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Une femme docteur formée à l’Ifasic, Madeleine Mbongo Mpasi propose le modèle prospectif

Madeleine Mbongo Pasi
Madeleine Mbongo Mpasi a décidé de porter sa pierre à la construction scientifique et surtout à proposer un modèle prospectif aux médias RD-congolais aux côtés du modèle constatif. «La thèse que j’ai entreprise, depuis 5 ans, traite de l’écriture journalistique. Elle entend réévaluer les modèles existants jusqu’à présent et, surtout, elle veut proposer un nouveaux modèle, donc un modèle alternatif», s’est-elle défendue devant le jury le samedi 28 novembre 2015 dans l’une des salles de l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication -IFASIC-, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, la capitale RD-congolaise. Selon elle, le modèle constatif, connu sous la métaphore journalistique de pyramide inversée, privilégie les 4 premières questions de référence notamment quoi, qui, quand et où et néglige les deux autres dont pourquoi.
 
«En fait, le modèle constatif fonctionne en désobéissant à la philosophie de celui-là même qui a inventé les questions de référence, le rhéteur grec Hermagoras De Temnos. Car, pour ce dernier, la question «pourquoi» est la seule qui soit vraiment transversale. Elle permet de s’associer à toutes les 5 autres et ainsi d’aller au fond des choses: pourquoi quoi, pourquoi qui, pourquoi quand, pourquoi où et pourquoi comment», a-t-elle évoqué.
Au finish, Mbongo Mpasi a démontré que le modèle constatif est manifestement lacunaire. «C’est donc cette lacune qui m’a poussée à envisager l’existence d’un modèle alternatif au modèle constatif d’écriture journalistique. Je me suis imaginée précisément un modèle devant prendre en charge la question pourquoi?», a-t-elle indiqué en baptisant son modèle alternatif: «Modèle prospectif». C’est le référentiel «Pourquoi qui quoi?» qu’elle a résumé par ses initiales «P-Q-Q». Cette originalité lui a valu de la part du jury la mention «Plus grande distinction».
 
Après Mmes Kabange et Espérance Bayedila devenues femmes professeurs issues de l’IFASIC, c’est le tour de Madeleine Mbongo Mpasi de les emboîter les pas. Elle vient d’être proclamée Docteur en Sciences et techniques de l’information -STI- à l’issue d’une dissertation doctorale qu’elle a défendue le samedi 28 novembre 2015 pour laquelle elle a obtenue la mention Plus grande distinction. Et ce, devant le jury composé de Jean-Lucien Kitima en qualité du président, du professeur émérite Okomba Wetshisambi, de professeurs Ndumba Y’Ole Ifefo, Matumweni Makwala, Mukeni Lapess comme membres ainsi que du professeur Mwepu Mulombwe comme membre suppléant. Tout ce jury est composé des professeurs de l’IFASIC, excepté le Pr. Ndumba, issu de l’Université catholique du Congo -UCC.
Le tout s’est déroulé, en vertu des dispositions pertinentes du règlement académique n°16, chapitre VII fixant disposition spéciale pour les épreuves du doctorat et d’agrégation dans l’Enseignement supérieur ainsi qu’en son article 134. Ce jour mémorable, la salle de G2 de l’IFASIC était pleine à craquer. L’assistance se recrute parmi les étudiants de l’IFASIC, le corps académique et scientifique de l’IFASIC, les président et vice-président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication -CSAC-, les journalistes, les membres de la famille du récipiendaire ainsi des amis et connaissance. Le rituel est respecté, le président de la séance, le secrétaire général de l’IFASIC, introduit la cérémonie en donnant la parole au président du jury.
Ce dernier accorde directement la parole à la candidate pour présenter l’économie de sa thèse. A cet effet, Madeleine Mbongo Mpasi prend la parole pendant une heure du temps. Elle affiche une aisance inouïe et décortique l’essentiel de son travail. «La thèse que j’ai entreprise, depuis 5 ans, traite de l’écriture journalistique. Elle entend réévaluer les modèles existants jusqu’à présent et, surtout, elle veut proposer un nouveaux modèle, donc un modèle alternatif», a-t-elle expliqué avant d’ajouter que le modèle constatif, connu sous la métaphore journalistique de pyramide inversée, privilégie les 4 premières questions de référence notamment quoi, qui, quand et où et néglige les deux autres dont pourquoi.
«En fait, le modèle constatif fonctionne en désobéissant à la philosophie de celui-là même qui a inventé les questions de référence, le rhéteur grec Hermagoras De Temnos. Car, pour ce dernier, la question «pourquoi» est la seule qui soit vraiment transversale. Elle permet de s’associer à toutes les 5 autres et ainsi d’aller au fond des choses: pourquoi quoi, pourquoi qui, pourquoi quand, pourquoi où et pourquoi comment», a-t-elle évoqué. Mbongo Mpasi a démontré que le modèle constatif est manifestement lacunaire. «C’est donc cette lacune qui m’a poussée à envisager l’existence d’un modèle alternatif au modèle constatif d’écriture journalistique. Je me suis imaginée précisément un modèle devant prendre en charge la question ‘pourquoi?’», a-t-elle indiqué, baptisant son modèle alternatif: Modèle prospectif.
Motif: elle affirme que non seulement la question pourquoi? amène le lecteur à découvrir les causes d’un événement, mais la connaissance des causes d’un événement passé prépare aussi le lecteur à positionner son comportement par rapport aux être événements du même genre qui pourront survenir dans l’avenir. L’essentiel de cette thèse a consisté à examiner et à vérifier si ce nouveau modèle prospectif existe effectivement dans la réalité.
D’où la question spécifique et heuristique suivante: Quels peuvent être les termes -questions- de référence du modèle prospectif? Comment ces questions sont-elles hiérarchisées? Comment ces questions s’articulent-elles entre elles? Pour répondre à cette question, comme elle a inscrit sa recherche dans un champ interdisciplinaire, dont les 2 piliers sont la narratologie et la sémiotique, Mbongo Mpasi a donc formulé son hypothèse selon les concepts de ce champ narrato-sémiotique. En termes clairs, son hypothèse visait à examiner comment un article de presse, rédigé selon le modèle prospectif, parvient à transmettre à l’acteur politique les catégories des valeurs de compétence -savoir-faire et pouvoir-faire-, en vue d’engager le héros du récit dans une épreuve de performance -celle du vouloir-faire et du devoir-faire.
 
«Plus grande distinction»
Pour vérifier cette hypothèse, le récipiendaire a choisi d’observer un fait empirique précis: l’élection présidentielle de novembre 2011. Il s’est agi ici d’analyser les articles de la presse RD-congolaise et de vérifier comment ces articles avaient décrit les personnes qui deviendront, une année plus tard, des vedettes nationales, parce que candidat président de la République. «J’ai voulu vérifier si la presse RD-congolaise avait une capacité prospective. Pour ce faire, j’ai pris l’option d’examiner les numéros des quotidiens de Kinshasa, publiés entre septembre et octobre 2010», a-t-il indiqué devant le jury.
En conclusion, Mbongo Mpasi a démontré que le pouvoir des médias ne provient pas des réponses que le rédacteur donne aux questions: quoi, qui, quand et où? Car ces 4 premières questions indiquent seulement les attributs de l’événement. Elles ne donnent pas au lecteur la raison logique de chacun de ces 4 éléments. Selon elle, il n’y a que la question pourquoi? qui explique la survenue de chacune des réponses aux cinq premières questions de référence.
A partir de ces rapports qui montrent la richesse de la question transversale pourquoi? La thèse de Mbongo Mpasi a proposé un nouveau référentiel, celui qui va alors correspondre au modèle prospectif. C’est le référentiel Pourquoi qui quoi? qu’elle a résumé par ses initiales P-Q-Q. C’est ainsi que les membres du jury, constatant l’originalité de cette recherche, l’ont qualifiée d’excellente en lui attribuant la mention d’excellence Plus grande distinction. Pour Alexis Mbikayi, Doyen de la Faculté des Sciences de l’information, avec cette nouvelle défense, l’IFASIC est à 15ème thèse doctorale. «Nous avons reçu mandat de préparer la relève comme certains professeurs vieillissent et les autres s’en vont. C’est ce que nous faisons. Les voies de Dieu sont insondables, aujourd’hui Mbongo Mpasi est parmi les savants. Nous attendons les autres assistants et chefs des travaux ici pour tester leurs connaissances. Mbongo sera nommée professeur associé. Pour le moment elle est tout simplement docteur en STI», a-t-il souligné. Cette thèse a été fêtée. Madeleine Mbongo Mpasi est née en 1976 dans le secteur de Kasangidi, territoire de Dibaya, dans la province du Kasaï-Central, ex-Kasaï-Occidental.

Octave MUKENDI

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