
À Tianjin, dans le Nord de la Chine, l’Atelier Luban s’impose comme un véritable carrefour international des compétences. Ce centre de formation professionnel, à comparer à l’Institut national de préparation professionnelle -INPP- en RD-Congo, attire chaque année un nombre croissant d’étudiants, d’enseignants et de formateurs venus d’Afrique. Le week-end dernier, à la faveur d’une visite au Centre d’expérience de l’Atelier Luban, des journalistes africains invités par le Centre international de presse et communication de Chine -CIPCC- ont pu rencontrer des jeunes apprenants africains dans les couloirs, les salles de démonstration et les espaces interactifs. Ces jeunes venus d’Éthiopie, d’Égypte, de Zambie, de Djibouti, de Guinée, du Nigeria et de plusieurs autres pays du continent découvrent les technologies de pointe mises à leur disposition. Créé dans le cadre de la coopération éducative internationale de la Chine, l’Atelier Luban porte le nom du célèbre artisan chinois Luban, symbole d’excellence technique et de savoir-faire.
Son ambition est de partager avec les pays partenaires les méthodes pédagogiques, les équipements modernes et les compétences techniques nécessaires au développement économique. Cette vision semble trouver un écho favorable en Afrique, qui compte aujourd’hui 17 Ateliers Luban répartis dans plusieurs pays, faisant du continent l’une des régions où ce modèle connaît la plus forte expansion. Pour de nombreux étudiants africains rencontrés sur place, l’intérêt réside avant tout dans l’approche pratique de l’apprentissage. A Luban, la théorie laisse rapidement place à l’expérimentation. Les apprenants évoluent dans un environnement qui reproduit les conditions réelles de l’industrie moderne: robots industriels, systèmes d’énergies renouvelables, intelligence artificielle, impression 3D, réalité virtuelle, usinage de précision ou encore simulateurs de conduite ferroviaire. «Nous pouvons manipuler des équipements que nous ne trouvons pas toujours dans nos établissements d’origine», a confié un étudiant africain rencontré dans l’espace dédié à la fabrication intelligente.
Pour lui comme pour beaucoup d’autres, cette immersion constitue une occasion unique d’acquérir des compétences directement applicables sur le marché du travail. Selon la Secrétaire générale de cet établissement d’enseignement professionnel, l’Atelier Luban attire également de nombreux enseignants et formateurs africains. Grâce au modèle pédagogique «Ingénierie, Pratique, Innovation et Projet» -EPIP-, ils bénéficient de formations avancées en Chine avant de retourner transmettre leurs connaissances dans leurs pays respectifs.
A l’en croire, cette approche favorise la création d’un réseau de compétences locales capables d’accompagner le développement industriel et technologique des pays africains. Elle a cité l’exemple de l’Égypte qui, selon elle, illustre parfaitement cette dynamique. Considéré comme un modèle de coopération sino-africaine, l’Atelier Luban égyptien a intégré ses normes pédagogiques dans le système éducatif national, offrant des parcours de formation allant du secondaire jusqu’au niveau universitaire. En dehors de la formation technique, l’initiative favorise également les échanges culturels. La Secrétaire générale de l’Atelier Luban a renseigné que des espaces dédiés au patrimoine, aux traditions artisanales et aux rencontres interculturelles sont aussi organisés afin de permettre aux étudiants venus de différents horizons de partager leurs expériences et de développer une meilleure compréhension mutuelle.

Dans l’espace consacré au transport ferroviaire, les démonstrations de conduite de trains à grande vitesse attirent particulièrement les apprenants africains. Le Nigeria et Djibouti figurent déjà parmi les pays dont les étudiants bénéficient de ces formations spécialisées. Plus loin, les équipements liés à l’intelligence artificielle et aux énergies renouvelables suscitent un enthousiasme comparable, tant ces secteurs représentent des enjeux majeurs pour l’avenir du continent africain.
Avec 38 Ateliers Luban implantés dans 32 pays à travers le monde, la Chine dit poursuivre l’expansion de cette plateforme de coopération éducative. Mais à Tianjin, ce sont surtout les visages des jeunes africains croisés dans les laboratoires, les ateliers et les salles de formation qui témoignent du succès de l’initiative. Pour beaucoup d’entre eux, l’Atelier Luban constitue une passerelle vers l’innovation, l’emploi et l’ouverture sur le monde. Une opportunité de renforcer les compétences dont l’Afrique a besoin pour accompagner sa transformation économique et technologique au cours de prochaines décennies.
Olitho KAHUNGU, de retour de Tianjin
