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Quand Muyaya coince Kagame: les victimes du génocide de 1994 ne doivent pas devenir acteurs d’un autre génocide

À Paris, cinq jours après le 19e sommet de la Francophonie, le porte-parole du gouvernement RD-congolais a accordé une interview exclusive à Ouragan et Africanews. Patrick Muyaya a tenu à éclairer le geste, mieux la colère du président Tshisekedi qualifié par d’aucuns de boycott des travaux. Au sujet du processus de Luanda, le ministre de la Communication et médias a détruit l’argumentaire développé par le chef de la diplomatie rwandaise, prétendant que la RD-Congo a refusé de signer l’accord. Enfin, Muyaya tance et coince Paul Kagame, condamnant la politique de manipulation de Kigali et avertissant le monde, dans le cadre du procès Onana, que «les victimes de ce génocide, ne doivent pas devenir les bourreaux» du peuple RD-congolais.

Le 19e sommet de la Francophonie s’est terminé sans le président Félix Tshisekedi, qui d’ailleurs n’a pas participé au huis clos. Est-ce un message qu’il a voulu faire passer à ses pairs?

C’est un message que nous avons particulièrement adressé au président français Emmanuel Macron. Au cours de son discours d’ouverture à Villers-Cotterêts, en mentionnant les conflits, il a fait une omission coupable à nos yeux en n’évoquant pas la crise dans l’est de la RD-Congo. Par ce geste, le président de la République a voulu marquer sa désapprobation totale, car au sein de la Francophonie, nous sommes réunis autour de la langue française, et dans cette langue, les mots ont leur place. Les mots, dans ses discours de Villers-Cotterêts, n’ont pas été totalement exprimés, car le président Macron a été le premier à dire qu’il ne fallait pas de deux poids, deux mesures, en revenant notamment sur la crise en Ukraine.

Mais en ce qui concerne la RDC, le plus grand pays francophone en termes de superficie et de locuteurs, une omission de ce type ne pouvait en aucun cas être acceptée. Même s’il est revenu plus tard en reprenant pratiquement mot pour mot ce que nous avons inscrit dans les différentes résolutions qui sont sorties de ce sommet de la Francophonie, nous pensons que par rapport à la crise que le pays connaît depuis longtemps, il n’y a pas de place pour des omissions ni pour des oublis, et je pense que les gestes du président de la République ont été, de ce point de vue, très bien compris.

Il y a eu des condamnations sans sanctions contre le Rwanda. Est-ce un motif de déception même si le président Macron s’est repris?

La question pour nous, ce n’est pas tant celle de la Francophonie. Nous n’attendons pas de sanctions particulièrement, car les sanctions sont prises à des niveaux, je ne dirais pas plus élevés, mais au niveau des organisations comme les Nations unies ou l’Union européenne. De la Francophonie, nous attendons d’abord une solidarité de manière claire. Vous vous souviendrez qu’à Djerba, où nous étions avec l’ex- Premier ministre Jean-Michel Sama, sur cette question dans l’est, la RDC n’avait pas participé à la photo de famille qui a été prise à cette occasion.

Pour le sommet en France, qui a plutôt bien commencé, le président de la République a été le premier hôte du président Macron vendredi matin. Nous avons eu une très bonne discussion autour des problématiques qui nous concernent. Évidemment, le président Macron aurait souhaité que le président Tshisekedi puisse rencontrer le président du Rwanda, mais les conditions ne sont pas réunies, et ce n’est peut-être pas le cadre adéquat, car nous sommes déjà engagés dans des pourparlers de médiation dans le cadre du processus concernant le Rwanda.

Cette fois-ci, la Francophonie, en tant qu’institution, s’est engagée et a formulé des résolutions, notamment la condamnation et la nécessité pour les troupes étrangères non invitées, en particulier les troupes rwandaises, de quitter l’est de la RDC. Il y a eu des réserves du Rwanda, ce n’est pas étonnant, mais la Francophonie, c’est aussi 86 autres pays au-delà de la France et du Rwanda. Souvenez-vous que le président de la République Félix Tshisekedi, devant l’Assemblée générale des Nations unies, a parlé de multilatéralisme, et c’est dans ce cadre-là que la RD-Congo compte évoluer, en tout cas dans d’autres secteurs.

Quelles sont les ambitions de la RDC pour la Francophonie ?

Écoutez, évidemment que la RD-Congo, en tant que pays qui compte le plus grand nombre de locuteurs, a pour ambition de diriger. C’est un peu un hold-up que la Francophonie soit dirigée par un pays anglophone, et de surcroît avec une secrétaire générale qui ne s’est jamais véritablement détachée de sa mission pour le compte du gouvernement rwandais, dont elle a été pendant longtemps ministre des Affaires étrangères. Malheureusement, c’est dans cet esprit partisan qu’elle a conduit les travaux de l’OIF, spécifiquement sur les questions qui concernent la sécurité dans l’est de la RD-Congo.

Ici, dans l’attitude du président et dans la position de la RD-Congo, le président Macron, qui assumera pour les deux années à venir la présidence de cette organisation, doit savoir que le message a déjà été passé. Nous avons, chez nous, des personnes qui pensent de plus en plus que nous devrions quitter la Francophonie, d’autres qui ne voient pas l’utilité, entre guillemets, d’appartenir à cette organisation, sûrement parce que nous ne ressentons pas beaucoup de solidarité.

Je reviens encore ici sur la question de l’Est, la question sécuritaire, qui est pour nous un point fondamental. Je dois peut-être rappeler que la Francophonie, c’est aussi les jeux. Vous avez vu ce que nous avons offert lors des neuvièmes Jeux de la Francophonie, ce que cela a représenté pour nous. Donc, ici, le président Macron, dans le cadre des responsabilités qui sont les siennes pour diriger la Francophonie durant les deux prochaines années, doit savoir que nous, RD-Congo, nous connaissons l’attitude de sa secrétaire générale. Et si la Francophonie veut véritablement être perçue comme une organisation sur laquelle les RD-Congolais peuvent compter, elle doit faire davantage, en termes de solidarité, mais aussi en termes d’engagement et d’actions concrètes pour un retour rapide de la paix dans l’est de la RDC.

Le Congo-Kinshasa est-il prêt à briguer le poste de secrétaire général et succéder à Mushikiwabo ?

Bien sûr, dans les deux années à venir, pourquoi pas. Nous en avons la stature, nous en avons l’ambition, nous en avons aussi les compétences. Mais pour autant que cela corresponde, je ne suis pas spécialiste, je ne sais pas quels sont les enjeux, quelle sera la région, ou comment se répartiront les responsabilités dans le cadre du remplacement de Mme Mushikiwabo. Mais ce serait bien d’avoir un secrétaire général venant de la RDC, et ce serait cohérent par rapport à la Francophonie elle-même.

Pourquoi ne pas quitter la Francophonie puisque la RDC ne fait que subir des coups ?

Écoutez, j’entends beaucoup cette préoccupation dans l’opinion, et nous la comprenons. Parce qu’ici, il faut dire que de la Francophonie, nous aurions voulu avoir plus de solidarité et plus d’engagement. Le président Macron a commis une omission coupable. Heureusement, il a essayé de se rattraper en reprenant mot pour mot ce que nous avions dit. Mais pour nous, le mal est fait, et le président de la République a réagi en conséquence. Cependant, il faut considérer que la Francophonie, ce n’est pas seulement le sommet qui se tient, mais aussi des réunions qui se succèdent.

Lors du 19e sommet, malgré les réserves exprimées par le Rwanda – de bonne guerre, car ils savent qu’ils sont responsables de ce qui se passe en RDC –, tous les pays nous ont soutenus. Même le président Macron, hormis la partie où il parle du dialogue ou d’un processus politique avec le M23, questions réglées par le processus de Luanda, a repris mot pour mot ce que nous avons écrit, malgré l’erreur initiale. Le message est donc passé, car il y a des résolutions, et pour la première fois, une mission de la Francophonie se rendra en RDC. Ce que nous attendons de la Francophonie, c’est davantage de solidarité pour nos populations francophones, car la francophonie nous réunit autour de la langue. Mais il ne s’agit pas uniquement de la question sécuritaire. Il y a aussi la question culturelle et économique. Le thème était de «Créer, innover et entreprendre en français».

Des jeunes congolais ont remporté des prix dans divers concours organisés. Vous avez vu le grand moment de communion que nous avons vécu lors des neuvièmes Jeux de la Francophonie. Nous voulons justement partir de ce que nous considérons comme un faux pas du président Macron au début de sa présidence de la Francophonie. Il présidera encore pour deux ans, et nous espérons que sous son leadership, il n’y aura pas d’ambiguïté. Lorsqu’il faudra nommer le mal – le Rwanda –, il faudra le faire sans ambiguïté.

Lorsqu’il faudra tenir des réunions avec des chefs d’État, y compris celui du Rwanda, il faudra le mentionner sans ambiguïté, car il a prôné une politique qui ne tolère pas deux poids, deux mesures. Le mal, c’est le mal, et il faut le dénoncer. Sur cette question, je ne suis peut-être pas habilité à donner des réponses précises, mais je pense que ce n’est pas une mauvaise organisation. Nous avons vu, par exemple, le Ghana, un pays anglophone, adhérer à la Francophonie lors du dernier sommet. Cela montre qu’il s’agit d’une possibilité à envisager dans un cadre global au niveau du gouvernement. Il faudra examiner la question et voir les possibilités. L’appartenance à la Francophonie et au Commonwealth n’est pas incompatible. On peut appartenir aux deux organisations en même temps.

Procès Charles Onana

Le procès Onana a commencé au Tribunal correctionnel de Paris. Quelle est la lecture du gouvernement RD-congolais ?

D’abord, il faut que toute l’histoire soit connue. Il y a un préalable: il y a eu le génocide au Rwanda. C’est un fait de triste mémoire, un type d’abomination qui ne doit pas se répéter. Ce qui est choquant, c’est qu’un pays, victime d’un génocide, qui en a vu l’horreur, en commette un autre en RD-Congo. Cela signifie qu’eux-mêmes n’ont pas tiré les leçons de leur propre histoire, tragique, qu’ils continuent à exporter dans l’est de la RDC. C’est un point. L’autre point, c’est que Charles Onana, je ne pense pas qu’il remet en cause le génocide, mais il enquête. Il y a des pans entiers de cette histoire qui ne sont pas connus, ou du moins pas clairement. Il y a eu des événements, notamment l’explosion de l’avion du président Juvénal Habyarimana, qui a été, si je peux utiliser une expression chère aux historiens, la cause immédiate de ce qui s’est passé ensuite.

Si Onana a mené des recherches qui lui font dire que le pouvoir actuel a une part de responsabilité dans ce qui a suivi, pourquoi voudrait-on le lui contester ? Mais maintenant que nous sommes devant un tribunal, nous espérons que le droit sera dit. Et nous, en tant que RD-Congo, nous suivons de près ce qui se passe à Paris, car la RDC est devenue, depuis le génocide rwandais, le maillon faible. C’est nous qui payons le lourd tribut de ce génocide, commis de l’autre côté. Nous espérons que la vérité sera dite par le tribunal, et que M. Charles Onana, qui a documenté et mené ses études sur la RDC, et qui est appuyé par des témoignages, verra ces témoins accéder au tribunal. Cela nous permettra d’obtenir une plus grande lumière sur ce qui s’est vraiment passé en avril 1994.

Nous sommes donc attentifs, nous suivons le procès et nous attendons de voir ce qui en ressortira. Cela nous permettra de mieux comprendre l’origine du drame que nous vivons dans notre pays depuis cette période.

Y a-t-il du négationnisme dans la démarche de Charles Onana ?

Je ne participe pas, malheureusement, au procès. Je ne saurais donc pas vous en dire plus sur la manière dont les débats sont menés. Mais je crois savoir que Charles Onana n’est pas négationniste. Renie-t-il le fait qu’il y a eu un génocide au Rwanda ? Vous, qui suivez le procès, pouvez mieux répondre à cette question que moi.

La partie civile parle même de collusion entre Charles Onana et le gouvernement RD-congolais. Que répondez-vous ?

Il n’y a pas de problème. Chacun est libre de penser ce qu’il veut. Nous, nous pensons que les recherches et les travaux de Charles Onana peuvent contribuer à une meilleure compréhension de ce qui s’est passé en 1994. Pourquoi voudrait-on empêcher que cette part de vérité soit révélée ? C’est pourquoi ce procès est intéressant et c’est pourquoi nous devons le suivre de près. Nous devons nous assurer que les conditions pour que la justice soit rendue de manière équitable sont réunies. Cela nous permettra à tous d’être éclairés. Il y a eu des procès qui ont tenté de mêler l’origine du génocide de 1994, mais il y a souvent eu des interventions extérieures.

Maintenant que nous sommes devant un tribunal qui juge un livre, et son auteur, avec certains détails, nous attendons d’être fixés. En tant que gouvernement, nous sommes particulièrement concernés, car cette histoire est étroitement liée à celle de la RDC. Connaître les origines de ce qui a provoqué ces génocides dramatiques nous permettra de mieux cerner certaines responsabilités. Il faut rappeler ici que ceux qui ont été victimes du génocide, que nous condamnons tous, ne doivent pas devenir, à leur tour, acteurs de génocides. Il y a une tendance, dans la communication rwandaise, à accuser de négationnisme ceux qui ne racontent pas les choses à leur manière. Soyons clairs : il y a bien eu un génocide. Mais les victimes de ce génocide ne doivent pas devenir des bourreaux aujourd’hui.

Quelle est la démarche de la RDC pour ses victimes qui se comptent par millions ?

Écoutez, nous avons recours à la justice. Si vous suivez ce qui se passe au tribunal d’Arusha, au sein de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est, vous verrez que nous intervenons à différents niveaux. Même si le Rwanda n’a pas signé le Statut de Rome, nous agissons sur plusieurs fronts. Sous la direction du président Tshisekedi, nous avons ouvert plusieurs fronts : militaire, diplomatique, judiciaire, économique, et médiatique. L’objectif est d’en finir définitivement avec cette crise qui ravage l’est de notre pays.

Processus de Luanda

Le ministre rwandais des Affaires étrangères accuse la RDC de bloquer le processus de Luanda en refusant de signer l’accord ? En quoi se situe la responsabilité du gouvernement RD-congolais dans l’aboutissement du processus de Luanda ?

D’abord, il faut noter que c’est quand même puéril, je pèse mes mots, de la part d’un ministre des Affaires étrangères, de sortir dans le cadre de ce qui avait été convenu à un niveau plus stratégique. Je crois que vous aviez suivi mardi 8 octobre ma collègue Thérèse Kayikuamba devant le Conseil de sécurité des Nations unies, où elle a dit qu’on devait hésiter, dans le cadre de ce qui avait été prévu par la médiation, de revenir et de faire un débat public sur des discussions qui relevaient d’une certaine confidentialité. Mais il faut noter, et c’est ça la stratégie justement de la manipulation, de ceux qui ne sont pas en mesure de s’en tenir aux responsabilités qu’imposent leurs fonctions. Ça, c’est un premier point.

Le deuxième point : la vérité a été dite hier, M. Jeanric Umande, vous m’avez dit, lorsque l’on mandate des experts pour aller discuter à un premier niveau, est-ce que ce sont les experts qui engagent les États? Clairement non. Les experts n’engagent pas les États. Les experts discutent des questions techniques.

Lorsque les experts terminent de discuter de questions techniques, ils versent les résultats de leurs discussions à un niveau plus élevé, c’est-à-dire au niveau politique, parce que ce sont des décisions politiques qui doivent être prises. Et dès ce point de vue, lorsqu’au niveau politique, on estime, et c’est en l’occurrence notre cas, que le travail qui a été fait par les techniciens, qui est du reste appréciable, pouvait être amélioré, alors pourquoi avait-on prévu une réunion au niveau politique alors, si tout devait se terminer au niveau des experts ? Pourquoi avait-on prévu que les ministres se rencontrent?

C’est dire ici qu’il faut comprendre que nous sommes dans un processus délicat. Nous avons entamé la phase d’atterrissage, qui est à mon avis la phase la plus critique, et dans cette phase-là, si nous voulons véritablement bien atterrir, il faut qu’on atterrisse, en tout cas pour ce qui nous concerne, avec un plan qui nous permet très, très rapidement de commencer à donner des réponses au drame humanitaire que nous connaissons, qui devrait commencer par garantir le retour de nos compatriotes dans les zones qui s’occupaient et qui sont aujourd’hui occupées par l’armée rwandaise. Et donc, lorsque nous disons qu’il faut de la concomitance dans les opérations, nous sommes d’accord, nous devons neutraliser les FDLR, il y a un plan, on y travaille, nous faisons notre part, mais en même temps, les Rwandais peuvent commencer à désengager leurs troupes.

Donc, ce sont, selon vous, les points qui fâchent ?

Mais il faut suivre ce que ma collègue des Affaires étrangères a dit ce mardi là. Nous voulons que les choses avancent simultanément, car nous faisons face à une grave urgence humanitaire, et nous n’avons pas le temps, car chaque jour qui passe voit les drames s’aggraver. Un deuxième round est prévu le 12 octobre à Luanda, et nous allons continuer à défendre cette position.

De plus, comme l’a souligné ma collègue hier, il est essentiel que justice soit faite, car il y a trop de RD-Congolais qui meurent, trop de RD-Congolais qui vivent des drames. Les rapports des experts des Nations unies le montrent clairement. Il ne faudrait pas qu’au terme de cet accord de paix, ceux qui sont responsables de ces violations massives des droits de l’homme échappent à la justice. Sans justice, il n’y aura pas de garantie de non-répétition. Nous soutenons donc des principes fondamentaux qui nous permettront, d’une part, de répondre à l’urgence humanitaire et, d’autre part, de veiller à ce que les coupables répondent de leurs actes le moment venu.

Quelles sont les obligations que le Rwanda doit remplir pour décanter les pourparlers de Luanda ?

Ce n’est pas compliqué. Ils n’ont qu’à déclarer qu’ils vont désengager les forces qu’ils ont déployées dans l’est de la RD-Congo et cesser de soutenir le M23. Vous savez, cher Jeanric, dans le cadre du processus d’ajustement qui a fusionné la médiation entre la RDC et le Rwanda, ainsi que la facilitation du processus de Nairobi sous le président Kenyatta, nous avons un plan clair. Ce plan se termine par la reprise des relations diplomatiques avec le Rwanda. Cependant, pour atteindre cette étape, il est impératif de respecter les étapes clés, à savoir le cessez-le-feu, le désarmement, la démobilisation, le cantonnement et le Programme de désarmement, démobilisation et de réinsertion des combattants et des ex-combattants (PDDRCS).

Tous ces schémas étaient déjà tracés, et cela ne semble pas du tout compliqué. La vérité, c’est que le Rwanda continue de piller systématiquement les richesses de l’Est de la RDC. C’est pour cela que ma collègue a appelé à un processus de certification pour distinguer l’or du sang, entre autres, car cela justifie aussi les violences que nous subissons dans l’est de la RDC. Nous voulons que ces violences prennent fin une bonne fois pour toutes.

Entre-temps, le cessez-le-feu ne tient pas, et la communauté internationale reste silencieuse. N’est-ce pas pousser le gouvernement à dialoguer avec le M23 ?

Non, écoutez, ce n’est pas que les cessez-le-feu ne tiennent pas. Dans une région comme celle-ci, il y a évidemment des situations relatives, qu’elles soient voulues ou non. Cependant, il est important d’observer que, globalement, les cessez-le-feu sont respectés. Bien que nous connaissions les tactiques de provocation des uns et des autres, il ne faut pas nier qu’il y a eu des progrès. La communauté internationale se mobilise autant qu’elle le peut. Il y a un suivi étroit du processus de médiation de Luanda par les États-Unis et les Nations unies.

D’ailleurs, mardi encore, il y a eu des débats au Conseil de sécurité de l’ONU. Nous pensons qu’il reste encore beaucoup à faire. Nous estimons que parallèlement aux discussions à Luanda, cela ne suspend pas les sanctions qui peuvent être prises contre des responsables connus. Avec ma collègue des Affaires étrangères, nous continuons ce travail. Le M23 est un groupe armé comme tous les autres. Nous avons atteint ce niveau parce que le Rwanda, en soutenant le M23, a tenté de nous sortir du schéma du processus de Nairobi pour négocier à part avec un groupe armé. Cela revient à donner une prime à la violence, ce qui est hors de question. Tout se réglera dans le cadre de la feuille de route de Luanda, tout est pris en compte.

A quand la fin de l’État de siège décrié par les notables du Nord-Kivu et de l’Ituri ?

Écoutez, concernant l’état de siège, des évaluations ont été effectuées. Je pense que le Parlement statue de manière régulière à ce sujet. Il est important de reconnaître que, dans certaines mesures, nous pouvons nous écarter des restrictions imposées par l’état de siège. Néanmoins, il convient de souligner qu’une ordonnance a été prise pour quelques réajustements. Toutefois, nous sommes confrontés à des menaces persistantes.

Au Nord-Kivu et en Ituri, la nécessité d’une présence militaire renforcée se justifie pleinement. Ainsi, au-delà de cette flexibilité normale, des travaux ont été réalisés et des propositions ont été soumises au président de la République. Il lui appartiendra, le moment venu, de définir la manière de structurer ces processus. Quoi qu’il en soit, quelle que soit l’issue de ses réflexions, vous pouvez être assuré d’une chose : le président ne laissera pas ces régions du pays sans une vigilance militaire forte face aux menaces encore présentes.

Lutte contre la corruption

Sur un autre chapitre, 7 magistrats ont été condamnés pour corruption. Est-ce un bon signal pour l’assainissement de la justice ?

Écoutez, ce n’est qu’un début. Le président de la République a exprimé à plusieurs reprises son mécontentement quant à l’état de notre justice. Dans un contexte aussi complexe que le nôtre, nous faisons face à de nombreuses crises, mais de mon point de vue, deux d’entre elles font particulièrement mal à la société : la crise de la justice et celle qui touche le secteur des médias. Nous faisons des efforts pour répondre à ces deux crises. Le fait que certains magistrats aient été sanctionnés montre que la machine est en marche. C’est un signal dissuasif pour les autres.

Lorsqu’on est magistrat, on est censé dire le droit, et rien d’autre. Cela dit, c’est une bataille de longue haleine, une bataille continue. En parallèle, nous avons mis en place des structures pour lutter contre la corruption, un phénomène que nous vivons quotidiennement. Le gouvernement est soumis à de nombreux contrôles pour s’assurer que l’argent public est bien utilisé. La justice joue un rôle crucial dans cette dynamique. Elle doit enquêter, établir les responsabilités et prendre des mesures lorsque des soupçons existent.

Les acteurs politiques sont libérés, pourtant cités dans les dossiers sales, mais les magistrats, au moins, ont été condamnés…

Qui libère ? Encore qu’il faut éplucher les dossiers spécifiques de chacun de ces sept magistrats. Mais ici, il faut noter que dans toute cette démarche qui va vers la quête de la justice, chacun a son rôle. Et le rôle final revient au magistrat. S’il y avait des difficultés, justement, dans la manière dont la justice était rendue, il faut considérer que nous avons ouvert une nouvelle fenêtre.

Il y a le ministre de la Justice qui s’apprête à organiser, à la fin du mois, des états généraux à nouveau pour être sûr que toutes les parties prenantes, gouvernement et magistrature, tout le monde se réunisse pour qu’on se dise comment nous faisons pour avoir une justice juste. Une justice qui sera rendue au nom du peuple RD-congolais et pour son bien. C’est ça, c’est la quête dans laquelle nous sommes astreints. Et pour nous, comme gouvernement, nous allons nous assurer que notre rôle dans ce cadre puisse être pleinement joué.

Le président a inauguré le nouveau siège de l’Inspection générale des finances. Quel message a-t-il voulu faire passer ?

C’est le soutien au travail que réalise l’Inspection générale des finances. Vous savez, c’est une structure qui existe depuis longtemps et qui a les mêmes attributions qu’aujourd’hui. Mais la différence, c’est qu’il y a aujourd’hui une impulsion politique portée par le président de la République, pour s’assurer qu’à travers cette inspection, nous puissions garantir que les fonds et les ressources publiques sont bien dépensés.

Quelle est la cote que le gouvernement peut donner à l’IGF ?

Je suis mal placé pour évaluer le travail de l’IGF. Je suis ministre de la Communication et médias. Si l’on doit évaluer l’IGF, cela doit se faire sur un ensemble d’éléments qui rentrent dans le cadre de sa mission. Ici, on peut dire que nous apprécions le travail qui a été accompli. Le travail dont je parle ici, vous serez peut-être étonné, n’est pas celui qui est mis en avant dans les médias.

Achille Kadima, le travail qui a été réalisé, à travers la patrouille financière, consiste à voir comment améliorer les circuits de la dépense publique au niveau des entreprises publiques. Il y a un travail de pédagogie qui fait qu’aujourd’hui nos entreprises, financièrement, sont bien plus rigoureuses qu’elles ne l’étaient à l’époque.

Constitution

Le gouvernement va-t-il changer la Constitution avant la fin du deuxième quinquennat du président Félix Tshisekedi ?

Une Constitution doit nous permettre d’assurer une meilleure gouvernance du pays. Nous avons la Constitution, qui depuis 2006, prévoyait la gratuité de l’enseignement. Le 18 février 2006, c’était la date de sa promulgation. C’est un engagement qui n’a jamais été respecté. C’est un engagement qui a été tenu par le président Tshisekedi 13 ans plus tard. Nous avons une Constitution qui parle de retenue de 40 %, mais qui n’est pas toujours effective.

Le débat dans lequel vous voulez m’entraîner, le président y a déjà répondu, car ici, personne ne peut s’opposer à une modification de la Constitution, tant que cela doit contribuer à rendre l’État plus fort. Nous, en tant que gouvernement, il n’y aura pas d’hésitation. Achille Kadima, dès que l’option sera levée, nous y travaillerons de la manière la plus transparente, car c’est un texte qui nous unit tous. Mais pour le moment, l’urgence est la mise en œuvre des six engagements du président de la République. De ce point de vue, je voudrais souligner avec vous le progrès que nous réalisons, notamment en ce qui concerne le pouvoir d’achat. Non seulement que l’État subventionnait déjà l’achat de carburant, mais nous avons obtenu une baisse de prix de 500 francs. C’est énorme dans le contexte qui est le nôtre. Cela sera également bientôt le cas pour les prix des produits de première nécessité.

En tout cas, les textes ont déjà été adoptés et dès que les stocks seront épuisés, car les opérateurs importent pour trois ou six mois, nous serons également en mesure de le constater. Donc, pour ce qui concerne la partie qui vous intéresse, la partie polémique, je vous renvoie à l’interview du président de la République et aux dernières interviews qu’il a données à Bruxelles. Il a été clair sur ce sujet. Nous pensons qu’il ne faut pas venir polluer l’atmosphère avec un débat politicien sur un sujet qui ne devrait pas en être un.

Dans tous les cas, pour nous, l’urgence pour le moment est constituée par les six engagements du président de la République. Dès que nous estimerons que le moment est venu pour faire les débats, car le président de la République a parlé d’un groupe d’experts, de personnes qui pourront se réunir et réfléchir, tout se fera de la manière la plus transparente. Et dès que lui-même a déjà fixé plus ou moins les limites que vous connaissez, mais que les gens veulent faire semblant d’ignorer, parce qu’on aime la polémique, nous pensons que nous devons nous concentrer sur l’essentiel. Et l’essentiel pour nous en ce moment, c’est de travailler à trouver quotidiennement des solutions aux problèmes du peuple RD-congolais.

Le débat, pourtant, a été lancé par un politique, le secrétaire général de l’Udps…

Écoutez, il a ses opinions, qu’il a du reste exprimées, parce que lorsqu’il dit que l’UDPS n’a jamais voté pour cette Constitution en 2006, est-ce vrai ou faux ? C’est vrai, parce que si on se souvient de ce qui s’est passé dans ces contextes-là. Mais il ne faudrait pas refuser à un homme politique de donner son idée sur la Constitution.

Dans le même ordre, vous avez lu aussi les dix idées de l’honorable Adolphe Muzito. Nous sommes dans un contexte démocratique où des opinions s’expriment. Mais nous, comme gouvernement, le jour où l’option sera levée pour nos gouvernements d’engager le pays dans la voie d’une révision de la Constitution, nous le ferons de manière transparente, avec toutes les parties prenantes. Nous considérons que l’urgence pour nous en ce moment, c’est la mise en œuvre des six engagements du président de la République.

Êtes-vous à l’aise quand les opposants sont inquiétés ? Seth Kikuni, Daniel Safu, Moïse Katumbi, d’ailleurs, dont une initiative sociale, lui crée aujourd’hui des ennuis ?

Quand vous parlez d’opposants inquiétés, que voulez-vous dire ? Vous savez, je me suis toujours réservé d’individualiser le débat lorsque je parle, parce que je considère que ce sont les petits esprits qui parlent des hommes. Ce n’est pas moi qui l’ai dit. D’ailleurs, c’est une citation bien connue, où les grands hommes discutent des idées. Ici, il faut rappeler un certain nombre de principes concernant l’opposition. Il ne faut pas considérer que les opposants évoluent dans un cadre qui n’est pas organisé. La Constitution, la nôtre, reconnaît l’existence de l’opposition et ses missions.

La mission principale de l’opposition, c’est d’apporter la contradiction. Que ce soit opposant, opposition ou majorité, nous avons tous une seule et même responsabilité par rapport à notre mission de contribuer au développement de la RD-Congo. Ceci doit être bien clair. Ceci dit, parce que vous parlez de cas spécifiques, je ne saurai pas vous dire, car je n’ai pas d’éléments sur ce qui concerne l’honorable Daniel Safu. Mais lorsque vous parlez, par exemple, de monsieur Seth Kikuni, je pense que j’y ai déjà répondu largement.

Être opposant ne veut pas dire tenir des propos qui peuvent aujourd’hui conduire à la division. Vous savez, nous avons un pays qui est très fragile. Nous avons déjà une agression dans l’est, qui est exacerbée par les appétits voraces du Rwanda. Nous avons un pays complexe, qui est rempli d’ethnies, mais qui est aussi rempli de conflits. Regardez les conflits dans le grand Kasaï. Regardez les conflits actuels dans la Province orientale. Regardez les conflits à l’entrée de Kinshasa, dans le Kwamouth. Nous avons un pays qui est sensible.

Lorsque les hommes politiques tiennent des propos susceptibles d’entacher l’unité nationale, qui peuvent être perçus comme des éléments déclencheurs d’un plan qui peut déstabiliser le pays, il ne faudrait pas empêcher les autres services de faire leur travail. C’est pour cela qu’ici, tout en témoignant évidemment la solidarité que l’on peut avoir pour sa femme, pour sa famille, il ne faut pas empêcher les autres organes de l’État de faire leur travail.

Moi, les dommages que je constate, depuis bien longtemps, c’est que je n’ai pas vu de gens venir nous challenger sur le choix que nous avons fait de baisser les prix des denrées de première nécessité. Je n’ai pas entendu les opposants dire que vous ne devez pas faire comme ça, vous devez faire comme cela. Je n’ai pas entendu, moi, les opposants venir nous dire que la gratuité n’est pas bonne. Mais pourquoi alors les débats politiques ne doivent-ils porter forcément que sur des querelles de positionnement des opposants par rapport au pouvoir et ne pas porter sur comment nous pouvons, entre guillemets, critiquer les choix qui sont faits par ceux qui sont au pouvoir pour assurer que nous contribuons nous aussi positivement à l’émergence d’une société plus développée ?

L’attitude du gouvernement vis-à-vis de l’opposition ne tend-elle pas à étouffer la démocratie ?

La question, c’est le peuple qui a voté. Si vous voulez vraiment qu’on parle de l’opposition, combien de candidats l’opposition avait-elle sur les 25 000 qui étaient en course ? On peut compter avec vous. Je ne suis pas sûr qu’ils aient atteint 20 000. Parce que Martin Fayulu, par exemple, n’avait pas de candidats députés. Ensemble pour la République avait combien de listes ? Nouvel Élan, combien de listes ? Alors, lorsqu’on a été aux élections, quelle est la coalition qui s’est donné le plus de chances de gagner ? C’est la coalition qui a gagné.

C’est le peuple donc qui a voté. Maintenant, le peuple a voté majoritairement pour une famille et les autres sont de l’autre côté. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas d’importance. Mais, au niveau de l’opposition, pourquoi ne ferait-on pas une opposition beaucoup plus intelligente, passez-moi l’expression, où on contesterait le choix politique que nous avons fait de manière intelligente, avec des arguments ? J’avais appelé à un débat public pendant la campagne électorale sur le choix que nous faisons. Je n’ai pas été suivi, j’ai récolté des insultes. Mais bon, est-ce avec des insultes que vous pensez pouvoir faire avancer le pays ? Je dirais non.

Alors, vous avez parlé de Moïse Katumbi. Il faut éviter de tout politiser, même si cela concerne un homme politique. Dans tout pays, et nous, nous aspirons tous à un état de droit pour notre pays. Comment pensez-vous, alors, que vous pouvez, pour ne pas parler du candidat Katumbi, commencer à construire une maison sans autorisation ? Est-ce que vous pouvez le faire ?

Mais on a vu des lettres…

Non, s’il vous plaît. Vous, vous pouvez le faire ou pas ? Est-ce que vous pouvez vous lever un matin, dire que je veux construire une maison sans penser à requérir l’autorisation des autorités établies ? Votre réponse est non. Vous ne pouvez pas.

Il y a eu un échange épistolaire…

Alors, vous parlez d’une lettre. J’ai vu la lettre sur les réseaux sociaux qui a été reçue le 1er octobre. Mais entre-temps, lorsque nous regardons les vidéos, des travaux ont commencé depuis bien longtemps. Ici, ne faisons pas de politique. Je ne vois pas non plus ce que Moïse Katumbi perdrait en reconnaissant qu’il aurait dû commencer par requérir des autorisations. Ce n’est pas compliqué. Parce que lorsque vous dites qu’il a écrit, est-ce qu’on informe l’autorité publique qu’on va commencer à construire ou est-ce qu’on requiert son autorisation? Je ne voudrais pas m’étendre là-dessus, mais je crois que vous et moi, comme citoyens, nous notons qu’il y a eu un problème à ce niveau.

L’idée n’est pas mauvaise. L’idée sociale n’est pas mauvaise. Encore que je ne veux pas entrer dans les considérations techniques par rapport au village en question, à la population, aux biens qu’on veut faire. Je ne veux pas m’étendre là-dessus. Mais je veux rester avec vous sur le principe qu’on ne peut pas penser construire un aérodrome, un aéroport, sans requérir l’autorisation des autorités établies. C’est aussi cela, le respect de l’état de droit. C’est aussi cela que la République, c’est aussi cela, je pense, la République pour laquelle Moïse Katumbi se bat. Une République où chacun est mis à sa place, où l’État est mis dans le rôle qui est le sien par tous les citoyens.

Mr le ministre, l’opposition a-t-elle sa place en RD-Congo sous le mandat de Félix Tshisekedi ?

Bien évidemment. Ici, ce qui est bien, c’est que vous, vous êtes témoin de la politique depuis bien longtemps. Quand on parle de l’opposition, combien d’opposants font une opposition de qualité ? Vous ne me donnerez peut-être qu’un seul exemple : l’honorable Adolphe Muzito, peut-être parce qu’il est sensible sur le sujet, qui a félicité le gouvernement. Parce que finalement, nous avons terminé, pour la première fois dans notre histoire, une revue avec le FMI, dans le cadre de la Facilité élargie des crédits. On a réussi six revues successives.

Mais est-ce que vous avez entendu un autre opposant, en dehors de lui, apprécier ? Parce qu’il faut dissocier. Vous ne pouvez pas aimer le président Tshisekedi, vous ne pouvez pas nous aimer. Mais il ne faudrait pas que votre haine contre ceux qui sont au pouvoir, qui ont des responsabilités pour le moment, dépasse votre amour pour la RD-Congo. Parce que ce qui va arriver, c’est quoi? Ceux qui hériteront de la RD-Congo, qui est présidé aujourd’hui par le président Tshisekedi, hériteront d’un pays qui a commencé à avancer. Et ce sera à leur avantage. Mais pourquoi aujourd’hui alors les opposants ne veulent-ils pas s’élever et jouer pleinement leur devoir républicain ? En portant la contradiction de qualité, en n’essayant pas de tirer sur les fibres de divisions, en ne s’en laissant pas tenter par le piège du recours aux armes.

À Sun City, nous tous, nous avons dit non aux armes. Heureusement que vous n’avez pas mentionné cette opposition qui pense aujourd’hui qu’il faut tuer des RD-Congolais, parcourir le pays de l’Est à l’Ouest avec les armes rwandaises, tuer des RD-Congolais pour penser pouvoir arriver aux responsabilités. Mais on a dit non à ça. Et donc, aujourd’hui, il faut que les opposants acceptent le rôle qui est le leur, qui est aussi celui de contribuer à faire avancer le pays par la contradiction dans les débats. Dites-nous que nous n’avons pas fait de bons choix lorsque nous voulons baisser les prix, que nous n’avons pas fait de bons choix lorsque nous faisons la gratuité, lorsqu’on veut faire la couverture santé universelle. Apportez vos idées, si elles sont meilleures, nous les prendrons.

Médias

Peut-on croire aujourd’hui à une renaissance de la presse après les États généraux de la communication, après la promulgation de la nouvelle loi dite « loi Muyaya », et aujourd’hui après l’élection d’un nouveau comité à l’UNPC ?

Il y a une chose que je dois mentionner, et c’est une chose qui m’a toujours impressionné depuis que je suis arrivé aux responsabilités à la tête du ministère de la Communication et des médias : c’est que nous partageons le même souci. En tout cas, avec le vrai professionnel des médias, parce qu’il y en a des faux. Et il y a de faux partout, ce n’est pas une exclusivité dans notre secteur. Nous avons, avec le président de la République, entamé la bonne marche. Nous avons tenu les états généraux, nous avons dressé la liste des choses qu’il fallait faire pour avoir un secteur de médias renouvelé, nous l’avons fait, c’était une œuvre collective, nous avons réussi, et il y avait deux recommandations principales.

La principale recommandation, c’était d’avoir une nouvelle loi. Nous avons une nouvelle loi qui vient remplacer celle vieille de 26 ans. Aujourd’hui, nous avons réussi, malgré le temps que ça a pris, avec les différentes associations de la corporation, à permettre à l’UNPC d’organiser son congrès. Maintenant, nous avons une nouvelle direction au sein de l’Union nationale de la presse du Congo, de nouveaux textes, et je présume aussi un nouvel esprit. Nous pensons qu’avec ce nouvel esprit, nous allons progressivement travailler pour redonner la carte à ceux qui seront véritablement des journalistes.

L’UNPC peut-elle devenir un ordre aujourd’hui ?

Je n’en suis pas membre. C’est une structure partenaire. Nous allons intervenir dans la limite de nos compétences. L’idée est d’avoir une organisation ou une structure des médias capable d’être responsable lorsqu’on délivre une carte de presse, mais qui pourra également apporter un grand soutien dans la gestion des cas de dérapage que l’on peut constater dans les médias, car il y en a beaucoup.

Propos recueillis par Jeanric UMANDE, Achille KADIMA et Jean-Paul KAYEMBE

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