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Putsch manqué au sein du groupe parlementaire UDPS et Alliés: Samy Badibanga lâche ses coups

Désormais, il n’y a qu’une activité possible au sein du plus grand groupe de la famille Opposition à la Chambre basse: dire qui est qui. «Limogé» par des «exclus», Samy Badibanga passe à l’offensive
Le dialogue national et inclusif qui se tient à la cité de l’UA fait encore jaser. Dernier épisode en date, la déclaration signée par cinq membres du Groupe parlementaire UDPS et Alliés, et par laquelle ces derniers prétendent avoir destitué l’honorable Samy Badibanga de ses fonctions de président du Groupe.
Prié de donner sa réaction, Badibanda a botté en touche et s’en prend à ses pourfendeurs, ses collègues, les honorables députés Fabien Mutomb, Jean-Claude Vuemba et Papy Niango, tous suspendus du Groupe parlementaire UDPS et Alliés «pour usurpation de pouvoir, faux et usage de faux; détournement des fonds pour avoir retiré, sans qualité, les fonds destinés au Groupe auprès de la comptabilité de l’Assemblée Nationale; et insubordination», rendus incapables d’agir et de parler au nom du Groupe.
Cette fois-ci, Samy Badibanga compte bien jouer des coudes face à des amis récidivistes. Tout en minimisant la portée et l’importance de cette déclaration, l’élu de Kinshasa/Mont-Amba considère cependant qu’il s’agit des «manœuvres qui tendent à induire inutilement le peuple congolais en erreur et à semer le doute dans la population». Selon lui, cette sortie qu’il qualifie de «simple agitation» ne va pas avoir la moindre conséquence sur la bonne marche du premier Groupe parlementaire de l’Opposition au sein de l’Assemblée nationale.
«Largement minoritaires»
A l’appui de son argumentaire, l’honorable Samy Badibanga révèle la rocambolesque histoire de ses collègues, rappelant que, depuis la semaine dernière, Fabien Mutomb, Jean-Claude Vuemba et Papy Niango ont été suspendus du Groupe parlementaire UDPS et Alliés «pour usurpation de pouvoir, faux et usage de faux; détournement des fonds pour avoir retiré, sans qualité, les fonds destinés au Groupe auprès de la comptabilité de l’Assemblée Nationale; et insubordination».
Il ajoute: «Par conséquent, ils ne peuvent plus engager le Groupe en quoi que ce soit».
Désormais, il n’y a qu’une activité possible au sein du plus grand groupe de la famille Opposition à la Chambre basse: dire qui est qui. «Limogé» par des «exclus», Samy Badibanga passe à l’offensive.
Poursuivant sur sa lancée, il ajoute que la fameuse déclaration n’est signée que par cinq personnes sur la cinquantaine de membres qui composent le Groupe parlementaire UDPS et Alliés. «Les signataires sont donc très largement minoritaires par rapport à la majorité qui reste fidèle au Président Samy Badibanga», argue-t-il avec sa tranquillité habituelle.
Poussant visiblement son avantage, le leader de l’opposition parlementaire congolaise frappe là où ça fait très mal en relevant les contradictions de ses pourfendeurs à qui il demande d’aller jusqu’au bout de leur logique et de ne pas s’arrêter en si bon chemin.
«Je constate avec regret que c’est par pure hypocrisie et populisme de mauvais aloi que les cinq signataires de la déclaration en question condamnent la participation de certains députés issus du Groupe au Dialogue national dans l’objectif bien compris de plaire au Président national de l’UDPS, M. Etienne Tshisekedi.
Le Groupe parlementaire UDPS et Alliés leur demande d’aller au bout de leur logique, c’est-à-dire de démissionner carrément de l’Assemblée Nationale conformément au mot d’ordre de M. Etienne Tshisekedi qui ne reconnaît pas cette institution et qui déteste, par-dessus tout, les hypocrites et autres populistes de bazar», confie Samy Badibanga.
Mandat non impératif
Concernant le bien-fondé du Dialogue auquel il participe, Badibanga rappelle avoir été le premier à exiger l’organisation d’un dialogue avec le pouvoir depuis septembre 2012, à l’époque où nombreux autres ne voulaient pas en entendre parler. Il estime qu’avec la non-organisation des élections prévues pour décembre 2016, le pays se retrouve de fait dans une crise que l’on peut résoudre par la négociation au lieu de la confrontation.
«Par le dialogue, nous ne trahissons pas du tout notre engagement pour la démocratie et le respect de la Constitution. Cependant, nous essayons d’accorder nos violons avec la Majorité afin de trouver des solutions consensuelles qui nous permettront d’organiser, dans les brefs délais, de bonnes élections réellement libres, transparentes et justes, sans contestations possibles. Notre objectif est d’arriver à ce résultat par le dialogue et d’éviter d’autres affrontements qui feront encore couler le sang inutilement», indique-t-il.
De même, l’ancien conseiller spécial de Tshisekedi rappelle que les députés nationaux siégeant au Dialogue national représentent l’Opposition institutionnelle. Selon lui, «ils sont, en outre, couverts par l’article 100 de la Constitution qui stipule que le mandat du député national est non impératif, c’est-à-dire que le député représente le peuple et non le parti sur liste duquel il a été élu».
En tout état de cause, Samy Badibanga estime que cette «agitation qui ne dit pas son nom» vise en réalité à saboter la réussite du dialogue en cours en essayant maladroitement de lui priver d’une part de ses personnalités parmi les plus importantes. Ce qui reviendrait, ajoute-t-il, à faire un danger manifeste à toute la nation qui espère, par le forum de la Cité de l’Union Africaine, trouver des solutions par la négociation et non dans les affrontements.
En définitive, pour Badibanga, il demeure président et porte-parole du Groupe parlementaire UDPS et Alliés et, par voie de conséquence, la seule personne habilitée à l’engager conformément à son règlement intérieur et à celui de la chambre basse du Parlement. Les exclus ont donc manqué leur putsch.
YAKAKESA

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