Culture

Olivier Tshimanga, son come-back avec une autre énergie

Loin des notes de sa guitare -son instrument de prédilection-, des scènes et des studios d’enregistrement pendant plusieurs mois, le musicien, auteur-compositeur-interprète RD-congolais Olivier Tshimanga peut désormais retrouver son art, qu’il exerce avec tant de passion et d’engagement. Il a tenu bon, laissant derrière lui les souvenirs de sa maladie, de son hospitalisation et de sa longue période de convalescence, où le respect des avis et recommandations des médecins était de rigueur. Tshimanga revient avec plus de détermination et plein d’espoir.

À la grande surprise de nombreux mélomanes et de ses proches, Olivier Tshimanga a signé son retour à la faveur de l’émission «La Grande librairie», diffusée sur France 5 il y a quelques semaines, en compagnie de l’écrivain Alain Mabanckou, invité à décortiquer les grandes lignes de son roman intitulé «Ramsès de Paris», publié aux éditions du Seuil. Entre la peur et l’hésitation, alors qu’il était encore dans les couloirs de la télévision publique française -car une première depuis son rétablissement-, Tshimangologie a bravé tout cela en exécutant ses premières notes de guitare, rythmées d’une mélancolie associée à la lecture ponctuée d’Alain Mabanckou. Celui-ci a offert aux téléspectateurs un extrait de sa nouvelle publication.

«Alors que j’étais encore sur le lit de l’hôpital pour un dernier rendez-vous, auquel les médecins, essentiellement mon cardiologue, avaient décidé que je pouvais reprendre progressivement mes activités professionnelles, c’est à ce même moment que j’ai reçu un coup de fil de la production de l’émission La Grande librairie pour une prestation accompagnant un des invités lors de sa lecture. Je ne savais pas que c’était le grand Alain Mabanckou. Lui non plus… C’était une surprise, car nous nous sommes retrouvés qu’à l’antenne», nous explique Olivier Tshimanga, qui ajoute que «c’était un grand signe d’être contacté par France 5 aussitôt que les médecins donnaient leurs avis. C’est donc la renaissance de Tshimangologie», dit-il.

Signalons qu’il ne s’agit pas d’une première rencontre entre Olivier Tshimanga et Alain Mabanckou. Les deux ont déjà collaboré, notamment à travers les projets «Black Bazar 1 et 2», initiés et portés par l’écrivain franco-congolais. D’autres projets, qui feront encore vibrer l’Afrique, seraient alors en perspective, apprend-on.

Karma, bientôt dans les bacs

Bien avant son hospitalisation, le musicien RD-congolais Olivier Tshimanga était en pleine réalisation de son prochain album intitulé «Karma», qui connaît la participation du chanteur guinéen Sékouba Bambino. Produit par son label OtshiProd, cet opus sera disponible, sauf changement, en novembre de l’année en cours, annonce le virtuose de la guitare. Tout est fin prêt ou presque, en attendant quelques ajouts, précise-t-il.

Dans le but d’apporter différentes couleurs et sonorités africaines à travers cet album d’environ 14 titres, Tshimangologie a également associé plusieurs talents du continent. Chaque public trouvera, sans nul doute, son compte en découvrant cette balade musicale entre la rumba et diverses mélodies d’ailleurs. Seul regret d’Olivier: l’absence de la voix de son mentor Papa Wemba, décédé le 24 avril 2016 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, et pour lequel ce projet était destiné.

«Karma est un album que j’avais écrit pour chanter avec Papa Wemba, révèle Olivier Tshimanga. C’est-à-dire un featuring uniquement avec le chef coutumier du village Molokaï, qui représente tout pour moi. Il me manque énormément. J’ai du mal à réaliser que Papa Wemba n’est plus de ce monde. J’imagine comme s’il était en tournée quelque part et qu’il allait nous revenir. Je ne cesse de le pleurer». À chaque fois qu’il exerce son métier, Tshimangologie garde toujours à l’esprit cette phrase de Papa Wemba, qui sortait très souvent pendant leurs échanges: «Olivier, tu es capable de faire une carrière plus grande que la nôtre. Reste toujours discipliné et tu verras la suite».

Ceci est alors à la fois une interpellation et une motivation chaque fois que le désespoir envahit l’esprit d’Olivier Tshimanga, comme c’était le cas durant la pire épreuve qu’il a traversée. «Sincèrement, souligne-t-il, j’avais perdu l’espoir durant ma longue période d’hospitalisation, voire même avant. Dieu ne m’a pas abandonné. Il a toujours été à mes côtés. Vous savez, je recevais des propositions de collaboration, des tournées pour les prochains mois, alors que mon état de santé était loin d’être stable. En effet, j’avais compris que ces personnes me transmettaient des ondes positives. Les visites ou l’assistance, par exemple, du vieux Lokwa Kanza, de Fally Ipupa… Charlotte Dipanda, Kamoni Bass, Gaz Mawete, ma famille et mes proches m’ont beaucoup réconforté. J’ai réalisé que j’avais encore une belle carrière devant moi, avec l’aide de Dieu».

Fally au Stade de France, une fierté selon Tshimanga

Revenant sur l’actualité musicale, notamment la production de Fally Ipupa annoncée le 2 mai 2026 au Stade de France, Olivier Tshimanga n’a pas hésité à saluer cette démarche qui, précise-t-il, n’est pas de la magie. C’est le fruit d’un travail acharné. «Je trouve que Fally Ipupa mérite cette production au Stade de France. Il a été déterminé tout au long de sa carrière, de Bandal au Stade de France. Il mérite donc nos encouragements et nos félicitations. C’est notre fierté. Son parcours devrait inspirer la jeune génération. Fally a démontré que le travail, la détermination, le courage et la discipline construisent une carrière et peuvent t’amener où tu veux», lance Olivier Tshimanga, qui a aussi collaboré avec Fally sur divers projets, entre autres la co-composition du titre «Sexy Dance», contenu dans l’album Arsenal de belles mélodies.

Par ailleurs, loin de rester insensible aux souffrances de différentes populations victimes de guerres et d’atrocités à travers le monde, Olivier Tshimanga, à travers Karma, invite chacun à plus d’amour. «Nous sommes fatigués d’entendre les détonations des bombes ici et là. Ce sont des êtres humains, nos frères et sœurs, qui en souffrent. Le monde a besoin de paix, de fraternité et de vivre ensemble. À mes compatriotes de la partie Est de la RD-Congo, qui traversent des moments difficiles, je leur transmets mes encouragements. Demain sera encore meilleur», conclut-il.

Patrick NZAZI

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