Culture

Jean Belis livre des confidences du clan Wenge

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Co-fondateur de Wenge Musica formule originelle, Jean Belis Luvutula, très connu dans la commune de Bandalungwa et dans le milieu musical RD-congolais sous le pseudo de Mfumu, sort de son silence pour dénoncer la mauvaise interprétation et la falsification de l’histoire de la formation musicale qu’il a vu naître. «1981 ne représente absolument rien. Notre formation musicale a été fondée en 1979 comme je vous l’ai dit tantôt », a-t-il renseigné.
Pourquoi vivez-vous dans le silence total?
Parce que lorsque j’ai quitté notre orchestre, j’avais pris la ferme décision de ne plus fréquenter mes collègues. Malgré ça, j’étais toujours dans le milieu musical, avec un autre Wenge.
Lequel?
Wenge El Paris de Marie Paul. Avec mon ami Jules Biselele déjà décédé, nous avions mis en place plus une vingtaine de fans clubs à travers la ville de Kinshasa entre 1991 et 1992 pour soutenir cet orchestre qui était créé à partir de Paris après une dissidence. Cela avait énormément dérangé mes anciens collègues. Ils m’ont fait arrêter et sont même allés en justice contre Marie Paul. Comme la vérité triomphe toujours, j’ai été libéré et Marie Paul conserve encore ce nom-là.
Après je me suis encore effacé. J’étais même malade de décembre 2011 à février 2012. J’étais très immobile. Je n’avais pas suivi un traitement. Car, mes veines étaient inertes. Yahvé a fait grâce. Aujourd’hui, je suis en forme. Pour être très explicite, j’allais vous fredonner les extraits de chansons de plusieurs musiciens qui étaient au départ tels que Bienvenu Kuka qui résidait à Ma Campagne.
A cette époque-là, c’était impossible de voir un jeune quitter ce quartier huppé de la capitale pour venir chanter à Bandal, et puis dans un tunnel. Pour plusieurs personnes, c’était inadmissible. Matériellement, notre collègue était mieux positionné que nous. Il aimait vivre dans la discrétion.
Avez-vous bénéficiez du soutien de vos proches pendant que vous étiez malade?
Lorsque je suis rétablit, mes proches m’ont cité seulement deux noms: Mbuta Kis Kisolokele, un proche de JB Mpiana, et Jean-Didier Loko, un ancien de Wenge El Paris. Ce sont eux qui m’ont secouru financièrement lorsqu’ils ont appris cette tragique nouvelle.
Qu’avez-vous fait de très significatifs durant votre présidence ?
Durant mon règne, j’avais organisé la première et grande répétition de Wenge Musica avec instrument électrique. J’entretenais également de très bonnes relations avec les professionnels des médias. Ce qui avait permis à notre orchestre de se faire connaitre dans la capitale RD-congolaise, dans toutes les provinces du pays et à l’étranger.
Dans votre actif, vous n’avez pas réussi à faire sortir un album?
Non. C’est Papy Kimbi, le second président de l’orchestre, qui avait fait office de producteur pour que notre orchestre soit présent sur le marché avec un disque bien enregistré. Malheureusement, cela n’était pas visible sur le marché suite à plusieurs problèmes liés à la production.
Je me souviens que nous avions enregistré ce premier opus au studio Vévé, qui se situait à cette époque sur la rue Eyala, dans la commune de Kasa-Vubu. Après cet échec, nous avions alors sorti le second album dénommé Mulolo, en 1988. C’est ce disque qui avait propulsé notre groupe et a donné une autre allure à la musique RD-congolaise.
A qui appartient la célèbre chanson «Mulolo»?
Elle appartient à JB Mpiana. C’est lui, l’auteur-compositeur de cette œuvre. Il l’avait composé pour sa copine Anne Marie. A la recherche d’un refrain captivant, JB trainait encore les pas pour exposer cette chanson à ses collègues chanteurs. Comme il était trop attaché à Werrason qui est un Mbala -une tribu du Bandundu-, plusieurs personnes pensaient et pensent que c’est Noël Ngiama l’auteur-compositeur de cette chanson. Mais c’est faux.
Je vous résume l’historique de cette chanson. Un jour, j’accompagnais JB Mpiana chez Werrason. Arrivée dans leur parcelle, nous avions aperçu le feu Nico Buakongo qui chantait plusieurs chansons qu’il devait proposer à la Cléopâtre Mbilia Bel. Et, le refrain de Mulolo qui est une chanson populaire du peuple Mbala avait retenu l’attention de JB. Quelques minutes plus tard, il s’adressa à Nico pour qu’il lui apprenne cette chanson. Mais celui-ci était occupé pour le compte d’Afrisa International.
Ensemble, nous avions approché Werrason pour le même souci. Il nous dira qu’il ne connaissait pas cette strophe. Nous avions directement pensé à Auguy Bandemba, un natif de Kikwit qui travaillait sur notre rue Dimba Boma. Nous lui avions exposé le problème et il a accepté d’aider JB Mpiana sans conditions. C’est à partir de cet instant que Mulolo a été finie et JB n’a pas hésité à la présenter à ces collègues, et ils l’ont désigné comme chanson phare du deuxième album.
Un conseil à vos anciens collègues ?
Qu’ils s’aiment.
HRM

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