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Affaire Boyau: La foudroyante réplique des Inspecteurs judiciaires au VPM Lihau

Le torchon continue de brûler à l’Inspection générale de la Police judiciaire des parquets où le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique tient à réhabiliter Antoine Camille Boyau, chef de corps suspendu. Alors que le Conseil d’État a suspendu l’arrêté du VPM Lihau jugé «illégal», l’affaire est loin d’être bouclée. Le chef de l’Administration publique estime être en droit de réhabiliter un «agent de carrière des services publics de l’État», même si ce dernier relève d’un autre ministère, nommé par arrêté d’un autre ministre, y compris en passant outre une décision du Conseil d’État, pourtant juridiction suprême de l’ordre administratif dans le pays.

Une démarche dénoncée par les inspecteurs judiciaires alors que le cabinet du VPM a, à travers une mise au point, saisi AfricaNews pour clarifier la situation, présentant la mesure prise par Lihau comme une «application stricte d’une obligation légale», évoquant le délai légal de trois mois pour une action disciplinaire. 

«L’argument selon lequel la suspension n’avait pas été levée trois mois après ne tient pas non plus debout. Boyau a fait plus de trois mois en détention pour des raisons pénales», a recadré en expert en droit administratif. Ce spécialiste est convaincu que le cabinet Lihau a tout faux. «Ils induisent les gens en erreur ou pensent tromper tout le monde. Les textes sont pourtant clairs. Il faut leur opposer non seulement les dispositions légales mais aussi la référence à chaque article et son contenu», a-t-il rétorqué, offusqué à la lecture du «droit de réponse» du cabinet de Lihau qu’AfricaNews a pris le soin de publier in extenso.

«Ce n’est pas au ministre de la Fonction publique de replacer un Inspecteur général suspendu par un arrêté du ministre de la Justice. C’est, du reste, la raison pour laquelle son arrêté a été jugé illégal par le Conseil d’Etat. L’autorité hiérarchique ce n’est pas le ministre de la Fonction publique», assène un autre juriste.

De son côté, le Collectif des Inspecteurs judiciaires, agents et fonctionnaires de la Police judiciaire des parquets a rappelé dans une réplique foudroyante que Camille-Antoine Boyau, l’Inspecteur général que le VPM Lihau veut replacer en service, se trouve être en liberté conditionnelle avec une affaire judiciaire encore pendante devant la Cour de cassation sous RMP XII1/010/PGCASS/MBO pour détournement de deniers publics. «Selon l’article 42 du Statut des agents de carrières des services publics de l’État, la position de suspension dans laquelle l’IPJ Boyau était placé depuis, demeure», a rappelé le Collectif dans une déclaration dont copie est parvenue à AfricaNews.

Malgré cet état d’indisponibilité, Boyau a saisi, en son temps, le VPM Lihau pour solliciter son soutien contre une lettre de Rose Mutombo, min’État de la Justice à l’époque, qui n’avait pas caché sa colère. Ell a notamment regretté la posture de son collègue de la Fonction publique qui a prétendu la «caducité de l’action disciplinaire ouverte à charge de Boyau et son replacement» alors que ce dernier n’était qu’un intérimaire. «Faut-il rappeler que l’arrêté de la ministre Mutombo a abrogé celui qui désignait l’IPJ Boyau à titre provisoire comme Inspecteur général?», a interrogé le collectif. Le corps des inspecteurs judiciaires des parquets ne comprennent pas «l’acharnement» du VPM de la Fonction Publique à «vouloir replacer en service I’IPJ Boyau dont la suspension demeure parce que les poursuites judiciaires n’ont pas encore connu d’issue». Fort de l’appui du VPM, Boyau aurait créé une administration parallèle avec des cachets fabriqués et des papiers en-tête. «Cette attitude crée une confusion dans la population», dénoncent les inspecteurs, accusant également l’IPJ suspedu d’avoir bloqué trois voitures de marque Toyota IST de service. «Comment I’IPJ Boyau, sans qualité ni droit, s’est-il permis d’écrire aux autorités financières du pays, paralysant ainsi tout un service qu’il ne dirige pas en bloquant le paiement du Fond secret de recherche, fond destiné à la Police judiciaire des parquets et non à un individu fusse-t-il Inspecteur Général?», interroge le collectif.

Pire, Boyau Nsala continue, selon la même source, de toucher sa prime qui, pourtant, est censé être une motivation pour agents et fonctionnaires de l’État en activité. De nombreux observateurs reprochent à Lihau d’avoir sans scrupules réhabilité un détenu en liberté conditionnelle, qui de surcroît est un retraité. Boyau. Engagé depuis 1969 et désormais âgé de 82 ans, Boyau a, en effet, largement dépassé l’âge légal de la retraite fixé à 65 ans. Autant d’irrégularités qui discréditent la démarche de Lihau.

Natine K.

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