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La reddition des comptes 2016 recalée sur fond de crise entre le gouvernement et l’Assemblée nationale

«Le ministre des Finances ne pas personnellement visé. Il s’agit plutôt d’un problème de principe, d’une procédure…», fait savoir un élu MP qui s’est confié à AfricaNews sous couvert de l’anonymat
En dépit de sa bonne volonté de s’acquitter d’une obligation légale, celle de présenter devant la représentation nationale l’exécution de la loi des finances de l’exercice 2016, le ministre des Finances, Henry Yav Mulang, a été prié par les élus de revenir plus tard, le gouvernement en place étant réputé démissionnaire au regard de l’Accord politique signé le 18 octobre 2016 à la Cité de l’Union Africaine. Un argument politique, assène le vice-président de la Commission Ecofin, Samuel Simene wa Simene, estimant pour sa part que le ministre était bel et bien dans le droit de défendre la reddition des comptes dans la mesure où, le gouvernement qui a exécuté le budget 2016 est encore en place et continue à gérer et à engager la nation. Dans ce cas, estime le vice-président de la Commission Ecofin, refuser à Yav de présenter la reddition des comptes est plus un acte politique que de procédure comme le prétendent certains élus.
Entre l’Exécutif et le Législatif, la crise couve. Pour raison: après les rejets coup sûr coup des textes des lois des ministres de l’EPSP et de la Fonction publique, ce mercredi, le ministre des Finances s’est vu à son tour prié de revenir très prochainement présenter la reddition des comptes 2016. La raison avancée par la plénière fait débat. Même la Commission Ecofin est largement divisée là dessus. Si son président, Jean-Luc Mutokambali, trouve la décision de la plénière justifiée, son vice président, Samuel Simene wa Simene, lui, y voit par contre une main noire. «Ce n’est pas interdit que l’actuel ministre des Finances, qui s’est bien distingué, se succède à lui-même dans le prochain gouvernement…Il garde entières toutes ses chances de revenir présenter la reddition des comptes», souffle un élu proche de l’Opposition.
Dans les couloirs du Palais du peuple, ça a fort murmuré. Certains élus trouvent injuste le fait qu’on ait empêché au ministre des Finances de s’acquitter d’une obligation légale. «Il est vrai qu’il y a une tension palpable entre le speaker de la chambre basse et le patron de l’exécutif. Cela ne devrait être une raison suffisante pour faire payer le pot cassé aux membres du gouvernement qui n’ont rien à voir avec cette situation regrettable», dénonce un élu de l’UDPS.
Dans ce conditions, pas possible au gouvernement de présenter loi portant Finances publiques 2017, pourtant déjà déposée à l’Assemblée nationale par le Premier ministre Matata. La situation est inédite, une première depuis l’avènement de la troisième République.
HMK 
 

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