
Un jeune étudiant et artiste répondant au nom de Simplice Kongol Ngoy, connu sous le nom de «L’enfant noir», a été abattu dans la nuit du samedi 17 mai dernier par des hommes armés. Le drame s’est produit à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, a-t-on appris de témoins. L’artiste slameur lushois a été tué sur la route du jardin zoologique de Lubumbashi, alors qu’il rentrait paisiblement chez lui après une prestation de slam au Café littéraire participatif, tenu au centre d’art et de recherche Picha.
Connu pour son calme, L’enfant noir n’a cultivé que la joie et l’amour partout où il passait. Par son art et sa philosophie, il a su valoriser les langues locales, les cultures africaines et RD-congolaises. Unique dans son art, il a promu le Kanyok, sa langue natale, dans le slam lushois jusqu’à lui trouver une place incontournable dans ses textes, faisant de son slam une particularité que nul ne peut réfuter. Selon des sources sur place, ce jeune étudiant, artiste slameur et designer a été pris à partie par des hommes armés en tenue militaire. Battu, traîné au sol, abattu froidement puis jeté dans un caniveau logeant la clôture du jardin zoologique.
Les autorités du pays interpellées
Les amis du défunt ont dénoncé fermement l’inaction des autorités face à l’insécurité. Ils ont également appelé les autorités à prendre des mesures urgentes pour protéger la population. «Il faut rappeler que les tueries de civils par des hommes armés en tenue militaire sont fréquentes et notre justice doit faire quelque chose. Ces militaires ne doivent pas s’en sortir sains dans un pays de droits. Pour un sac et un téléphone, ils ouvrent le feu sur un civil désarmé qui n’a ni troublé l’ordre public ni été suspect? Mais c’est quel pays, ça? Les militaires sont censés protéger les civils ou tirer sur eux! En plus, un simple étudiant inoffensif qui n’a rien fait de mal, comme s’il rentrait chez soi à pieds, était un crime. Devrions-nous marcher dans les airs pour que les balles nous épargnent de la vie dans un pays de droits qui est nôtre?», ont-ils soulevé un tollé.
À les en croire, sa mort par balles est un crime dans un pays qui dit prôner les droits de ses citoyens, protéger sa population et mérite que justice soit faite pour son image. Pour les philomathes, Simplice Kongol Ngoy, reconnu sous le nom de L’enfant noir, était étudiant à l’Université Don Bosco, en Licence 4 à la faculté des Sciences et informatiques, département de Design et multimédias, artiste slameur et cofondateur du collectif Pouvoir slam de Lubumbashi, designer, chargé de logistique de la structure Bookin et acteur culturel lushois actif, vidéaste du podcast Culte Nouart, promoteur et fervent défenseur des cultures africaines et RD-congolaises, amateur de cinéma et de photographie, passionné de littérature, des arts et membre du collectif Kiosque littéraire.
Hénoc AKANO
