
Précurseur. Le TP Mazembe a de nouveau écrit l’histoire, mardi 19 novembre. Club le plus titré du pays et de très loin, Mazembe s’est arrogé, au fil des années, le statut de précurseur pour le football RD-congolais sur le continent et dans le monde. Comme les garçons, les filles semblent également avoir du caractère. Pour sa deuxième participation à la Ligue des champions féminine, Mazembe va jouer le titre, ce samedi 23 novembre, face au club hôte, l’AS FAR du Maroc. Avant ce dernier défi, Marta Lacho et ses coéquipières peuvent déjà savourer l’exploit. En écartant les Nigérianes d’Edo Queens, 3 buts à 1 après prolongations, le club de Lubumbashi est devenu la première formation d’Afrique centrale à avancer au-delà des demi-finales, faisant mieux que les Equato-guinéennes de Malabo Kings, quatrième de la compétition en 2021.
Pourtant, rien n’était gagné d’avance pour les pouliches de la coach Lamia Nhboumhedi, menées depuis la 65ème minute de jeu, avant d’arracher les prolongations grâce à un but tardif de Merveille Kanjinga après un corner de Marta Lacho, dans tous les bons coups depuis le début de la compétition. Aux prolongations, Mazembe a déroulé, marquant coup sur coup deux buts, d’abord un contre son camp des Nigérianes puis un penalty transformé par Marleine Kasaj. A 3-1, la messe était dite.
«Justice de Dieu, y en a»
Reines incontestables au pays depuis quatre saisons, les filles de Mazembe semblent clairement avoir franchi un palier. Bien avant la compétition, les joueuses et même l’encadrement affichaient de grosses ambitions: gagner le titre. Quatre matches plus tard, le trophée semble plus que jamais accessibles mais il faudra surmonter l’obstacle des militaires marocaines, seules tombeuses de Mazembe dans cette compétition, 3-1 en phase des poules. Quelle que soit l’issue de cette finale, les RD-Congolaises ont déjà leur place dans le panthéon de l’histoire. L’exploit est encore plus retentissant suite à l’abandon des joueuses par l’Etat. Privées, comme leurs homologues masculins du club de Katumbi, de tout soutien financier du gouvernement, les joueuses de Mazembe ont compté sur leur chairman. «Nous sommes partis dans cette compétition sans soutien financier de la part du gouvernement RD-congolais», a rappelé un responsable de Mazembe, quand un autre a condamné cette politique discriminatoire dont est victime le club dirigé par l’opposant Moïse Katumbi. «L’engagement du gouvernement au coté de Mazembe est poussif, même pour l’équipe masculine. Nous ne comprenons pas cette situation alors que d’autres équipes nationales reçoivent des subventions du gouvernement», a-t-il décrié.
Rejeté du gouvernement, Mazembe continue paradoxalement de porter haut l’étendard du football RD-congolais. Après les hommes, voici les dames, aux portes de l’histoire. En 1967, la version masculine de Mazembe devenait le premier club RD-congolais à gagner la C1. A peine 57 ans plus tard, c’est au tour des dames d’emboiter les pas. Dans les réseaux sociaux, les résultats de Mazembe sur le terrain, malgré l’injustice qu’il subit, font le bonheur des Badiangwena. Plusieurs ont ainsi emprunté les mots de Mbemba pour dire «justice y en a», une manière de saluer cette nouvelle page dans la riche histoire de Mazembe.
