Dossier à la UneNationSports

Les Léopards au Mondial: Bakambu et Mbemba, visages d’une génération pour l’histoire et la postérité

Chancel Mbemba, 32 ans, capitaine. Cédric Bakambu, 34 ans, vice‑capitaine. Deux noms, deux capitaines, deux leaders d’une sélection qui avait besoin de repères pour retrouver ses lettres de noblesse. Si la République Démocratique du Congo a su retrouver la Coupe du monde, 52 ans après, c’est surtout grâce à ses deux tauliers qui ont su incarner l’âme et la constance de cette équipe.

En sélection respectivement depuis 2012 et 2015, «Demi‑dieu» et «Bakagoal» ont participé, de bout en bout, à trois campagnes qualificatives, gardant en travers de la gorge les loupés de 2018 face à la Tunisie et de 2022 face au Maroc. De ces échecs, Mbemba et Bakambu ont bâti expérience et leadership. Mardi au Mexique, les deux hommes ont, une fois de plus, été d’un apport décisif. En attaque, Cédric Bakambu s’est imposé comme le fer de lance offensif.

Auteur de 21 buts en 67 sélections, l’attaquant du Betis Séville lorgne désormais le trône de meilleur buteur de la sélection, actuellement occupé par Mbokani et ses 22 buts. Par ses déplacements, son sens du but et sa capacité à répondre présent dans les moments clés, l’avant‑centre a souvent été le détonateur des succès congolais.

Mais l’impact de Cédric Bakambu dépasse largement le rectangle vert. En parallèle de ses performances sportives, l’attaquant congolais s’est illustré par un engagement constant en faveur de la sélection, en démarchant des binationaux pour renforcer l’équipe. C’est notamment lui qui a attiré Lionel Mpasi en sélection. Il est également parmi ceux qui ont approché Arthur Masuaku, Gaël Kakuta ou encore Yoane Wissa.

En 2021, il est allé négocier avec Mbokani pour le sortir de sa retraite, mettant même en jeu sa place de titulaire à la pointe de l’attaque. Dans le vestiaire, cet engagement se traduit également par une posture de grand frère, attentif aux plus jeunes et soucieux de transmettre des valeurs de discipline, de travail et de responsabilité.

À l’autre bout du terrain, Chancel Mbemba a incarné la solidité et la discipline défensive. Patron de la charnière, leader vocal et capitaine exemplaire, il a su organiser le bloc, rassurer ses partenaires et porter l’équipe dans les moments de doute, y compris en marquant des buts importants.

Une génération qui entre dans l’histoire

Lorsque la dynamique a vacillé, après une contre‑performance qui aurait pu coûter cher, ce sont encore eux qui ont répondu présents. Dans le vestiaire comme sur le terrain, Bakambu et Mbemba ont su maintenir le cap, rappelant les objectifs et l’exigence du haut niveau. Leur influence a dépassé le cadre du jeu. Ils ont encadré une génération plus jeune, contribuant à forger un collectif soudé, capable de résister à la pression des grandes échéances.

«Ils sont en fin de carrière, ce Mondial c’est d’abord pour eux, pour tout ce qu’ils ont fait en sélection», a vociféré un jeune rencontré à Bandalungwa, un des quartiers mouvementés de Kinshasa. Avec cette qualification, Cédric Bakambu et Chancel Mbemba s’inscrivent dans la lignée des grandes figures du football congolais. Ils deviennent les visages d’une génération qui aura réussi là où tant d’autres ont échoué depuis 1974. Leur parcours, fait de persévérance et d’engagement, symbolise la renaissance des Léopards sur la scène internationale.

Dans les rues de Kinshasa, la liesse populaire dit tout de l’impact de cet exploit. Mais derrière la célébration, c’est aussi la reconnaissance d’un groupe guidé par des leaders qui ont su porter tout un pays vers un rêve longtemps inaccessible.

WIDAL

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page