
La diplomatie RD-congolaise vient de marquer un point décisif dans la capitale éthiopienne. Réunis lors de la session ordinaire de l’Union africaine, les États membres ont massivement renouvelé leur confiance à la RD-Congo pour siéger au Conseil de paix et de sécurité -CPS. Ce mandat de deux ans qui débutera officiellement le 1er avril 2026, s’inscrit dans la continuité d’une présence active amorcée en 2024. Le score est sans appel: 91% des votants ont soutenu la candidature RD-congolaise.
Ce résultat témoigne de la reconnaissance du rôle joué par Kinshasa lors de son précédent mandat, marqué notamment par deux présidences tournantes -novembre 2024 et janvier 2026. Pour les observateurs, ce vote confirme l’ancrage du pays dans l’architecture de paix africaine, malgré un contexte régional complexe.
Le CPS: le bras armé de la paix
En tant que membre réélu, la RD-Congo continuera de siéger au sein de l’organe permanent chargé de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits. Dans un contexte continental où les crises se multiplient, le CPS dispose de pouvoirs étendus pour autoriser des missions de maintien de la paix, imposer des sanctions en cas de changements anticonstitutionnels de gouvernement et mener des médiations de haut niveau.
Cette réélection n’est pas qu’honorifique. Elle offre à la RD-Congo une tribune stratégique pour maintenir l’attention de l’Union africaine sur la situation sécuritaire dans sa partie orientale; influencer les décisions liées au financement des mécanismes de réponse aux crises en Afrique; et renforcer sa stature de leader régional capable de contribuer à la stabilité globale du continent.
Le CPS, qu’est-ce donc?
Le Conseil de paix et de sécurité -CPS- de l’Union africaine est l’organe décisionnel permanent de l’UA, créé en 2002 pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits en Afrique. Il agit comme un système de sécurité collective, similaire au Conseil de sécurité de l’ONU, pour assurer la stabilité, la paix et la sécurité sur le continent.
Ses membres sont élus par la Conférence de l’Union africaine de manière à refléter l’équilibre régional en Afrique, ainsi que d’autres critères, dont la capacité à contribuer militairement et financièrement à l’Union, la volonté politique de le faire et l’efficacité de la présence diplomatique à Addis-Abeba. Le Conseil est composé de 15 membres, dont cinq sont élus pour un mandat de trois ans et dix pour un mandat de deux ans. Les pays sont immédiatement rééligibles à la fin de leur mandat.
Hénoc AKANO

