
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka affiche son impatience face à l’insubordination de certains ministres. Lors de la 74e session du Conseil des ministres tenue le 9 janvier dernier, la cheffe du gouvernement n’a pas mâché ses mots. Son message était clair: les ministres doivent se plier sans réserve aux directives du président de la République, Félix Tshisekedi, en matière de prise de parole publique. Alors que ces derniers se sont souvent aventurés à faire des déclarations inappropriées, la Première ministre a pris la ferme décision de frapper du poing sur la table, et de rappeler à l’ordre ceux qui s’attardent encore sur un chemin hasardeux.
Présentée dans le grand amphithéâtre du pouvoir, cette mise en garde était encadrée de l’autorité présidentielle. Suminwa a averti sans détour que des prises de parole improvisées, sans concertation préalable, peuvent gravement décrédibiliser l’État. Elle n’a pas hésité à rappeler que, dans des domaines aussi critiques que la défense, la sécurité et les relations diplomatiques, toute communication doit passer par un processus de validation rigoureux, orchestré par le Ministère de la Communication et Médias, en coordination avec les services de la Présidence et de la Primature. «Il est inacceptable de déroger à cette ligne de conduite», a-t-elle affirmé avec détermination.
L’objectif est de préserver l’intégrité et la cohésion de l’équipe gouvernementale, car chaque sortie maladroite pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase… et entraîner des conséquences désastreuses pour l’image du gouvernement. Les dérapages fréquents de certains membres de l’Exécutif suscitent de vives réactions dans l’opinion publique.
Après le spectacle désolant du ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, qui n’a pas hésité à remettre en question publiquement l’efficacité de l’armée face aux menaces qui pèsent sur le pays, la demande d’une réaction ferme et exemplaire s’intensifie. Le public exige une sanction forte contre quiconque oserait défier l’autorité établie sur cette question désormais sous haute surveillance. Les échos de cette réunion retentissent déjà et, pour les ministres récalcitrants, il est urgent de se conformer à la ligne fixée – ou de risquer des répercussions insoupçonnées. La patience de la Première ministre a ses limites, et il est grand temps de prendre conscience que la déviance comportementale n’a plus sa place dans le gouvernement.
Accords de Washington: Une priorité inéluctable pour l’Exécutif
En parallèle à cette mise au point concernant la communication, Suminwa a également abordé l’impératif de la mise en œuvre des Accords de Washington. Lors de sa déclaration, elle a esquissé les recommandations d’une réunion qu’elle avait présidée, regroupant divers ministres et le Gouverneur de la Banque centrale. L’objectif? Établir un cadre de coopération robuste pour rationaliser les projets en cours, avec une seule préoccupation: l’intérêt supérieur de la République Démocratique du Congo. Elle a chargé les membres du gouvernement de s’investir activement au sein d’un Comité de pilotage afin d’élaborer une feuille de route garantissant une coordination optimale des actions gouvernementales et le respect des engagements pris par le pays dans le cadre de ces Accords cruciaux.
Quant au Salaire minimum interprofessionnel garanti -SMIG-, Suminwa n’a pas laissé place à l’ambiguïté: son application immédiate est essentielle. Une rencontre avec les responsables de l’Intersyndicale du Travail est déjà programmée pour le 12 janvier 2026, et l’heure est à l’action pour aborder les préoccupations des travailleurs et assurer le respect strict du décret.
Natine K.
