
Le président de la République en personne, accompagné de la Première Dame. La Première ministre et des membres de son équipe avec un spécial Briefing organisé dimanche dans la soirée par le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya. Le nonce apostolique, représentant du Pape. Des évêques membres de la CENCO et plus de 50000 pèlerins.
Du beau monde est venu participer ce lundi à Isiro, dans la province du Haut-Uélé à la grande célébration eucharistique consacrée à la commémoration du 60e anniversaire de l’assassinat de la Bienheureuse sœur Marie Clémentine Anuarite Nengapeta. Des célébrations mobilisant toute la nation dans un pèlerinage au lieu du martyre. Alors que la famille de la religieuse tuée en 1964 par les rebelles Simba a été associée aux festivités, le gouvernement a prévu d’octroyer des titres fonciers à l’Eglise catholique pour tous les sites dédiés à perpétuer sa mémoire.
Béatifiée par le saint Pape Jean-Paul II en 1985, cette religieuse morte à 25 ans, a été proclamée par le pape polonais martyre de la pureté. Elle est devenue dès lors le modèle de fidélité religieuse pour tous les consacrés du pays, mais aussi de toute l’Afrique. Sa figure est vénérée partout en République Démocratique du Congo et dans les pays africains, lui dédiant Cathédrale, églises, sanctuaires, établissements scolaires, centres hospitaliers, et tant d’autres institutions ecclésiales. Sa mémoire liturgique est célébrée le 1er décembre.
«J’apporte le message de joie pour la grâce que le Seigneur a donnée à son église elle même et pour tout le Congo, par la Bienheureuse Anuarite. Son exemple est vraiment magnifique, cette intégrité, cette honnêteté, c’est quelque chose qui touche le coeur. Je suis ici en pèlerinage avec les pèlerins et entre les pèlerins, mais aussi pour représenter le grand pèlerin qui est le Saint Père, Pape François qui voulait bien-sûr être là. Mais ce n’était pas possible. C’est pourquoi je suis venu le représenter. Nous avons une joie spirituelle de voir cet événement nous amener dans l’engagement dans la charité chrétienne», a déclaré Monseigneur Mitja Leskovar, nonce apostolique, et représentant du Pape François, présent à Isiro.
Une fierté pour toute une nation
Dans un pays où beaucoup des mémoires sont facilement «jetées dans l’oubli», la figure de sœur Anuarite est plutôt une étoile brillante dans un ciel d’azur. Elle représente une figure de fierté pour tous les congolais qui ont vu pour la première fois une de ses filles être portée sur les autels. Une fierté au-delà de l’Eglise qui, par ailleurs, témoignait par cet avènement de sa maturité dans cette partie du globe.

Entrée dans la vie religieuse à 16 ans, Marie Clémentine sera assassinée 9 ans plus tard, pour avoir refusé de s’offrir à un général de la rébellion Simba qui semait la terreur dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo, Zaïre à cette époque. Malgré les menaces proférées par les rebelles, la jeune professe résista jusqu’au bout, préférant «mourir plutôt que de pêcher». Selon le père carme Roger Tshimanga, aumônier de la communauté congolaise à Rome, «c’est une fierté pour une église qui est en train de se solidifier, une église qui comprend ce que signifie porter la croix du Christ et marcher derrière ses pas».
Une mémoire de tous les martyres d’une guerre imposée
Les luttes post-coloniales qui ont éclaté en République Démocratique du Congo ont été une prémisse à des violences qui continuent à semer la désolation dans ce pays, surtout dans partie orientale. Soutenues par des puissances étrangères et des multinationales, des rébellions ne cessent de naître, de se développer et de se transformer, avec le principal objectif, le pillage des ressources naturelles que ce pays regorge en quantité. Commémorer le martyr de la bienheureuse Anuarite donne alors une occasion d’évoquer les millions des martyrs dont le sang continue à se répandre dans ces conflits, nous dit le prêtre congolais.
«Nous célébrons le courage d’une chrétienté meurtrie. En effet la situation qu’a connu Anuarite et qui l’a conduit au martyr, continue jusqu’aujourd’hui. Des jeunes perdent la vie, des enfants perdent la vie, des parents perdent la vie et beaucoup de martyrs sont parmi tous ceux qui sont en train de partir, même si nous n’avons pas leur histoire. Heureusement pour Anuarite, nous avons son histoire, une histoire qui nous montre comment elle a défendu la croix du christ», a déclaré l’aumônier de la communauté congolaise à Rome. Pour le prêtre RD-congolais, la souffrance de ses compatriotes est comme «marcher avec le sang qui coule de nos cœurs».
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