
Il a débarqué en 2021 avec une mission: nettoyer. Pendant 4 ans, Jules Alingete Key a traqué les détourneurs, épinglé les ministres, mis au pas des entreprises publiques devenues des caisses noires. Surnommé «l’ex-flic» de l’anticorruption, il est devenu le visage le plus exposé de la lutte menée sous Félix Tshisekedi. Aujourd’hui, c’est lui qui est traqué… par ses ennemis, sur fonds de spéculation et de mensonges. Lundi 6 juillet, le cabinet Kitwanga Ngongo & Amisi Kawaya a tiré la première cartouche. Dans un communiqué sec, les avocats de l’inspecteur général honoraire et émérite de l’IGF grondent. Ils dénoncent une «campagne de dénigrement et de diabolisation» visant leur client. Le message est limpide: on règle des comptes.
«On veut sa disparition»
Pour Me Théodore Amisi Kawaya et Me Joe Olangi Ndoko, cette offensive n’a rien de spontané. Elle serait orchestrée par «certaines personnalités, notamment politiques», que Jules Alingete a directement visées entre 2021 et 2025.Des profils que l’IGF avait «mis en difficulté» à coups de rapports, de suspensions et de saisies. Des personnalités à la «boulimie de saigner les finances publiques congolaises», assènent les conseils. Et qui auraient aujourd’hui changé d’arme. Fini les notes administratives. Place aux réseaux sociaux.
«Plusieurs journalistes et communicateurs opérant en ligne» auraient été «payés» pour diffuser des «fausses enquêtes», lancer des rumeurs et «ternir l’image de marque» de l’ex-patron de l’IGF. Des méthodes qui «frisent l’escroquerie, la légèreté et la fanfaronnade», selon le cabinet. Objectif: détruire la crédibilité de l’homme avant de détruire l’héritage. «Jules Alingete est depuis un moment devenu la cible de personnes indexées dans des actes de mauvaise gouvernance financière publique en République Démocratique du Congo. Elles ne jurent que par sa disparition», tranche le communiqué.
La contre-attaque judiciaire
Face au feu, l’entourage d’Alingete ne compte pas encaisser. Première ligne de défense: l’opinion. Les avocats appellent les Congolais à «ne point prêter oreille à ces charlatans». Deuxième ligne: les tribunaux. «Nous ne tolérerons aucune campagne de dénigrement visant à nuire à notre client et nous sommes déterminés à faire triompher la vérité devant les tribunaux compétents», prévient le cabinet. Une menace qui sonne comme un avertissement. Après des années à envoyer des dossiers à la justice, l’ex-chef de l’IGF pourrait bien se retrouver lui-même au cœur d’une procédure. Cette fois pour se défendre.
Le bilan qui dérange
Nommé en 2021, Jules Alingete a transformé l’IGF en machine de guerre. En 4 ans, ses brigades ont multiplié les missions de contrôle dans les ministères, la Gécamines, la SNEL, la RVA. Bilan: des dizaines de rapports, plusieurs hauts responsables suspendus, des millions de dollars récupérés et reversés au Trésor. Une méthode directe, parfois brutale, qui lui a valu autant de soutiens que d’ennemis.
Parti en 2025 avec le titre d’honoraire et d’émérite, il pensait passer la main. Mais le départ n’a pas éteint la polémique. Au contraire. Les critiques, les vidéos, les «révélations» se sont multipliées sur TikTok, Facebook et X. Avec ce communiqué, l’homme qui a fait trembler le système choisit d’affronter ceux qui veulent aujourd’hui le faire taire. La guerre d’après-IGF ne fait que commencer, entretenue par les victimes de la patrouille financière. Sur X, des médias ont indiqué que la récente affaire Rawbank n’était qu’un prétexte pour s’offrir la tête de Jules Alingete. D’autres faux dossiers seraient dans les pipelines.

