Culture

Géraldine Tobe fait de l’art avec la fumée

Elle a osé. Elle est sur une bonne piste. Géraldine Tobe, artiste visuel, a eu une idée qu’on dirait démentielle d’utiliser la fumée qui s’élève des flammes comme peinture pour ses toiles. A pas de tortue, cette artiste qui sort des sentiers battus se fera, peut-être, remarquer sur la scène internationale de l’art contemporain grâce à cette technique inédite, partant de l’impalpable pour réaliser un tableau chargé d’émotions.

Avec un travail et une démarche qui séduisent les amoureux du beau ainsi que des personnalités bien connues dans la sphère de l’art contemporain, l’artiste Géraldine Tobe, née et vivant à Kinshasa, s’approprie une technique audacieuse. Celle de la fumée. Dans sa tâche, le feu est indispensable car c’est lui qui donne de la fumée qui sera transformée à une matière que l’on retrouve dans ses toiles. Pas besoin d’un coup de pinceau.
Ayant tenté de se débarrasser de la peinture, en partie, Géraldine a su trouver une autre matière pour donner de la voix dans ses différentes productions. C’est en 2012 qu’elle a pris l’option de mettre en action cette nouvelle pratique. Aujourd’hui, cela fait son identité. Impressionnant.
Ambitieuse, l’artiste a estimé qu’il était temps pour elle de passer à une autre étape. Elle a préféré consumer toutes ses toiles existantes et réfléchir sur comment se présentera son prochain travail. «En regardant le feu et cette fumée qui se dégageait des flammes, je me suis dit que je pourrais en faire quelque chose. Depuis cette nuit, j’avais pris l’option de travailler avec le feu apprivoisé avant de mener des recherche sur cette pratique», a-t-elle raconté tout en estimant que c’était une renaissance.
Loin de faire «un art décoratif», Géraldine Tobe fait plutôt un art d’esprit. Elle entame son travail tout d’abord avec des pré-projets, puis recourt aux papiers monopoles grand format en vue d’y coucher des images et des personnages qui traversent son imagination. Le processus est long et difficile. Il faut de la patience et de la prudence, a avoué l’artiste qui a déjà connu son premier baptême de feu, au propre comme au figuré. A la suite, il a passé trois mois de convalescence loin de son atelier. Mais l’accident ne l’a pas découragé dans ses ambitions. Cette situation a constitué une véritable source d’inspiration, à côté d’autres sujets comme l’écologie et quelque rare fois de la politique.
Quand il faut faire usage des couleurs, Géraldine se laisse emporter par son imaginaire gardant tout de même son identité. «L’accouchement sans douleur», est le titre d’une de ses séries d’œuvres où l’on retrouve la représentation de la couleur bleu, très significatif pour elle.
Mais la fumée reste permanente. L’avenir s’annonce prometteur. Sa technique surprend ceux qui contemplent ses tableaux. Cela lui a valu plusieurs distinctions au pays comme à l’étranger.
A l’issue de la première Biennale d’art contemporain de Kinshasa «Yango» initiée par le photographe RD-congolais Kiripi Katembo, d’heureuse mémoire, Géraldine a raflé un prix qui l’a conduit à une résidence en Europe. Voilà un élément déclencheur qui l’a motivé davantage. L’exploit s’est réédité au premier Salon d’art contemporain de Ségou au Mali où la RD-Congolais a remporté le premier prix. Son travail et sa démarche ont séduit le jury constitué des personnalités bien connues dans la sphère de l’art contemporain.
Patrick NZAZI

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