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RDC: trois documents stratégiques validés pour transformer l’économie informelle

Près de 80% de l’économie RD-congolaise relève du secteur informel. Un poids considérable qui représente à la fois un défi pour les pouvoirs publics et un potentiel de dxéveloppement encore largement inexploité. Pour inverser la tendance, le ministère de l’Économie nationale a franchi une étape importante en validant, jeudi 8 octobre 2026, trois documents stratégiques destinés à encadrer la formalisation des activités économiques. Au-delà de la simple immatriculation des entreprises, l’enjeu est de bâtir un environnement favorable à l’entrepreneuriat, à la création d’emplois décents et à la croissance économique.

La RD-Congo entend donner un nouvel élan à la formalisation de son économie informelle. Sous le haut patronage du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et sous la coordination de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, le ministère de l’Économie nationale a organisé, jeudi 8 octobre, un atelier technique consacré à la finalisation et à la validation des documents stratégiques encadrant ce processus. Les travaux se sont déroulés au Centre Saint-Pierre Claver, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. Ils ont réuni le secrétaire général à l’Économie nationale, représentant le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, empêché, ainsi que des représentants des ministères sectoriels, des administrations publiques, des organisations professionnelles, du secteur privé, de la Société civile et des partenaires techniques et financiers. Des experts ayant contribué à l’élaboration des documents ont également pris part aux échanges. À l’ouverture de l’atelier, les différents intervenants ont réaffirmé leur engagement en faveur de la transformation progressive des activités informelles en activités formelles.

Pour les autorités RD-congolaises et leurs partenaires, cette démarche constitue un levier important pour améliorer l’environnement des affaires, renforcer la productivité et favoriser la création d’emplois décents. Prenant la parole au nom de l’Organisation internationale du travail -OIT-, Gomez a remercié les autorités RD-congolaises pour leur confiance et réaffirmé la disponibilité de son organisation à accompagner le processus. L’OIT entend notamment mettre son expertise à contribution afin que les instruments élaborés puissent favoriser la création de millions d’emplois décents. De son côté, la représentante de la Primature, Chantal Mwarabu, a présenté l’organigramme de coordination du processus de formalisation. Elle a particulièrement insisté sur le statut de l’entreprenant, prévu par le cadre juridique de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires -OHADA.

Cet instrument est appelé à faciliter l’intégration progressive des acteurs économiques informels dans le secteur formel. Le Programme des Nations unies pour le développement -PNUD-, représenté par Oasis Kobila Tedika, a également renouvelé son engagement aux côtés du ministère de l’Économie nationale. Après avoir rappelé son appui à la réalisation d’un diagnostic approfondi du secteur informel, il a assuré que son organisation entendait poursuivre son accompagnement au-delà de la validation des documents, notamment lors de leur mise en œuvre.

Au-delà des documents, des résultats attendus

Présidant les travaux au nom du vice-Premier ministre, le secrétaire général à l’Économie nationale a rappelé l’importance stratégique de cette réforme pour le développement du pays. Avec près de 80% de l’économie RD-congolaise relevant du secteur informel, la formalisation apparaît comme un chantier majeur pour élargir la base économique, améliorer les conditions d’exercice des activités et stimuler la croissance.

Pour le ministère, il ne s’agit donc pas de réduire cette démarche à une simple immatriculation des unités économiques. L’ambition est de mettre en place un cadre cohérent permettant aux opérateurs économiques de s’intégrer durablement dans le secteur formel, d’accroître leur productivité et de contribuer davantage au développement national. Au nom du vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko, son représentant a présenté les trois instruments stratégiques soumis à l’examen des participants. L’objectif affiché est de faire de la formalisation un levier majeur de croissance économique et de création d’emplois en RD-Congo. «Notre ambition n’est pas de produire des documents, mais de produire des résultats pour des entreprises productives. La réussite de cette formalisation passe par une bonne collaboration entre l’État et les opérateurs économiques», a souligné le secrétaire général à l’Économie nationale.

Ces propos traduisent la volonté de passer des orientations stratégiques aux actions concrètes. La réussite du processus dépendra notamment de la capacité des pouvoirs publics à instaurer un environnement propice aux activités économiques, tout en encourageant les opérateurs informels à rejoindre progressivement le secteur formel. Au cours de la phase technique, Henry Kamvunze, l’un des experts ayant contribué à l’élaboration du diagnostic, de la politique et des stratégies nationales de formalisation de l’économie informelle, a présenté les principaux axes des trois documents. Les participants ont ensuite formulé leurs observations et propositions en vue de consolider les textes.

À l’issue des échanges, les trois documents ont été validés à l’unanimité, sous réserve de l’intégration des amendements convenus. Un procès-verbal de validation a été signé pour consacrer cette étape du processus. Pour Jocelyn Nappa, conseiller chargé de la formalisation auprès du vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, cette validation marque une avancée importante. Il a estimé qu’elle ouvrait désormais la voie à la mise en œuvre de la politique nationale de formalisation de l’économie informelle. Reste à traduire les engagements en résultats tangibles. La mise en œuvre effective des instruments validés constituera le véritable test de cette démarche, dont les enjeux dépassent la seule régularisation des activités économiques. Il s’agit de favoriser l’emploi décent, de renforcer la productivité et de faire de la formalisation un moteur durable de prospérité partagée.

Christian Butsila

Directeur de publication d'AfricaNews RDC et journaliste passionné par la culture, les questions de société et la gouvernance, Christian Butsila est convaincu que l'information est un levier essentiel de la citoyenneté. Depuis plus de 20 ans, il œuvre pour un journalisme exigeant, fondé sur l'exactitude des faits, l'éthique et l'intérêt public. À travers ses analyses et ses écrits, il met en lumière les dynamiques culturelles congolaises et africaines, tout en portant un regard attentif sur les grands enjeux de la vie publique en République démocratique du Congo. Il défend une information crédible, rigoureuse et accessible, fidèle à la ligne éditoriale d'AfricaNews RDC.

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