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BCC: Wameso reconduit mais Mpoy conteste sa politique monétaire

Reconduction d’un côté, charge de l’autre. Le 29 juin 2026, André Wameso Nkualoloki a été reconduit à la tête de la Banque Centrale du Congo par l’ordonnance n°26/069. Le 2 juillet, la BCC annonçait dans un «Avis au public» l’émission de nouveaux billets à sa signature. Rien de plus classique. Mais le 9 juillet, le ton a changé. Le député national Union sacrée, Gode Mpoy Kadima, cadre du pouvoir et économiste comme Wameso, est sorti du bois, une semaine après l’avis de la BCC et au lendemain des débats au Parlement sur la révision du budget 2026.

Le budget 2026 raboté de 7,4%

Le Parlement a voté un budget rectificatif ramené à 21,9 milliards de dollars. Soit une baisse de 7,4% par rapport à la loi de finances initiale. Cause: le recul des ressources extérieures. Pour Gode Mpoy, cette justification ne tient pas. «La RDC a exporté 3,5 millions de tonnes de cuivre en 2025», rappelle-t-il. Et le cours est passé de 9.000 à 14.000 dollars la tonne. 

«On pouvait compenser cette perte par les recettes internes». Son attaque vise directement la politique monétaire: «Hélas, le taux artificiel de la BCC tue nos finances».

L’élu détaille: l’État perçoit ses recettes au taux officiel de la Banque centrale, tandis que les prix des biens importés, eux, suivent le dollar et la hausse. Conséquence: «la population ne sentira pas nos grands progrès macroéconomiques». Et de prévenir: «Après la perte du pouvoir d’achat, attendons nous soit aux projets inachevés, soit aux dépassements budgétaires».

Un gouverneur sous pression dès sa reconduction

Dans son avis du 2 juillet, la BCC s’était voulue rassurante. L’émission de billets à la nouvelle signature «n’affecte en rien la validité ni le pouvoir libératoire» des coupures en circulation.Mais la sortie de Mpoy met en lumière le malaise. Avec plus de 90% des exportations qui viennent du secteur minier, la question du taux de conversion est centrale. Trop haut, il assèche les régies. Trop bas, il nourrit l’inflation.

Reconduit pour un nouveau mandat, André Wameso devra donc rapidement trouver un point d’équilibre entre cadrage macroéconomique et réalités budgétaires. La contestation, elle, a déjà commencé, menée par Mpoy.

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