RDC – IPR, salaires, réforme, retraite: la ministre de la Fonction publique, Yolande Ebongo, fait quatre grandes annonces

0

Jugée à la hauteur après l’accord sur l’IPR avec les syndicats, la ministre de la Fonction publique fait part, à la faveur de son premier face-à-face avec la presse, de la hausse des salaires des fonctionnaires, du prochain dialogue social consacré à la nouvelle politique salariale et de l’organisation de la revue globale de la Réforme de l’Administration publique…

Yolande Ebongo Bosongo, la ministre de la Fonction publique de Félix Tshisekedi et Ilunga Ilunkamba, est en train de marquer des points. Jugée à la hauteur par l’opinion après l’accord trouvé avec les syndicats à Bibwa sur l’IPR, la ministre s’est retrouvée face à la presse lundi 3 février à Kinshasa. C’était un peu comme son grand oral. Et c’est avec un grand brio que l’ancienne fonctionnaire du PNUD s’en est sortie. Ebongo Bosongo a surtout fait quatre grandes annonces. La première: le protocole d’accord négocié à Bibwa avec les syndicats de l’Administration publique via lequel ces derniers acceptent de payer l’IPR et contribuer à hauteur de 18 milliards CDF, soit 10 millions USD par mois ou 120 millions USD dans le budget 2020. La ministre a salué ce geste hautement patriotique qui ramène la Fonction publique dans le giron des services d’assiette et la met en bonne place dans le combat pour le redressement de la RD-Congo. « Nous devons redresser nos institutions. Ce redressement passe entre autres par le civisme fiscal. Les ressources financières provenant de la collecte de l’impôt devraient ensuite servir à relever le défi social », a expliqué la ministre promettant d’intensifier la vulgarisation de la Loi de Finances en vigueur et d’initier une campagne pour la culture des textes légaux.

La deuxième grande annonce concerne la mise en œuvre, par le gouvernement de la République, du protocole d’accord négocié en 2018. Ce dernier prévoit de payer cette année un salaire de 150 dollars au dernier fonctionnaire de l’État. Ce n’est pas un canular, l’enveloppe y consacrée a été bel et bien budgétisée dans la Loi de finances en vigueur.

La troisième importante mesure porte sur le nouveau dialogue social convoqué en avril prochain est dédiée à des négociations devant déboucher sur la nouvelle politique salariale. Il sera question de faire la part entre le salaire et ses éléments constitutifs, les avantages sociaux immunisés et la prime. Question de dégager une enveloppe consistante réservée aux cotisations sociales et d’assurer une retraite moins agitée aux fonctionnaires.

La quatrième et dernière décision a trait à la revue globale de la Réforme de l’Administration publique.
Une feuille de route a d’ores et déjà été mise en place pour cet état des lieux. Parmi les axes sur lesquels le ministère a travaillé figurent la numérisation et la digitalisation des fichiers en vue de mettre un terme au sempiternel problème des fictifs.

« Le fonctionnaire doit être productif. Il ne suffit plus de se présenter au bureau à 7h pour disparaître quelques heures plus tard avant de réapparaître à la fin du mois pour réclamer le salaire. Nous devons savoir qui est réellement agent de l’État grâce à l’identification en cours. Chaque fonctionnaire identifié aura droit à une carte de service digiitalisée. Nous avons également prévu le rajeunissement de l’Administration publique en réglant aussi le problème de l’amélioration des conditions de mise à la retraite », a fait savoir Yolande Ebongo.

La loi de Finances 2020 prévoit la mise à la retraite de 17.000 agents dont 7.000 à charge de la Banque mondiale. Ces départs massifs vont occasionner 17.000 emplois cette année. La gestion de la carrière des fonctionnaires, la décentralisation de l’Administration publique autorisant chaque province à avoir sa propre administration publique, la construction et la modernisation des bâtiments administratifs sont également prévues.

Tino MABADA