Culture

ElombeSukari sollicite la mise en place d’une politique culturelle nationale

Le théâtre RD-congolais a perdu de son estime depuis un temps. Hier, il a donné le goût et inspiré le théâtre de plusieurs pays de par le monde et surtout en Afrique. Aujourd’hui, il ne fait plus qu’ombre de lui-même. Il va vers le bas dans sa production culturelle. Inquiet de cette situation, qui va de mal en pie, le président et fondateur du groupe théâtral Simba, Faustin SukariElombe, a, dans un entretien avec «AfricaNews», sollicité la mise en place d’une politique culturelle nationale pour remonter cette pente du théâtre RD-congolais, mais également d’autres disciplines artistiques.
Bien que devenu avocat, le metteur en scène et comédien RD-congolais Elombe, né Faustin Sukari, s’inquiète de la decrescendo que connait le théâtre de son pays. «La culture de manière générale en RD-Congo fait figure de parent pauvre, il est un laissé-pour-compte. Il n’existe aucune politique culturelle nationale susceptible de booster l’art», s’est-il plaint tout en regrettant le retard accusé par la RD-Congo dans ce secteur artistique, alors qu’elle a été la première à l’exploiter.
«Si les autres ont puisé chez nous et le font bien déjà, il faut dire que seul Dieu a été capable de créer du néant. Nous, humains, nous ne créons que sur base de ce qui existe. S’inspirant de nous, différents pays ont créé des œuvres dramatiques. Pour nous, c’est du bénévolat, mais pour eux c’est du business», a commenté le boss du groupe Simba, qui n’a pas manqué de diagnostiquer les maux qui rongent le théâtre RD-congolais.
«La perte de la qualité du théâtre est liée à beaucoup de facteurs. Premièrement, l’éducation qui est en baisse. Or, lorsque l’éducation accuse des faiblesses, toutes les autres disciplines en paient le prix. Le théâtre n’échappe pas à cette règle», a expliqué Sukari. Et de poursuivre: «ailleurs, les artistes vivent de leur produit artistique. Nous, nous travaillons gratuitement avec des moyens très modestes. Dans ces conditions, il nous est difficile de produire un travail de haute qualité comme ça se fait ailleurs. Ce pays est certes pétri des talents, mais il faut ajouter à ces talents les moyens de vivre».
Je m’éclipserai
Après plusieurs années passées dans l’art dramatique, ElombeSukari, qui s’est révélé au sein du Groupe Salongo de la télévision nationale, compte dans les prochains jours s’éclipser de la scène. «En plus d’être artiste, je suis avocat. Dans les temps à venir, je m’éclipserai de la scène pour me livrer totalement dans ma carrière d’avocat. Mais, je ne cesserai d’être artiste», a-t-il annoncé avant de promettre: «je me soustrairai sur scène comme interprète mais je serai présent comme créateur des œuvres d’esprit». L’entrée d’Elombe dans le monde des arts n’a été motivée par personne.
«La preuve,je n’ai pas d’idole dans ce métier», a-t-il lancé. Et de raconter: «je me suis lancé dans la pratique du théâtre depuis l’école secondaire où j’étais apprécié. J’ai interprété des textes des auteurs comme Pierre Corneille, MikanzaMobyem, Nzey Van Musala, Mongo Beti, etc. Mes enseignants attendaient à ce que j’embrasse la carrière d’avocat ou de journaliste vu mon éloquence et, moi-même, j’aspirai devenir prêtre. Contre toute attente, je me suis retrouvé à l’Institut national des arts -INA. Et après avoir décroché mon diplôme de graduat, j’ai été orienté à la télévision nationale qui m’affectera au Groupe Salongo.
C’est par là que tout a commencé». Après avoir servi le Groupe Salongo, Faustin Sukari créera sa propre troupe théâtrale, qu’il a baptisé Simba. 18 ans après, sa troupe continue, malgré les difficultés de toute nature, à tenir tête grâce à la grande capacité d’imagination qu’elle regorge et à son souci de corriger les mœurs en riant. «Je suis partisan de la maxime romaine: ‘castigareridendum mores’. Lisez en français, corrigé les mœurs en riant. Je suis correcteur des mœurs, mais en riant. En tant qu’humain, j’ai aussi mes faiblesses. Cela ne m’empêche de les mettre au grand jour pour permettre à tous ceux qui, comme moi, vivent cela de rectifier le tir. Le groupe Simba est un véhicule des valeurs», a-t-il précisé tout en signifiant: «les thèmes exploités par le groupe Simba proviennent de notre imagination et du vécu quotidien de notre société. Nous tirons des thèmes pour le redressement des mœurs».
A ceux qui veulent adhérer au groupe Simba, Elombe a fait savoir que les critères sont entre autres, avoir une condition physique acceptable, être détenteur d’un diplôme d’Etat au minimum, être en mesure de répondre aux questions préliminaires qui seront posées sur place. Et au bout de six mois, l’on verra si l’impétrant est appelé à pratiquer le théâtre ou pas.
Audrey BOZENE
Parousia MAKANZU
 

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