
Le film «Sikukufa, survivant», retraçant trois décennies d’atrocités dans l’Est de la RD-Congo, a été projeté, dimanche 11 janvier 2026, au Grand Tambour à Kinshasa. Réalisé par trois étudiants de l’Académie des beaux-arts, il met en lumière la résilience des populations et la révolte féminine face à l’oppression. «Nous n’étions peut-être pas nés, ni grands dans la guerre, mais tous les jours, des gens naissent et meurent sans connaître la paix et la tranquillité que nous avons aujourd’hui. Nous avons choisi de nous souvenir d’eux et de parler de ce qu’ils ne peuvent pas dire parce qu’ils sont dans la guerre. Peut-être qu’au moment où nous rions, certains sont en train de mourir. Des enfants voient leurs parents mourir devant eux», a déclaré Émeraude Maliyamungu, réalisatrice du film.
Et de poursuivre: «chaque jour, des gens meurent. Vous, vous avez la voix qu’il faut, peut-être pas la force, mais vous avez la voix. Vous avez le droit de vous lever et de dire non à la guerre dans l’Est de notre pays. Nous voulons la paix, nous avons la paix entre nos mains, et nous avons donc la capacité de la partager».
La résistance féminine au cœur de l’histoire
Réalisé par Jefferson Matuasilua, Abedi Kahubi Aristote et Émeraude Maliyamungu, le film d’une heure rassemble quinze acteurs, dont Daniela Likelenge, qui incarne Aïcha, une adolescente survivante d’une attaque rebelle ayant coûté la vie à sa mère. «Dans le film ‘’Sikukufa, survivant’’, j’ai joué le rôle d’Aïcha. C’est un film RD-congolais qui traite des violences en RD-Congo. Malgré la tragédie, elle trouve la force de résister et de mener une révolte féminine grâce à sa résilience intérieure, après avoir perdu un collier mystique censé lui donner du pouvoir», a expliqué Daniela Likelenge.
Le film a été présenté lors de projections spéciales, notamment dans le cadre de la Congo Week, un projet académique qui se veut une continuité dans les jours à venir.
