlisement, voire un retour aux hostilités si la dynamique de Doha s’essouffle davantage.

Entre méfiance persistante et volonté affichée

Malgré l’impasse actuelle, les deux parties continuent d’affirmer leur volonté de parvenir à une solution politique. Mais la méfiance demeure profonde, alimentée par des années de conflit, de promesses non tenues et de violations d’accords précédents.

Pour éviter l’échec du processus, des voix s’élèvent en faveur d’un renforcement du rôle des médiateurs et des partenaires internationaux, afin de garantir la mise en œuvre effective des engagements pris et maintenir la pression diplomatique sur les protagonistes. Le processus de Doha, présenté comme une lueur d’espoir pour l’Est de la République Démocratique du Congo, risque aujourd’hui de s’enliser si des gestes forts ne sont pas posés dans les plus brefs délais. 

YA KAKESA

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