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«Congolais telema», Suminwa en cheffe de guerre

Le gouvernement RD-congolais se mobilise pour faire face à l’agression rwandaise dans l’Est du pays. Et la Première ministre, elle, se pose en cheffe de guerre. Après avoir activé les fronts judiciaire, diplomatique, économique, militaire et médiatique, place au front populaire, lancé le samedi 1er mars par la Première ministre Judith Suminwa. «Nous sommes en guerre, notre mère patrie est menacée. Ce n’est pas la première agression, ni la première guerre que le Rwanda mène sur notre territoire pour ses visions expansionnistes et le pillage systématique de nos ressources naturelles. Cette guerre a trop duré, 30 ans, ça suffit!». C’est par ces mots qu’elle a lancé ce front, baptisé «Congolais telema». Bien que le dernier à être lancé, le front populaire est un «last but not least». Pour le gouvernement RD-congolais, il s’agit clairement du front «le plus important» car porté par plus de 100 millions d’âmes. 

Ce front apparait comme un appel à la mobilisation générale pour bouter dehors «l’ennemi rwandais» qui occupe des localités dans les provinces du Nord et Sud-Kivu. «Congolais telema», la traduction en lingala -une des quatre langues nationales- de l’hymne national, le «Debout Congolais», est la suite logique de la campagne «Bendele ekweya té».

En plus de s’opposer à l’occupation rwandaise, la population RD-congolaise est également conviée à refuser d’inoculer «le poison rwandais», fait des désinformations et de manipulation médiatique. Jeunes et vieux, enfants et adultes, hommes et femmes, le gouvernement attend que tous, peu importe le statut social, se lèvent pour «défendre la patrie».

La Première ministre Judith Suminwa a, en même temps, dénoncé la «complicité» de certains RD-Congolais dans l’agression rwandaise, répandant le venin de la haine, de la division et de la manipulation des faits «pour des fins de propagande» et pour «attiser des tensions au milieu de la population». Cette attitude dresse clairement le lit, selon la cheffe du gouvernement, d’un «génocide congolais». Ces derniers jours, un des aspects de ce venin est la prétendue chasse aux Swahiliphones à Kinshasa. Une rumeur jamais prouvée à ce jour et plusieurs fois démentie par les autorités RD-congolaise. «Le peuple RD-congolais est uni. Il est uni par le sort et uni par le choix d’être et d’exister collectivement, telle une nation», a rappelé Suminwa, refusant de se prêter au «jeu de l’ennemi» qui planifie, selon ses mots, une «destruction» de la RD-Congo.

Pour contrecarrer ce projet du Rwanda, Suminwa a rassuré de l’engagement du président Tshisekedi et de son gouvernement de «travailler pour remplir» sa part de responsabilité en donnant des ressources à l’armée. «Il est fondamental de donner à cette guerre la force de notre unité, notre destinée en dépend», a exhorté la Première ministre. «Congolais telema», dans l’entendement de la locataire du château de l’avenue Roi Baudaouin est aussi un appel à défendre à la fois l’unité du pays, la dignité de son et sa diversité.

Présent au lancement de cette campagne par la cheffe du gouvernement, Patrick Muyaya est convaincu que la popularisation de cette guerre d’agression va permettre d’en finir une fois pour toute avec le Rwanda. «Aucune arme ne peut rivaliser avec la force de 100 millions de RD-Congolais», a affirmé le porte-parole du gouvernement. Et d’ajouter: «Nous avons déjà engagé le combat et aujourd’hui, nous proclamons: ‘Congolais Telema’. Nous parlons souvent de différents fronts: nous avons le commandant suprême qui est à la fois sur le front militaire, le front diplomatique, le front judiciaire, le front médiatique, et aujourd’hui nous parlons du front populaire».

Soutenir l’effort de guerre

A travers, «Congolais telema», Muyaya a également invité ses compatriotes à se ranger derrière le président Félix Tshisekedi. Le speaker de l’Exécutif national voit surtout aux «événements actuels», une «opportunité [de] renforcer» l’unité nationale afin de «garantir la pérennité» de la RD-Congo. Pour ce faire, il a appelé «chaque RD-congolais», dans son cercle d’influence et depuis son coin, à se lever pour dénoncer tout «groupe de lobbying malveillant».

Dans l’histoire récente de la RD-Congo, le front populaire n’est pas sans rappeler la prophétie de Mzee Laurent-Désiré Kabila. Face aux velléités rwandaises vers la fin des années 1990, l’ancien président de la République avait prédit que la guerre sera longue et… populaire. Un quart de siècle plus tard, la prédiction prend corps. Comme Mzee Kabila qui a juré de «ne jamais trahir le Congo», Muyaya refuse de voir le pays vendu. «Ceux qui viennent avec leurs poisons et leurs pantins seront repoussés là où ils viennent», a-t-il rassuré.

Comme un symbole, le front populaire est lancé avec un matelas financier, grâce à un premier apport des membres du gouvernement qui ont prêché par l’exemple, réunissant près d’un demi-million de dollars en faveur des FARDC. «Chacun de nous peut apporter sa contribution», a lancé la Première ministre, appelant à la solidarité pour soutenir l’effort de guerre. Côté Trésor public, il a été décidé de majorer la solde et les primes des militaire au front.

WIDAL

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