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UNISIC: Fabrice Akaa défend sa thèse avec grande distinction

Il n’est plus chef des Travaux. Fabrice Akaa est désormais docteur en Sciences de l’information et de la communication. Il a soutenu sa thèse avec succès, samedi 4 avril dernier, à l’Université des sciences de l’information et de la communication -UNISIC-, ex-IFASIC, obtenant la mention grande distinction. Sa recherche a porté sur «la communication publique et révision constitutionnelle en RD-Congo: analyse des modes de prise de position du public».

Devant un jury attentif, le nouveau docteur en Communication, Fabrice Akaa, a soutenu que la révision constitutionnelle est un processus normal et évolutif, permettant aux normes fondamentales de s’adapter aux mutations de la société. «Je tiens à souligner que la révision constitutionnelle n’est ni un péché ni un crime contre l’État. En effet, la Constitution elle-même prévoit les mécanismes de sa propre révision. Néanmoins, chaque fois que cette question s’invite dans l’espace public, elle suscite des contestations et des tensions entre la majorité au pouvoir, l’opposition et la Société civile. Certaines opinions estiment que la Constitution est un texte évolutif, appelé à s’adapter aux mutations de la société. Toute société évolue, ce qui suppose une adaptation de ses normes fondamentales», a-t-il déclaré devant un public scientifique.

Se déclarant disciple du Professeur Paul Okomba, Fabrice Akaa a fait savoir que son étude doctorale a analysé comparativement deux périodes charnières de l’histoire politique: les mandats de Joseph Kabila et de Félix Tshisekedi.

Dans les deux cas, a-t-il souligné, la question constitutionnelle a cristallisé les passions. Tout en soulignant une erreur stratégique commune, le chercheur a indiqué que les acteurs politiques tentent d’influencer l’opinion sans tenir compte de la perception réelle du public. Dans son étude doctorale, le récipiendaire a identifié cinq modes de prise de position de la population face au discours politique.

Enquêtant à travers les différentes provinces du pays, Fabrice Akaa a démontré que l’adhésion ou le rejet de la révision dépend de facteurs sociologiques et géographiques souvent négligés par les décideurs de Kinshasa. Ainsi, il a appelé le pouvoir en place à mettre en œuvre des mécanismes de communication plus inclusifs et transparents, afin de traiter la question constitutionnelle sans compromettre les acquis démocratiques durement conquis.

Profitant de cette occasion, le chercheur a tenu à lever toute ambiguïté sur ses motivations. Il a réfuté catégoriquement l’idée d’une commande politique. «Il ne s’agit nullement d’une commande politique. Je ne collabore pas avec les acteurs politiques et je n’appartiens à aucun parti politique. Je suis avant tout un scientifique. Le rôle du scientifique est d’observer la société et d’analyser les faits. J’ai simplement constaté qu’à chaque second mandat d’un pouvoir, la question de la révision constitutionnelle se pose», a-t-il éclairci.

Dans son travail, Fabrice Akaa a développé une nouvelle approche scientifique appelée «la théorie des modes de prise de position». Micro à la main, le chercheur a révélé que cette nouvelle approche scientifique est connectée aux modes de réception des messages par le public, expliquant que cette théorie a été validée par des données empiriques récoltées sur le terrain. Au-delà de la théorie, Fabrice Akaa a déploré le fossé existant entre la recherche et la pratique politique en RD-Congo.

Selon lui, les décideurs gagneraient à consulter les travaux scientifiques avant de trancher sur des questions sensibles. Il a invité désormais les responsables politiques à s’approprier ses résultats de recherche pour mieux adapter leur discours et éclairer l’action publique, afin de sortir de polémiques passionnées pour entrer dans une gestion plus rationnelle de la communication politique. Au finish, le jury a salué la qualité de ce travail de recherche par une note de grande distinction.

Hénoc AKANO

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