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Après l’interview à Top Congo Fm, autant que la sienne, Bemba révèle la peur de Tshisekedi (Édito)

Il a attendu le dernier jour de la campagne électorale pour livrer publiquement ce qu’il considère comme des secrets d’Etat en rapport avec Moïse Katumbi qu’il accuse de connivence avec le Rwanda, mais surtout de tentative de falsifier les résultats électoraux en sa faveur via recrutement d’une agence russe spécialisée dans cette pratique !

Pourquoi l’avoir fait seulement le 18 décembre 2023, date de clôture de la campagne électorale ? La peur, rien que la peur…

PREUVE DE LA FAILLITE DE L’ADMINISTRATION SÉCURITAIRE DES FARDC !

Il a cru ainsi asséner au candidat n°3 un coup de massue, mais il apprend à ses dépens, au regard des premières réactions dans les réseaux sociaux, que sa dernière sortie médiatique a un effet boomerang qui le discrédite personnellement et, en même temps, discrédite son mentor Félix Tshisekedi.

D’abord, il reconnaît disposer de l’administration de la sécurité militaire, ce en sa qualité de Vice-Premier ministre en charge de la Défense et des Anciens combattants.

Ce qui veut dire – juste un exemple – qu’il était au courant du projet et de la sortie, à Nairobi, du mouvement Alliance Fleuve Congo lancé le vendredi 15 décembre 2023 par Corneille Nangaa ! En vérité, il n’a rien su. Ou s’il le savait, il n’a rien dit à Félix Tshisekedi.

Or, bon nombre de groupes armés ayant rejoint cette alliance sont concernés par le Processus de Nairobi. Preuve de la faillite de l’administration sécuritaire des Fardc ! D’ailleurs, cette faillite est si évidente que depuis son entrée au gouvernement en 2022, Jean-Pierre Bemba ne peut brandir un seul succès de l’armée nationale sur les différents fronts à l’Est. Pourtant, il a été nommé à ce poste en raison de son ” expérience du terrain ” en tant qu’ancien chef rebelle ayant des entrées à Kampala et à Kigali.

MERCENARIAT PUR ET SIMPLE !

Pour l’histore, privé de possibilité de briguer un mandat présidentiel des suites de son incarcération à la CPI (certes, il en est sorti lavé de tout soupçon mais privé de dédommagements !), il avait appuyé, en compagnie de Moïse Katumbi, le candidat Martin Fayulu en 2018. Les images de l’appel commun à voter Fayulu existent.

Il a fallu attendre 2020 pour le voir se rapprocher de Félix Tshisekedi (moyennant une grosse enveloppe financière et la récupération de la villa de son père, comme l’affirment certaines sources?).
Il va finalement se passer un évènement étrange: son entrée au gouvernement où ses principales prérogatives sont exercées par la Maison militaire du Président de la République.

Qu’il ait été désigné coordonnateur de l’USN pour la zone linguistique lingala n’est pas le problème.
Mais qu’il soit devenu le pourfendeur n°1 de Moïse Katumbi à l’Ouest (ce qu’aucun de ses collègues coordonnateurs pour la zone linguistique swahili ne fait à l’Est) relève du mercenariat pur et simple, mercenariat à la base de son aventure centrafricaine en 2002 et de son incarcération à la CPI.

UN OBSTACLE SÉRIEUX SE DRESSE DEVANT LUI : MOÏSE KATUMBI

L’interview accordée à Top Congo Fm ce 18 décembre 2023 en est la démonstration. Jean-Pierre Bemba y consacre plus de temps à déverser sa hargne sur Moïse Katumbi qu’à présenter et à défendre le bilan de Félix Tshisekedi.

C’est la preuve d’une double peur.
Peur pour lui-même en ce qu’il ne sait pas ce qu’il deviendra en cas d’échec de son mentor. D’où le Plan B évoqué ci-dessous.

Peur surtout pour Félix Tshisekedi conscient non pas que des germes de divisions semés à l’intérieur du pays, mais aussi à l’extérieur, à commencer par le voisinage. Le refus de l’Angola et du Congo-Brazzaville de voler au secours de la Ceni avec la flotte aérienne en témoigne, de même que la crise créée au sein de l’Eac. Son radicalisme udepesien fait qu’aujourd’hui, il n’y a plus de processus de Luanda, plus de processus de Nairobi. Résultat : la RDC s’isole diplomatiquement. Et, demain, ce sera sécuritairement, et pluis économiquement.

A la différence peut-être de Félix Tshisekedi trop lent pour appréhender et circonscrire cette évidence, Jean-Pierre Bemba sait qu’il a tout à gagner de toute crise post-électorale qui déboucherait sur la balkanisation du pays. Au moins serait-il premier à l’Equateur que second à Kinshasa.
Malheureusement pour lui, un obstacle sérieux se dresse devant lui : Moïse Katumbi, rivé sur le schéma du Congo uni.

Pour le déstabiliser, il lui trouve des réseaux en…Russie, tout en sachant ce que cela représente dans le contexte géopolitique mondial actuel ! C’est-à-dire le discréditer auprès de l’administration américaine, mieux de l’Occident.
Il n’a visiblement pas conscience des effets suscités en Occident par le discours anti-impérialistes véhiculé par le thème “candidats de l’étranger”, entendez “candidats des Américains et des Européens”.

Des observateurs estiment qu’il s’agit là d’un discours contre-productif pour le camp Félix Tshisekedi, un appel au soulèvement lancé par un chef d’Etat en fonction, candidat à sa succession, à une population qui n’en a qu’une compréhension : traquer et détruire tout ce qui est occidental !
La peur, dit le sage, est mauvaise conseillère…

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