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850 FARDC intègrent la force africaine à Bangui

Les forces armées de la RD-Congo impressionnent!
Les forces armées de la RD-Congo impressionnent!
La situation de crise qui a suivi le putsch qui a installé la Seleka au pouvoir en République centrafricaine n’est plus seulement politique. A en croire Lambert Mende Omalanga, ministre RD-congolais des Médias en charge des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la nouvelle citoyenneté, et Porte-parole du gouvernement, la crise a pris une connotation ethnique. Ce qui s’avère être très dangereux pour la RD-Congo. Cela rappelle le génocide rwandais de 1994 et ses conséquences dans la partie Est du pays, le Nord et le Sud-Kivu, où, depuis deux décennies, les violences sont récurrentes. Mais seulement, cette fois-ci le gouvernement refuse de se laisser prendre par surprise.
Au cours d’un point de presse le samedi 21 décembre 2013, dans son cabinet, Mende a estimé qu’«Il ne serait pas responsable pour les institutions politiques de ce pays de faire comme si rien n’était au moment où des périls de même nature assombrissent l’horizon chez un autre voisins au Nord». Par conséquent, en réponse à la requête de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale -CEEAC- et de l’Union africaine -UA-, le Chef de l’Etat de la RD-Congo vient d’autoriser le déploiement de 850 hommes de troupes issus des unités d’élite des FARDC pour contribuer à la Mission internationale de stabilisation de la Centrafrique -MISCA- en cours. On peut dire que l’expérience a assagi!
1.577 Km. C’est la longueur de la frontière qui sépare la Centrafrique de la RD-Congo. Celle-ci va de Libenge en Equateur jusqu’à la localité de Ndu, territoire de Bondo en Province orientale. Avec la détérioration de la situation en République centrafricaine, les deux provinces du Nord du pays sont exposées à l’importation des violences, à l’image de ce qui se passe dans les deux Kivu à cause de la crise ethnique qui a sévi au Rwanda en 1994. Le danger est donc réel au Nord.
«Aujourd’hui, il est de notoriété publique que les affrontements plus ou moins circonscrits des premiers mois sont en train d’évoluer très dangereusement. Selon des informations crédibles parvenues au gouvernement, alors qu’aux tout premiers jours, la querelle avait une connotation politique, on assiste au fil des jours à l’irruption de motivations ethniques ou identitaires avec l’élargissement exponentiel du rayon des victimes des violences», a confié le ministre des Médias.
A en croire la Commission nationale des réfugiés, la RD-Congo héberge près de 50.000 réfugiés centrafricains qui ont fui les exactions dans leur pays et ont sollicité et obtenu l’asile. «4.569 de ces frères et sœurs centrafricains réfugiés ont traversé la frontière ces dernières heures malgré le fait que celle-ci a été fermée», a indiqué Mende. La RD-Congo a laissé faire pour des raisons humanitaires. Selon lui, ce qu’ils fuyaient devait être particulièrement horrible pour qu’ils risquent ainsi de défier la décision de fermeture des frontières. Nombre des RD-Congolais qui vivent et travaillent en Centrafrique se retrouvent pris au piège entre les deux factions belligérantes.
«Certains d’entre eux ont été malheureusement tués sans qu’il soit possible à l’heure actuelle d’identifier les responsables de ces crimes horribles. Plusieurs autres … en errance dans des forêts inhospitalières, livrés aux intempéries de toutes sortes pour fuir la folie meurtrière des factions rivales. Ceux de ces concitoyens qui ont réussi à traverser la frontière pour rentrer à la maison ont perdu tous leurs biens et constituent un fardeau supplémentaire pour notre pays qui a déjà fort à faire avec la réhabilitation du Nord et du Sud-Kivu, victimes d’une guerre d’agression finissante», a-t-il déploré.
Ç’en est trop! Pour le gouvernement, le peuple RD-congolais a suffisamment expérimenté les débordements que peut provoquer une gestion velléitaire de tels conflits identitaires. Cette fois-ci, il faut agir. Et le faire à temps. Ce, parce que l’impact de cette détérioration de la situation en Centrafrique sur la sécurité et le bien-être des RD-Congolais est loin d’être une simple vue de l’esprit. Ce qui justifie d’ailleurs la mission de Richard Muyej, ministre de l’Intérieur à Gemena en Equateur.
Retrouver sa place dans le concert des nations
Ça ne peut pas durer. Cela risquerait d’embraser le Nord de la RD-Congo et ainsi troubler la paix en Afrique centrale. Et le gouvernement est bien averti. La CEEAC et l’UA ont mis en place une Mission internationale de stabilisation de la Centrafrique -MISCA. La RD-Congo a été contactée pour y contribuer avec ses troupes dans le but de défendre la stabilité de la région dans laquelle il se trouve. Négliger le risque d’embrasement de la partie Nord du pays exposerait l’Equateur et la Province Orientale aux violences.
Joseph Kabila, commandant suprême des FARDC, a  autorisé de déployer un contingent RD-congolais constitué d’un bataillon d’infanterie de 850 éléments prélevés dans une unité d’élite active au sein des FARDC. «L’intérêt opérationnel de la participation des forces régulières RD-congolaises à la MISCA réside notamment dans la proximité du théâtre de opérations qui permet, entre autres avantages, de réduire sensiblement les coûts», a expliqué le porte-parole du gouvernement.
Et d’ajouter: «de l’avis de la haute hiérarchie des FARDC, trois à quatre jours seraient amplement suffisant pour effectuer le transfert des troupes à partir de la RD-Congo. Les autorités RD-congolaises compétentes ont néanmoins tenu à se donner une marge de 15 jours, le temps d’affiner tous les préparatifs multiformes du contingent pour une action efficiente et efficace pour le rétablissement de la paix en République centrafricaine». La MISCA qui est à l’heure actuelle sous les auspices de l’UA va devenir dans un délai de trois à six mois une Mission de paix de Nations Unies.
Le déploiement des forces de défense et de sécurité RD-congolaises est un signe évident qu’elles sont en train de renaître et de reprendre leur place dans le concert des Nations. Après avoir défait la rébellion du M23, l’armée RD-congolaise va donc intégrée la force africaine déployée à Bangui, en République Centrafricaine -RCA- pour la restauration de la paix aux côtés des militaires français et d’autres Etats de l’Afrique centrale.
Depuis le 19 décembre 2013 en effet se constitue la force africaine de la mission internationale de soutien à la Centrafrique -MISCA-, déployée sous mandat de l’ONU, avec, dans un premier temps 3700 hommes  des troupes. Selon RFI, «Ce tandem Misca-armée française ne doit pas durer plus de quelques mois. Ban Ki-moon présentera d’ici le mois de mars son plan d’opération pour l’envoi de casques bleus en Centrafrique. D’abord 6000 puis 9000 hommes». La RD-Congo qui vient de montrer à la face du monde qu’elle a une armée capable de neutraliser la rébellion est associée au déploiement des troupes de maintien de la paix en Centrafrique.
La victoire sur le M23 rappelle d’autres victoires des Forces armées de la RD-Congo notamment lors de deux guerres mondiales. La force publique a vaincu les Allemands donnant ainsi la victoire aux alliés. L’histoire est un éternel recommencement serait-on tenté de dire au regard de la composition de la force internationale qui est en train de se déployer à Bangui. Sur place, le contingent des FARDC retrouvera les unités d’élite françaises de l’opération Sangaris et un bataillon des commandos belges.
Des troupes qui ont déjà coalisé au cours des deux guerres mondiales. Avec ce déploiement à Bangui, l’armée RD-congolaise redore son image d’antan, et marque une nouvelle phase dans la remontée en puissance d’une force qui avait fait la pluie et le beau temps au cœur de l’Afrique. Cette nouvelle vocation africaine est en même temps un avertissement à ceux qui s’évertuent à agresser la RD-Congo, notamment l’Ouganda et le Rwanda. On peut dire donc aisément affirmer que les FARDC sont entrain de reconquérir leur place dans la concert des nations.
Octave MUKENDI & Hugo Robert MABIALA 

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