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Comptes IDEF de la RVA: des cadavres dans les placards

Une activité fébrile se développe à l’aéroport international de N’Djili où les préparatifs vont bon train en prévision de la pose de la première pierre des travaux de construction d’une nouvelle aérogare répondant aux normes pointues édictées par l’Organisation de l’aviation civile internationale -OACI.

Dans les couloirs de la direction générale de la Régie des voies aériennes -RVA- à Ndolo, la date du 1er juin 2018 est avancée pour l’ouverture de ce chantier. L’aérogare ainsi projetée devra permettre d’une part à la RD-Congo la résorption du grand retard connu en matière d’infrastructures et équipements aéroportuaires en adéquation avec les avancées technologiques de l’heure et, d’autre part, à Kinshasa de jouer pleinement son rôle de hub international au cœur de l’Afrique.
Un dossier bien ficelé avec des soubassements solides
L’histoire retiendra la forte implication du vice-Premier ministre José Makila Sumanda dont le dossier bien ficelé a obtenu le quitus du gouvernement de la République pour l’érection de ce bijou. Ceci n’est que la première étape, affirme un haut fonctionnaire, car le plan de développement du site aéroportuaire de Ndjili prévoit une plus grande extension progressive au fil des ans à la dimension d’autres plateformes de renom du continent.
Le montage financier des travaux s’élève à USD 386 millions grâce à l’apport substantiel d’Exim Bank China à travers le mécanisme de prêts d’Etat à Etat. La contrepartie du gouvernement RD-congolais se situe au niveau de la garantie bancaire de USD 120 millions à dégager avant le premier coup de pioche.
En cette période des vaches maigres où l’Etat RD-Congolais est sollicité de toutes parts dans la résolution des dossiers politiques et socioéconomiques nécessitant d’importants décaissements des fonds, où trouver l’argent pour honorer sa part de contrat dans le timing requis?
Pour l’Exécutif, inutile de se torturer les méninges. La mise à contribution de la Régie des voies aériennes -RVA-, gestionnaire de tous les aéroports du pays, avec les produits de la taxe IDEF appliquée sur tous les passagers tant nationaux qu’étrangers sur les vols domestiques et internationaux, semble la voie la mieux indiquée pour une rapide mobilisation des capitaux.
Le gouvernement RD-Congolais nourrit le secret espoir de décrocher une manne consistante dans les comptes ouvertes quant à ce par la RVA dans les banques commerciales du pays et réunir sans coup férir les USD 120 millions exigés comme deposit.
 
Une tripartite pour le passage au scanner de tous les comptes bancaires
Une commission tripartie composée de 12 délégués dont 4 du ministère du Portefeuille avec le Conseil supérieur du Portefeuille, 4 du ministère des Transports et Voies de communication et 4 autres de la Cour des comptes est aussitôt mise sur pied et la clôture de sa mission prévue mercredi 25 avril 2018. Cette commission d’experts financiers est chargée d’éplucher tous les comptes bancaires IDEF de la RVA en vue de dégager les moyens suffisants pour honorer la part de contrat de l’Exécutif. Il en est de même de la vérification des preuves du reversement à l’Etat des produits provenant de la taxe sur la valeur ajoutée -TVA- appliquée dans tous les marchés conclus par le gestionnaire principal des aéroports du pays, etc.
Il s’avère que les murs ont des oreilles, voire de longues oreilles. Selon certains échos parvenus à la rédaction d’AfricaNews, les placards seraient pleins de cadavres. A la Banque internationale d’Afrique au Congo -BIAC- dont tout le monde connait le sort, rien que de consistant à se mettre sous la dent.
A la RAWBANK, les membres de la commission tripartie seraient tétanisés par la réalité du terrain: nantissement des produits du compte IDEF pour éponger certains découverts bancaires. Récolte insignifiante par rapports aux recettes plantureuses escomptées. Que dire de la TMB? Silence radio. Beaucoup de cumulonimbus dans le ciel de la RVA.
 
Des rebondissements spectaculaires en perspective
Toujours est-il qu’un profond malaise plane dans les organes décisionnels de cette ancienne entreprise publique transformée en société commerciale. Tous les contacts pris avec les mandataires pour avoir leur son de cloche sont restés sans suite jusqu’au moment où nous mettions sous presse, personne n’osant se prononcer sur cette patate chaude.
L’opinion se souvient que dans un passé aux braises encore ardentes, certains dirigeants de la RVA ont défrayé la chronique en escaladant les murs devant les inspecteurs lancés à leurs trousses par les services du Conseiller spécial Emmanuel Luzolo Bambi en charge de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Or, selon certaines sources proches du dossier, telles que les premières conclusions des investigations des délégués du Portefeuille, des Transports et Voies de communication et de la Cour des comptes se présentent, elles pourraient épouser celles des experts de l’opération manu pulite mises en veilleuse au niveau de l’appareil judiciaire. Dans tous les cas, les gestionnaires des aéroports ont tout intérêt à apporter la lumière dans ce dosser qui risque de connaître des rebondissements spectaculaires.

YA KAKESA

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