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Boshab: l’heure des premières décisions en Province Orientale

Evariste Boshab, SG du PPRD
Evariste Boshab, SG du PPRD
LRA, Mbororo, FDLR, braconnage professionnel à Garamba… Autant de dossiers lourds qui ont amené le VPM en charge de l’Intérieur et Sécurité à faire un déplacement à hauts risques à Nagero, à Watsha, où il a passé nuit dans le Parc, en vue d’imaginer des mesures idoines
 
Kisangani et Watsha en Province Orientale,  figurent parmi les premières destinations du vice-Premier ministre de l’Intérieur et Sécurité. Après Bandundu, Beni et Goma au Nord-Kivu, et Lubumbashi au Katanga,  Evariste Boshab a séjourné du 9 au 12 janvier à Kisangani et Watsha.
En proie à l’insécurité due aux rebelles ougandais de la LRA et d’autres forces négatives, envahie en partie par les éleveurs Mbororo d’origine soudanaise, site de cantonnement des rebelles rwandais des FDLR, la Province Orientale mérite une attention particulière du gouvernement, en général, et du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, en particulier.
En allant s’imprégner de ces «quatre ou cinq dossiers lourds», Boshab voulait palper la réalité du doigt et rester proche de la réalité pour des solutions appropriées. Comme au Bandundu, Beni et Lubumbashi, le VPM a présidé, dans les premières heures de son arrivée, une réunion du Comité provincial de sécurité après une brève introduction du gouverneur Bamanisa, qui l’a accueilli vendredi 9 janvier à l’aéroport de Bangboka.
Dire que Boshab ne pense pas à la situation de ces compatriotes pour traiter avec davantage de respect et dignité des milliers de personnes qui ont, pour la plupart, fui une situation de guerre ou de persécution causée par les groupes armés, c’est se tromper. Il ne s’est pas contenté d’y penser. Il y a surtout travaillé avec ses hôtes.
Après le Comité provincial de sécurité, le VPM  a eu des échanges francs avec la délégation de l’Assemblée provinciale conduite par son speaker Masikini, des membres du corps académique et scientifique des universités et instituts supérieurs de la Province Orientale, des délégués des organisations de défense des droits de l’homme et le président de la FEC/Province Orientale.
Boshab les a tous écoutés, consultés dans le double souci de creuser sa propre réflexion et les associer aux mesures à prendre. Initiative louée par tous ses invités, contents d’avoir été conviés à ces consultations. «Nous sommes contents de l’approche du vice-Premier ministre. Nous avons mis cette réunion à profit pour lui faire notre analyse de la situation dans la Province et de la crise entre le gouverneur et le maire suspendu de la ville de Kisangani avant de proposer nos pistes de solution», a confié un des délégués de la Société civile.
Dans l’amorce d’un mandat, établir les ponts, penser aux partenaires et différents acteurs, aller chercher ceux qui, très souvent, critiquent l’action du gouvernement ou ont des contributions à donner à l’Exécutif sont des tâches prioritaires. Toute une méthode: se bâtir une authenticité en s’occupant d’abord du fond avant de s’attaquer à la forme.
La note détaillée reçue des échanges de Kisangani a immédiatement poussé Boshab à faire le déplacement de Nagero, à Watsha, où il a passé la nuit dans le Parc de la Garamba, à la frontière entre l’Ouganda et le Soudan du Sud, cible des attaques répétées de la LRA, des Mbororo et des braconniers opérant à bord des hélicoptères pour abattre les animaux, au grand désarroi des gardes du Parc et de l’organisation African Park, incapables de faire face à ce braconnage professionnel. Un déplacement à hauts risques pour le VPM qui a laissé entendre que les vies des compatriotes martyrisés priment sur la sienne.
A Nagero, l’envoyé de Joseph Kabila a présidé une réunion de sécurité à l’issue de laquelle il a promis de faire inscrire la question au prochain Conseil des ministres en vue d’organiser un appui conséquent au Parc en armes et en troupes. Il a aussi préconisé des rencontres tripartites avec l’Ouganda et le Soudan du Sud en vue de les impliquer dans la lutte contre cette criminalité transfrontalière, et l’installation des postes de surveillance avancés aux frontières avec ces deux pays limitrophes.
Pour effectuer ce déplacement historique jamais effectué par une autorité de cette envergure, Boshab a dû braver la peur que tentaient de lui inspirer les personnes apeurées par les exactions de ces bandits. Cette visite lui a permis de palper du doigt les souffrances endurées par les compatriotes vivant dans cette partie du territoire national.
AKM

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