
Ouverte mercredi 13 novembre par le Président de la République sous le thème «The new deal pour une RDC et une Afrique fortes et prospères», la 10ème édition du Forum Makutano se poursuit jusqu’au vendredi 15 novembre. Jeudi 14 novembre, l’Hôtel Hilton a accueilli la journée dédiée aux Hydrocarbures avec la participation du ministre Sakombi Molendo, venu pour «sensibiliser les professionnels du secteur, mais aussi toutes les personnes physiques ou morales intéressées par des activités dans ce secteur». Objectifs: dresser un état des lieux sans complaisance, dégager l’immense potentiel, améliorer l’attractivité de la destination RD-Congo pour les investisseurs et impulser des réformes porteuses de progrès.
Ambitieux, le ministre des Hydrocarbures a prononcé un discours aux allures d’une gageure. Un pari osé pour celui qui a juré de faire des Hydrocarbures un moteur de croissance économique. Pour relever le défi, Sakombi veut «promouvoir une gestion transparente et efficace» de son domaine, notamment en luttant contre la corruption et en renforçant la gouvernance. Selon lui, cette démarche permettra de «garantir que les revenus tirés des hydrocarbures soient utilisés de manière responsable pour le développement de notre pays». Autre cheval de bataille, attirer des investissements étrangers directs et booster les partenariats solides et durables avec les acteurs privés et les investisseurs internationaux.
Dans son diagnostic, Sakombi Molendo a fait remarquer l’immensité du potentiel fossile de la RD-Congo, réputée «scandale géologique». Pourtant, a-t-il déploré, le secteur des hydrocarbures fait face à des défis significatifs, malgré les ressources en hydrocarbures et un marché intérieur considérable pour la consommation des produits pétroliers. Ces dernières années, le gros revers aura été l’échec des appels d’offres pour l’attribution de 27 blocs pétroliers ; lancés en 2022. «Ces initiatives n’ont pas produit de résultats escomptés, soulignant la nécessité d’adopter une approche plus stratégique pour attirer les investisseurs tout en garantissant une transparence totale dans le processus d’attribution», a expliqué Sakombi Molendo.
Désormais, il envisage de «mettre en œuvre une stratégie d’appels d’offres restreints pour certains blocs stratégiques», convaincu que cette approche, axée sur des entreprises ayant des capacités techniques et financières reconnues, «permettra de choisir des partenaires possédant une expertise solide et une réelle volonté de contribuer au développement de l’industrie pétrolière». Devant les potentiels investisseurs réunis dans cet aréopage, le ministre Sakombi à rassurer que la mesure d’annulation du processus «n’a pas été prise à la légère», résultant plutôt d’une volonté de revoir et améliorer les procédures pour «garantir une meilleure équité, transparence et efficacité dans l’attribution des licences».
Un fort potentiel non exploité
Le satrape du pétrole en RD-Congo s’est également montré particulièrement préoccupé par l’essor de la contrebande des produits pétroliers aux frontières. Cette fraude bien organisée «entraîne des pertes fiscales importantes», avec un impact négatif sur les finances publiques. «Tous ces défis appellent des réformes ambitieuses et pragmatiques», a estimé celui qui a passé 5 ans à réformer les Affaires foncières. Aux Hydrocarbures depuis juin 2024, il y a déjà posé ses marques, en lançant des solutions innovantes comme le marquage moléculaire des produits, le renforcement des capacités de la brigade des hydrocarbures et l’installation de scellés électroniques couplés à des plateformes informatiques de suivi. Ce package vise notamment à lutter contre la contrebande. «D’autres actions complémentaires ont également été identifiées pour redynamiser le secteur», a-t-il rassuré, non sans évoquer la sous-exploitation des ressources fossiles de la RD-Congo.
A ce jour, a-t-il révélé, la production nationale de pétrole brut plafonne à environ 20.000 barils par jour, largement en deçà des capacités de la RD-Congo qui dispose de plusieurs bassins sédimentaires avec des ressources prometteuses. De la cuvette centrale au lac Kivu, en passant par les grabens Albertine et Tanganyika, la RD-Congo semble avoir tout pour être un acteur clé des Hydrocarbures dans le monde.
S’il a pu enregistre des avancées significatives ces dernières années, ce géant endormi d’Afrique peut et doit viser haut, selon les experts du secteur. Cela passe notamment par l’adaptation du cadre juridique et fiscal afin de le rendre plus attractif. De par sa position stratégique au cœur de l’Afrique, la RD-Congo possède un avantage compétitif considérable, en plus de son potentiel qui n’a rien à envier aux plus grands producteurs du continent. «Notre ambition est de diversifier notre économie et de faire des hydrocarbures un levier de développement durable pour notre pays», a juré une fois de plus Sakombi Molendo, comptant surtout sur le soutien et la collaboration des partenaires internationaux et leur promettant en même temps de militer pour la mise en place d’un environnement propice à l’investissement et à la maximisation des bénéfices des hydrocarbures pour tous les Congolais.
Fervent défenseur de l’exploitation verte
Dans un siècle de transition écologique, le patron des ressources fossiles de la RD-Congo a également insisté sur des «politiques de protection environnementale» afin de préserver l’écosystème pour les générations futures et contribuer aux objectifs climatiques globaux. Il a ainsi martelé sur les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, étant conscient des défis climatiques mondiaux. Ainsi, le ministre des Hydrocarbures a prôné une exploitation verte avec une «industrie pétrolière et gazière respectueuse de l’environnement et alignée sur la transition énergétique, afin de garantir un développement durable et éthique».
De l’exploration à la distribution, en passant par la production, Sakombi Molendo a promis de veiller au respect de l’environnement et de ses normes les plus strictes pour minimiser l’impact négatif sur les communautés locales, premiers bénéficiaires de cette exploitation. Avec ce modus operandi, le ministres des Hydrocarbures espère atteindre son but ultime: transformer les ressources naturelles en richesse durable pour les populations et bâtir un avenir prospère pour la RD-Congo, levier de l’essor économique de l’Afrique.
Makutano 10, espace de dialogue constructif, aura été une opportunité unique pour les acteurs du secteur des Hydrocarbures de renforcer le partenariat et explorer de nouvelles pistes de collaboration.
DL
