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Orange: le scandale des écoutes des abonnés

Le DG d'Orange RD-Congo, Jean-Léon Bonnechère
Le DG d’Orange RD-Congo, Jean-Léon Bonnechère
Des chefs d’Etats africains, des dirigeants des gouvernements et autres hautes personnalités du continent et d’ailleurs sont en continue placés sous écoute par l’opérateur français de référence 
Des révélations qui jettent un discrédit sur l’une des puissantes entreprises de télécommunications au monde. Selon le quotidien «Le Monde», relayé par plusieurs autres revues, magazines, agences de presse et sites d’informations spécialisés en TIC, l’opérateur français de référence pratique de l’espionnage à outrance. Pas seulement en France! Mais dans tous les pays où il est présent, notamment la RD-Congo.
Une fois de plus, ces révélations ont été faites par d’Edouard Snowden, ancien technicien de la NSA et aujourd’hui exilé en Russie. Comme pour dire, il n’y a pas que les américains qui ont espionné les dirigeants du monde entier en les plaçant sous écoute. Les Français et Britanniques recourent aussi aux mêmes méthodes mais en utilisant Orange, l’opérateur français qui passe parmi les géants du monde aujourd’hui en matière des télécommunications.
Les abonnés Orange sont avisés! Peu importe le pays où ils se trouvent, ils sont espionnés en temps réel par les services secrets français et britanniques. Les dirigeants africains sont désormais avisés. Les cartes sims Orange qu’ils utilisent dans leurs smartphones pour accéder non seulement au réseau de téléphonie mais aussi à d’autres services à valeur ajoutée comme facebook, twitter, youtube… ne sont pas à l’abri de curieux. Leurs contenus des sms, les appels et autres sont décryptés en temps réel par les services d’intelligence français et belges.
Pour quelle raison? On peut bien en déduire la menace de sécurité et d’atteinte à la vie privée qui peut en découler. Les infos publiées par «Le Monde» indiquent que toutes les filiales du groupe français des télécommunications sont participent à ce jeu sournois. «Le document du GCHQ -ndlr: les services secrets britanniques-, extraite des archives de la NSA par son ex-consultant Edward Snowden, révèle que la DGSE -NDLR: les services secrets français-, à l’insu de tout contrôle, dispose d’un accès libre et total au réseau d’Orange et aux flux de données qui y transitent. Les renseignements obtenus sont mises à la disposition de l’ensemble des agences de renseignement françaises, par la DGSE, au titre de la mutualisation du renseignement technique.
Ces données sont également partagées avec des alliés étrangers comme le GCHQ», renchérit, pour sa part, le confrère de l’agence Ecofin. Et d’ajouter: «La DGSE s’appuie aussi sur la direction internationale d’Orange qui gère les filiales de l’entreprise à l’étranger. «Le Monde» révèle qu’à travers ses filiales, «Orange joue alors un rôle stratégique dans certains cas, comme l’accompagnement des opérations militaires françaises au Mali et en Centrafrique». Des milliers d’utilisateurs de ce réseau sont ainsi écoutés et suivis en temps réel par les services secrets français et britanniques. Les Chefs d’Etats et des gouvernements, responsables politiques et militaires…tous, abonnés Orange, sont placés sous écoute.
«La Direction générale de la sécurité extérieure collecte systématiquement les signaux électromagnétiques émis par les ordinateurs ou les téléphones en France, tout comme les flux entre les Français et l’étranger…l’ensemble des mails, des SMS, des relevés d’appels téléphoniques, des accès à Facebook, Twitter, sont ensuite stockés pendant des années», écrit le journal «Le Monde» avant de préciser: «que les sept autres services de renseignement, dont la DCRI, les douanes ou Tracfin y ont accès en toute discrétion, en marge de la légalité et hors de tout contrôle sérieux».
Français et Africains sont sous le choc après la diffusion de cette enquête. Sur la toile, le débat fait rage. La communauté internaute reste partagée entre colère et étonnement. «Nous payons Orange -abonnements, téléphones…- pour être espionné. Ça c’est fort!», s’exclame Patrice Towa, réagissant à l’article de l’agence Ecofin. Plus loin, Ginette Hess Skandrani, étudiante en Tunisie, tente de conscientiser: «Vous vous imaginez qu’en allant dans les différents réseaux qui n’ont de sociaux que le nom, en naviguant sur internet, vous pourrez passer entre les mailles du filet des services escrocs? Nous sommes contrôlés, fliqués et surveillés de partout.
Si les réseaux -entreprises des télécommunications- étaient indépendants du pouvoir, il y a longtemps qu’ils n’existeraient plus». Les plus avisés en Afrique ont déjà trouvés un moyen d’échapper aux écoutes d’Orange. Des solutions sont disponibles mais payantes, à en croire ceux qui s’en vantent. Les autres n’hésitent pas du tout à manifester leur désaccord en quittant tout simplement le réseau incriminé. Ce qui est sûr, de plus en plus les gens vont se méfier de l’opérateur français qui ne respecte plus ou qui n’a jamais d’ailleurs respecté sa charte de confidentialité des données des abonnées.
HMK

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