
La Compagnie PEPENAS est invitée, du 19 au 21 février 2027 pour la deuxième année consécutive, à l’Expression «International dance competition», organisée par International dance association -IDA. La compétition se tiendra à la Fortezza da Basso de Florence, dans le cadre de DanzainFiera, le plus grand salon international entièrement dédié à la danse, qui célèbre sa 22ème édition. En effet, elle présentera «Ata ndele, ekoya» -«tôt ou tard, cela viendra», en français-, une création née d’une résidence au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. «L’an dernier, le voyage n’avait pas pu se faire. Le chorégraphe évoque des difficultés d’obtention de rendez-vous pour le visa Schengen, un obstacle qu’il qualifie de grand problème pour nous les créateurs», déclare Naswa Pepe Raison dit Elmas, fondateur de la Compagnie PEPENAS.
À l’entendre, le spectacle-performance, d’une durée de 45 minutes, est sous-titré «Prévention d’une conscience». Et de rappeler: «il est né en juin 2025, lors d’une résidence de création accordée du 2 au 7 juin par la directrice du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, Cécile Djunga». Plus loin dans son speech, Naswa Pepe explique que la pièce s’inspire des marches pacifiques vécues en RD-Congo, où le peuple réclame justice et dignité après des années d’injustice et de mauvaise gestion. À ses yeux, elle évoque notamment les femmes de Mwenga, au Nord-Kivu.
«Son point de départ est une prophétie d’un prophète ambulant rencontré dans un taxi-bus 207»: celle d’une montée de température, d’un feu qui s’allume, en hommage aux héros sacrifiés», indique-t-il. Sur scène, explique-t-il, les corps deviennent langage. «Gaz lacrymogènes, tonnerres, solos et improvisations rythment une dramaturgie portée par une musique live, du rock au ndombolo, un style que le chorégraphe décrit comme un nouveau langage créatif», argumente-t-il.
Pour lui, porter la voix de ce peuple sous une autre forme, à travers des corps révolutionnaires, afin d’attirer l’attention des concernés. Ce peuple, précise-t-il, ne réclame que son droit le plus légitime: l’accès à la santé, à l’éducation et à une justice équitable. «On apprend à se lever pour résister, on se tient debout pour exister. On se tient main dans la main pour ne pas rester seul», résume-t-il. Par ailleurs, il signe la chorégraphie et danse dans la pièce. Il est accompagné de cinq danseurs professionnels de la 4ème génération de la compagnie, sélectionnés après une longue formation intensive: Lumingu Kangudi Eunice, Bola Ikina Hadassa, Pongo Loleke Daniel, Lumingu Tshilombo David et Malombo Falonne Falonne.
A l’en croire, la participation dépasse le concours. «C’est bien plus qu’une compétition. C’est l’opportunité de porter haut le drapeau de la RD-Congo, de faire entendre la voix du peuple RD-congolais à travers la danse contemporaine», souligne-t-il. Il souligne, avec amertume, que son combat pour défendre la culture RD-congolaise dans le monde n’est ni considéré ni soutenu par le gouvernement. Il veut montrer que Kinshasa est aussi une capitale de création et de résistance artistique. Pour boucler la boucle, il formule l’espoir que ces cris parviennent aux oreilles des autorités et du monde.





