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RDC : Le coup de gueule de Lumeya sur l’identification de la nouvelle majorité en cours de législature

Le député national Lumeya-Dhu-Maleghi n’est pas resté aphone face à la décision présidentielle nommant un informateur pour identifier une nouvelle majorité au Parlement. A la faveur d’un entretien accordé le week-end dernier à «Ouraganfm.cd», l’élu de Kikwit soutient que la mission confiée à Modeste Bahati par le Président de la République est anticonstitutionnelle dans la mesure où il existe déjà une majorité parlementaire en cours de législature.

Juriste de formation, Lumeya-Dhu-Maleghi évoque le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui stipule, dans son article 54, qu’au début de la législature, les partis et regroupements politiques déposent au bureau provisoire de l’Assemblée nationale leurs déclarations d’appartenance soit à la majorité, soit à l’opposition. Au regard de cette disposition de la loi organique qui, selon lui, a déjà tranché sur cette question, l’élu national souligne que la configuration politique se dessine au début de la législature et non pas au milieu comme c’est le cas avec la mission que le Chef de l’Etat vient de confier au sénateur Bahati comme informateur.

Le vice-président de la DDC va encore plus loin en démontrant la violation de la Constitution dans cette démarche de l’informateur. A Lumeya-Dhu-Maleghi, au niveau de l’Assemblée nationale, toutes les forces politiques sont regroupées autour des groupes politiques formés des membres de la Chambre partageant les mêmes opinions politiques. Pour lui, cet indicateur prouve à suffisance que c’est la famille politique de Joseph Kabila qui garde la majorité parlementaire, renseignant que beaucoup de groupes parlementaires sont FCC.

«Avec quelle base juridique va-t-il identifier la nouvelle majorité? S’il se conforme au Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la majorité parlementaire restera FCC», explique l’élu de Kikwit. Et d’avertir: «le danger dans la mission de Bahati, c’est de vouloir pousser les groupes parlementaires FCC à aller à l’Union sacrée. Dans cette hypothèse, l’équation sera visiblement très difficile pour Bahati. Car, le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale a bloqué toute possibilité de vagabondage politique. Halte au tripatouillage».

En outre, le député national Lumeya fait observer deux choses. D’abord, il rappelle que le groupe parlementaire qui aura perdu la moitié de ses membres, soit moins de 13 sur 25, n’existera plus comme groupe. Puis, le député qui aura quitté son groupe parlementaire individuellement, va perdre automatiquement le droit de s’affilier à un autre groupe parlementaire. Par conséquent, renchérit cet ancien ministre des Affaires foncières, dans les deux cas, ces «élus-là» deviendront des non-inscrits. Deuxième conséquence, ils ne seront pas pris en compte dans le cadre de l’identification de la nouvelle majorité, précise-t-il.

En clair, Lumeya-Dhu-Maleghi exclut tout calcul tendant à additionner les non-inscrits dans l’identification de la nouvelle majorité. Visiblement, l’élu de Kikwit brandit un arsenal qui bloque Bahati et lui interdit d’identifier les non-inscrits parce que non comptables pour la nouvelle configuration politique.

D’ailleurs, Lumeya révèle que son regroupement politique, APCO, va exiger comme préalable à l’informateur la définition consensuelle des critères et principes devant guider sa mission d’identifier la nouvelle majorité pour éviter de tordre le cou à la loi fondamentale. De l’avis du député Lumeya, l’informateur Modeste Bahati ne réussira pas à changer de majorité à l’Assemblée nationale, s’il ne recourt pas à la fraude, à la tricherie, à l’achat de conscience ou à la violation massive de la Constitution.

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