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Au Sénat, Kin-kiey fait grande impression

Tryphon Kin-kiey, lors de son intervention au Sénat, présentant le niveau d'exécution des recommandations du Sénat au Gouvernement de 2012 à 2013
Tryphon Kin-kiey, lors de son intervention au Sénat, présentant le niveau d’exécution des recommandations du Sénat au Gouvernement de 2012 à 2013
Plus qu’une simple séance des Relations publiques avec pour but le rapprochement de l’exécutif du législatif réussi devant la Chambre haute du Parlement, Kin-kiey a marqué le temps avec la toute première édition du rapport d’exécution des recommandations du Sénat au gouvernement… L’histoire parlera certainement de cette nouvelle manière de gérer la Res publica
Amené à présenter pour la toute première fois de l’histoire de la RD-Congo, le rapport de l’exécution des recommandations faites par le Senat au Gouvernement de 2012 à 2013, le ministre des Relations avec le Parlement, Tryphon Kin-kiey Mulamba, s’en est sorti avec une grande cote. Malgré la volonté manifeste de «certains frustrés» cherchant sans succès à transformer la salle des plénières en une véritable meute contre le ministre venu juste partager l’information avec les sages de la République. Des égarements à mettre sans nul doute sur le dos de notre jeune démocratie. L’essentiel est que désormais, tout le monde a une idée exacte du niveau d’exécution des recommandations du Sénat faites à l’Exécutif entre les années 2012 et 2013.
De 2012 à 2013, le Sénat a, à lui seul, formulé au moins 185 recommandations au Gouvernement de la République, basées principalement sur 18 matières dont la sécurité, la décentralisation, le transport aérien, l’entretien des routes de desserte agricole, les élections, etc. A en croire le ministre des Relations avec le Parlement qui l’a affirmé du haut de la tribune du Sénat, 31% de recommandations ont été déjà exécutés, 40% en cours d’exécution et 29% non exécutés. C’est pour la toute première fois dans l’histoire de la RD-Congo, qu’un membre du Gouvernement se livre à pareil exercice.
Un exercice qui n’a pas été non plus si aisé pour Kin-kiey, victime d’un coup de bec à lui porté par l’ancien vice-président de la CENI/Ngoy Mulunda, le très controversé Sénateur MLC Jacques Djoli. Frustré depuis son départ de la CENI -on se souvient dans quelles conditions-, anéanti mentalement et politiquement par les chefs d’accusation dont la CPI reconnait coupable son mentor Jean-Pierre Bemba, encore sous le choc de l’invalidation il y a quelques jours seulement de sa candidature à l’élection de gouverneur de l’Equateur, estomaqué par le coup dur porté à son parti au Sud-Ubangi, où 13 élus provinciaux ont fait allégeance à José Makila que certains présentent désormais comme candidat MP…, l’honorable sénateur n’a pas pu contenir ses frustrations répétées et accumulées pour adopter un langage de la rue à l’endroit du ministre, jusqu’à irriter le Président du bureau, Léon Kengo wa Dondo, pourtant reconnu cohérent dans ses prises de paroles, à confondre le ministre des Relations avec le Parlement à un vice-Premier ministre.
Dans les rangées réservées aux visiteurs, un journaliste chuchote: «depuis un moment, lorsque Djoli ouvre sa bouche, c’est pour raconter des choses comme ça. De plus en plus, il devient radical et même pire, il devient vulgaire». Le clash est suivi en direct sur la RTNC3 Institutions.
En fait, l’homme qui voulait devenir gouverneur de l’Equateur a trouvé indigeste le rapport du ministre, qu’il a qualifié d’un texte journalistique ramassé dans la rue. Et qu’en évoquant la possibilité par le Chef de l’Etat d’invalider le Sénat comme c’est le cas de la chambre basse conformément à l’article 148 de la Constitution, le ministre faisait une confusion grave et n’était donc pas digne de se présenter devant les sénateurs.
Kin-kiey, encore plus soft!
Vieux routier de la politique, Kin-kiey est aussi réputé «grosse gueule». Mais il sait avant tout mettre en avant sa qualité d’homme d’Etat. Ce que n’a pas pu faire l’ancien vice-président de la CENI/Ngoy Mulunda. Pour ne pas tomber dans la bêtise, KKM lui oppose une réponse basée sur règlement intérieur. L’objectif de sa présence au Sénat n’était nullement une interpellation, moins encore une question orale avec débat.
Il s’agissait plutôt d’une séance d’information. Ce qui excluait tout débat au regard du règlement intérieur.
N’empêche que le président du bureau, animé certainement par la volonté d’échange d’informations autorise à quelques sénateurs de commenter le tableau peint quelques minutes auparavant par le ministre. Cela ne devait nullement donné lieu à un dérapage.
Ceux qui connaissent bien Kin-kiey, ils le savent cartésien. Il sait toujours ce qu’il doit dire et ce qu’il ne doit pas dire. Lorsqu’une question n’est pas de sa compétence ou il n’en sait pas grand-chose, il ne s’aventure jamais. Aujourd’hui, si l’Assemblée nationale est dissoute, que restera-t-il du Sénat? Déjà, on le qualifie de caisse de résonance de la chambre basse. Ailleurs, dans certains pays qualifiés de grande démocratie, il a été supprimé ou cette possibilité est envisagée.
En France par exemple, 67% de Français trouvent le Senat inutilement budgétivore et estiment qu’il peut être supprimé et ses missions rattachées au Conseil social et économique.
Est alors confusionniste, certainement ce professeur du droit qui s’est porté candidat à l’élection de gouverneur alors qu’il était récemment membre du bureau de la CENI et à qui Kengo a lancé au sortir de Kin-kiey de la salle des plénières: «ba mekaka mosapi na mozindo te». Entendez: «vous l’avez provoqué, vous en avez eu pour votre compte».
Henry MBUYI

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