Culture

Statut, situation…traitement des artistes dérangent : Jean Shaka Tshipamba monte au créneau

Jean Shaka
Très mécontent du mauvais traitement que sont victimes la plupart d’artistes RD-congolais, peu importe les disciplines, le comédien, metteur en scène RD-congolais et en même temps directeur de l’Espace culturel Mutombo Buitshi -ex-Moto na moto abongisa-, Jean Shaka Tshipamba délie sa langue. Il n’hésite pas à condamner fermement cette attitude qui, selon lui, n’honore pas les artistes RD-congolais. C’est l’une des raisons qui le motive, ensemble avec ses quelques collègues, de mettre sur pied un syndicat des artistes pour mieux défendre leurs droits et leurs intérêts qui sont loin de la réalité.  
 
Après une quarantaine d’années de carrière artistique, Jean Shaka ne digère pas certaines situations qui prévalent actuellement dans le paysage culturel et artistique en RD-Congo. Toutes ces réalités le préoccupent au plus haut niveau. D’où, il serait souhaitable de mettre sur pied une structure visant l’amélioration des conditions de travail et de vie des artistes. Un nouveau syndicat des artistes verra le jour d’ici peu, a laissé entendre ce comédien influent à la faveur d’un entretien avec la presse. Expliquant clairement les motivations de la création de ce syndicat, Jean Shaka Tshipamba indique que ce, après avoir remarqué que les conditions de vie des artistes se détériorent davantage.
Pour lui, actuellement les artistes sont marginalisés, maltraités et ne sont pas considérés par certaines personnes, en commençant par les autorités du pays, ainsi que par ceux qui devaient les accompagner entre autres les différents expatriés qui recourent au service des artistes. «Trop, c’est trop!», cogne Jean Shaka Tshipamba. De poursuivre: «Moi, j’ai fait des publicités, des spectacles où j’ai été mieux payé. Cela m’a permis, à l’époque, de m’organiser. Je me suis marié grâce au théâtre et il m’arrivait parfois de changer les meubles de ma maison grâce à ce même métier. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui».
Ce n’est pas tout. Il tire la sonnette d’alarme, ajoutant que si l’on ne fait pas très attention, les artistes RD-congolais ne pourront plus recevoir les financements dépassant USD 10 000. Parce que, estime-t-il, aujourd’hui, tout le monde considère l’artiste comme étant la personne que l’on ne peu que donner des miettes. Un comportement déplorable, si l’on sait clairement que le théâtre, particulièrement, est un métier noble et qui pourra nourrir son homme si les conditions sont réunies. C’est pourquoi Jean Shaka Tshipamba prend le devant pour défendre surtout la cause des jeunes artistes qui jusque-là ne comprennent rien de l’art dans lequel ils s’engagent.
«Si vous regardez bien aujourd’hui, la production cinématographique venue de l’extérieur foisonnent en RD-Congo, parce qu’ils ont compris que les RD-Congolais coûtent moins chers et ils ne sont pas défendus en commençant par l’Etat d’abord qui est l’un des fossoyeurs des artistes de son pays avant que ces expatriés fassent la même chose», souligne-t-il.
Toutefois, le patron de l’Ecurie Maloba reste confiant que sa démarche aboutira avec l’accompagnement de ses compères. Sans se vanter, il est optimiste. «Nous allons réussir à faire quelque chose si et seulement si les gens leur accordent la confiance. Je vous assure que la loi est là. S’il faut la faire appliquer pour que les artistes soient bien traités, bien considérés, nous y irons. Je sais qu’il y a beaucoup de personnes qui estiment que nous n’allons pas arriver jusqu’au bout, mais ils se trompent. Car je suis prêt à aller même en prison pour faire voir à la face du monde que les artistes RD-congolais ne sont pas des sous hommes. S’il faut aller encore plus loin, nous allons pousser l’Assemblée nationale à voter une loi sur les artistes», avertit Jean Shaka.
 
Aucun respect pour les artistes
 
Selon le n°1 de l’Espace Mutombo Buitshi, il n’y a pas que des RD-Congolais qui ne respectent pas les artistes. Il y a aussi dans ce lot, les expatriés qui imposent des scripts aux artistes dans le but de coller une mauvaise image au pays. Voilà une autre raison l’ayant poussé à contacter d’autres artistes pour créer le syndicat. «Ce n’est pas normal qu’un Blanc vienne monter des films dérisoires dans notre pays. L’Etat RD-congolais doit revoir tout ça, surtout avant d’accorder ses autorisations pour les tournages des films dans ce pays. Il ne faut pas mettre les sentiments ni l’argent au centre. Il faut un contrôle strict. Si un RD-Congolais, muni d’un sac, passe aujourd’hui à la Place Victoire, il verra les agents du service des renseignements se présenter devant lui ou soit les ‘Bureaux 2’.
Ce qui n’est pas le cas pour les expatriés qui viennent marginaliser les artistes», avance Jean Shaka Tshipamba. Et de renchérir: «il est alors temps que nous disions non à cette discrimination qui constitue un manque de considération. C’est de cette manière que la situation des artistes RD-congolais pourra, tant soit peu, changer. Aujourd’hui tout le monde crie que les artistes RD-congolais meurent pauvres simplement parce qu’ils ne sont pas bien rémunérés après avoir travaillé». Le comédien condamne également le comportement des services de sécurité qui finissent toujours par se pointer devant eux lors des tournages dans les espaces publics. Alors que les Blancs ne rencontrent pas les mêmes difficultés. «Nous ne sommes plus dans la période coloniale…», prévient-il avant d’inviter d’autres artistes à se joindre à lui afin de mener une lutte commune.
 
Patrick NZAZI
 

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