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Le CISSA en guerre contre la prolifération des ALPC

Au lendemain des travaux des experts, organisés du 2 au 3 mai 2018 et axé sur la prolifération des armes légères et de petit calibre -ALPC-, les chefs des services de sécurité et de renseignement des pays membres du Comité des services de renseignement et de sécurité africains -CISSA/Afrique centrale- se sont réunis au Fleuve Congo hôtel vendredi 4 mai 2018. Objectif: arrêter des stratégies, sur base du rapport produit par les experts, pour éradiquer sinon réduire le taux de prolifération des ALPC. Pour Kalev Mutond, AG de l’ANR et président du CISSA/Afrique centrale, cette réunion s’est tenue dans la conjugaison de trois contextes significatifs.
 
Au Kempisky Fleuve Congo hôtel de Kinshasa, les chefs des services de sécurité et de renseignement d’Afrique centrale s’y sont donnés rendez-vous, vendredi 4 mai 2018, pour passer au peigne fin la problématique de la prolifération des Armes légères et de petit calibre -ALPC. Les délégations venues de divers pays de l’Afrique centrale ont activement pris part à ces assises sous la houlette de Kalev Mutond, administrateur général de l’Agence national de renseignement -ANR. En sa qualité de président régional du Comité des services de renseignement et de sécurité africains -CISSA-, Kalev Mutond, qui a vivement salué la présence du Secrétaire exécutif du CISSA, Hailé Sélassié, a laissé entendre que cette réunion s’est tenue dans la conjugaison de trois contextes significatifs, dont le premier est d’ordre général. Ce premier contexte fait état de l’ambiance politique prévalant en RD-Congo et qui reste dominée par les préparatifs des élections programmées au 23 décembre 2018.
Le deuxième contexte, d’ordre spécifique, s’est justifié, selon Kalev, par le fait que cette réunion, dont la substance ordinaire a été préparée par la rencontre des experts, fait suite à un atelier régional de la région Afrique centrale du CISSA, organisé le mercredi 2 mai 2018 à Kinshasa. «La prolifération des Armes légères et de petit calibre et son impact sur la paix et la sécurité en Afrique -ALPC-» a été la thématique de cet atelier.
Cette thématique a inspiré une lecture horizontale et verticale au numéro 1 de l’ANR. Dans sa lecture horizontale, il a estimé que la prolifération des ALPC est une menace de tous les jours à intensité variable selon les zones et les périodes. Une menace qui donne corps à toutes les autres menaces imputables aux trafiquants d’armes, aux malfaiteurs en mains armées, aux bandes des braconniers, aux milices, aux groupes armés, aux organisations terroristes, aux forces négatives, etc.
Sa lecture verticale a avancé que la prolifération des ALPC s’appréhende comme un phénomène devenu courant à force de se développer et de se répandre. Kalev Mutond s’est attaqué aux malfaiteurs qui s’arment dans l’objectif soit d’attaquer les sites stratégiques et symboles de l’Etat soit d’attenter aveuglement ou par préméditation à l’intégrité physique des personnes et/ou à la propriété de leurs biens. Il a fustigé le fait que des hommes en armes se soustraient de la déontologie de l’armée ou de la police pour se livrer à des actes criminels dont le trafic des armes en leur possession en particulier et le stock d’armes qui leur sont accessibles en général.
Aussi, il a salué et apprécié le rapport produit par les experts au terme de leur atelier organisé en prélude de la réunion des chefs de sécurité et de renseignement du CISSA/Afrique centrale. Kalev s’est affiché convaincu que ce rapport, assorti d’une batterie de recommandations, a mis à jour les différentes facettes de la prolifération des ALPC dans les Etats africains, non sans lui reconnaitre les mérites de démolir mur après mur la forteresse de la prolifération des ALPC en Afrique.
 
Le vœu de Mova
Au troisième contexte, Kalev Mutond s’est attardé sur le fonctionnement du CISSA, organisation continentale regroupant les services de sécurité et de renseignements des pays de l’Afrique. Constitué de 5 divisions régionales, que sont l’Afrique du Nord, l’Afrique du Sud, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale, le CISSA est, en plus d’un secrétaire exécutif -élu pour 4 ans-, dirigé par un président qui est secondé par 5 vice-présidents représentants chacune des 5 régions. Ces vice-présidents sont d’office présidents de leurs régions respectives. La région de l’Afrique centrale, qui est dirigée par Kalev Mutond, AG de l’ANR, a organisé, le 23 juin 2017 à Brazzaville, la réunion des chefs des services de renseignement et de sécurité. La réunion de Kinshasa a fait suite à celle de Brazzaville. La veille de cette réunion de Kinshasa, des assaillants ont attaqué Bangui, capitale de la République Centrafricaine. Plusieurs personnes ont succombé sous les bals de ces assaillants. Pour marquer sa solidarité à l’endroit de la délégation centrafricaine présente à Kinshasa pour participer aux travaux du CISSA, Kalev a fait observer une minute de silence en mémoire des victimes. Par la suite, il a dit sa gratitude envers le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, qui s’est personnellement investi pour que les facilitations de tous ordres accompagnent les travaux des chefs de sécurité et de renseignement de l’Afrique centrale.
Représentant du Chef de l’Etat et du gouvernement de la RD-Congo, Henri Mova Sakanyi, vice-Premier ministre de l’Intérieur et sécurité, a donné le go des travaux après avoir émis le vœu de voir ces assises produire des résultats à même de contribuer à l’éradication sinon à la réduction de la prolifération des ALPC.
Les cérémonies protocolaires terminées, les différentes délégations, à huit clos, ont travaillé durant toute la journée du vendredi 4 mai 2018. Les conclusions de ces travaux n’ont pas été révélées à la presse pour des raisons d’ordre stratégique.

Laurent OMBA 

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