
Un A320 parmi les plus anciens en activité rejoint la flotte. Après près de huit mois d’immobilisation, Congo Airways tente de reprendre le ciel rd‑congolais. Samedi 31 janvier, l’aéroport international de N’Djili a accueilli un Airbus A320 dont l’âge surprend: mis en service en 1989, l’appareil a 36 ans, selon le site spécialisé NewsAero, qui le classe parmi les quatre A320 les plus anciens encore exploités dans le monde.
Cet A320, acquis en leasing auprès de la société sud‑africaine Global Aviation, est le deuxième appareil reçu par la compagnie en peu de temps, après l’arrivée fin 2024 d’un Embraer E190. D’après des sources concordantes et le suivi de NewsAero, l’A320 a exploité de nombreuses immatriculations et couleurs commerciales au fil de sa carrière -Braniff, GPA, America West, US Airways, Sénégal Airlines, Fly Baghdad, Jubba Airways, Corendon Airlines, entre autres- avant d’atterrir sous la bannière de Global Aviation.
Pour le bailleur, la remise en service d’un tel avion est rentable: prolonger son exploitation permet d’amortir un appareil en fin de cycle.
Pour Congo Airways, souvent fragile financièrement, le recours à des leasing à bas coût apparaît comme une solution de court terme pour reconstituer une flotte opérationnelle. Selon NewsAero, l’Embraer E190 réceptionné affiche quant à lui environ 18 ans et aurait bénéficié de travaux de maintenance importants à Toulouse; un second E190 est attendu et subirait actuellement des opérations similaires en France.
Des experts consultés nuancent toutefois l’optimisme: l’exploitation d’appareils anciens n’est pas rédhibitoire si la maintenance est rigoureuse. Elle implique toutefois des contrôles structurels renforcés, une fréquence accrue des visites techniques et une logistique de pièces de rechange souvent complexe et coûteuse. «Plus un avion est ancien, plus le risque d’immobilisation augmente, ce qui peut annuler les économies réalisées sur le leasing», estime un pilote rd‑congolais sous couvert d’anonymat.
Les risques pointés vont de l’augmentation des coûts de maintenance non planifiée aux retards et annulations, en passant par une consommation carburant plus élevée et une possible érosion de l’image de la compagnie. Ceux‑ci interrogent la viabilité d’une stratégie fondée sur des acquisitions d’occasion face à l’objectif affiché par le gouvernement -et rappelé lors du Conseil des ministres du 19 juillet 2024- d’un renouvellement de la flotte, notamment par l’achat de trois Airbus A320 neufs.
«A 25 ans, un appareil utilisé sur de grandes lignes se trouve “dans ses dernières années de service commercial», affirme un autre expert avant de poursuivre: «Si un avion est considéré comme trop vieux pour être exploitable, c’est parce qu’il va avoir une consommation de carburant et des coûts d’entretien qui deviennent supérieurs à ceux des avions les plus récents».

Ces affirmations confortent les thèses des intérêts mobilisés autour des aéronefs négociés pour la compagnie aérienne nationale, exposée à une renaissance de façade. Clouée au sol depuis avril 2025, Congo Airways figure toujours sur la liste noire de l’Union européenne pour des motifs de sécurité aérienne, un handicap majeur pour sa relance internationale. Dans ce contexte, la reprise progressive tant vantée des vols avec du matériel ancien marque une étape pragmatique, mais fragile, vers la remise en service complète de la compagnie.
Natine K.
