
Premier jour de règne, premier incendie. À peine intronisé président de la FECOFA le jeudi 21 mai, Véron Mosengo hérite d’un dossier brûlant. Le jour même, son investiture est reléguée au second plan par le derby du championnat national entre le FC Les Aigles du Congo et l’AS V. Club. Le match s’arrête à la 87e minute dans la confusion. Les prolongations, elles, se jouent en ligne. Sur X et Facebook, les deux présidents croisent le fer, à coups d’accusations et de sous-entendus, jusqu’à mettre à nu les pratiques qui minent le football congolais.
Flory Mapamboli, président de V.Club, ouvre les hostilités sans gants. Il qualifie Vidiye Tshimanga de «cancer pour le football congolais», de «danger pour la sécurité publique», et affirme que son homologue aurait «réussi à corrompre tout le monde». Le député va plus loin, disant n’avoir jamais croisé «un individu aussi immoral» que l’ancien conseiller de Félix Tshisekedi.
La riposte est immédiate. Vidiye Tshimanga renvoie l’accusation et met en doute la qualification de V.Club pour les play-offs. Il insinue un passage monnayé vers cette phase décisive et promet de publier des preuves, notamment des fichiers audio. «L’immoralité des autres commence là où la vôtre s’est étouffée», tranche-t-il. Quelques heures plus tard, les publications disparaissent. Pas les captures. Elles restent, et avec elles, le malaise.
Le contraste est saisissant. Quelques jours plus tôt, les deux hommes affichaient une complicité de façade dans l’élection du nouveau Comex de la FECOFA et de la LINAFOOT. Leurs entourages parlaient même d’une « Union sacrée » des clubs kinois pour contrer le tandem Mazembe-Lupopo. Cette volte-face éclaire crûment l’écart entre les discours d’unité et la réalité d’un football où l’éthique cède face aux règlements de comptes publics et aux intérêts mesquins.



