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Bazaiba: «Bemba Président, la RD-Congo devient un Etat compétitif»

Le Mouvement de libération du Congo -MLC-, parti politique du sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo, clôture les travaux de son congrès ce vendredi 13 juillet au Centre Nganda, dans la commune de Kintambo à Kinshasa. A l’ouverture de ces assises, jeudi 12 juillet, le Secrétaire général du MLC, Eve Bazaiba Masudi, a signifié que le règne de Joseph Kabila pendant 17 ans au pouvoir est «défaillant». Notamment sur le plan diplomatique avec des cas de refus des visas à certains membres du gouvernement par des chancelleries étrangères. Le secrétaire général du MLC a également dénoncé un manque de leadership au pays pour la gestion des questions dans le domaine de la sécurité, du social, de la santé ainsi qu’au niveau régional. Elle a accusé le pouvoir d’avoir «dénaturé» le système démocratique RD-congolais. Selon elle, avec son candidat Jean-Pierre Bemba à la présidentielle de décembre 2018, le MLC entend faire de la RD-Congo un Etat compétitif dans le concert des nations. A en croire Eve Bazaiba, ce troisième congrès permettra au MLC de proposer un programme gouvernemental pour diriger le pays après les prochaines élections.
 
Le troisième congrès du Mouvement de libération du Congo -MLC- axé sur la requalification et l’orientation du parti pour une alternance crédible, tire ses rideaux ce vendredi 13 juillet 2018 au Centre Nganda, dans la commune de Kintambo à Kinshasa. A l’ouverture des assises, jeudi 12 juillet, le Secrétaire général du MLC, Eve Bazaiba, a dressé un tableau sombre de la situation générale de la RD-Congo, signifiant que le Président Joseph Kabila a passé 17 ans au pouvoir avec beaucoup de défaillances. Elle a cité notamment les faiblesses sur le plan diplomatique, avec des cas de refus des visas à certains membres du gouvernement par des chancelleries. Le manque de leadership au pays pour gérer des questions dans le domaine de sécurité, social, santé ainsi qu’au niveau régional a été épinglé par Eve Bazaiba qui a également accusé le pouvoir d’avoir «dénaturé» le système démocratique RD-congolais.
«La tenue de ce 3ème conseil des représentants permet au MLC de dégager les lignes maitresses qui doivent guider la RD-Congo en tant qu’Etat moderne et compétitif dans le concert des nations. Notre pays a perdu toute crédibilité tant sur le plan diplomatique que sur le plan des affaires. La RD-Congo n’a plus de repères au point d’être dessaisie du leadership de ses ressources naturelles. L’on note cependant l’absence totale d’une politique gouvernementale claire sur la gestion du bassin du Congo», a déclaré Eve Bazaiba, lors de l’ouverture du congrès. Selon elle, avec son candidat Jean-Pierre Bemba à la présidentielle du 23 décembre 2018, le MLC entend faire de la RD-Congo un Etat compétitif dans le concert des nations.
Mouvanciers et Opposants côte-à-côte 
Plusieurs caciques tant de l’Opposition que de la Majorité présidentielle ont pris part à la cérémonie d’ouverture du troisième congrès du MLC. Parmi lesquels, Felix Tshilombo Tshisekedi, président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, André Alain Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle, Emmanuel Ramazani Shadari, Secrétaire permanent du PPRD ainsi que d’autres représentants du regroupement politique «Ensemble» de Moïse Katumbi. Réagissant à chaud au sortir de la salle, le porte-parole de la MP a trouvé à redire sur le point de vue du MLC quant à la question de l’autorité de l’Etat à travers le territoire national.
«Madame Bazaiba se trouvait devant ses militants. Nous sommes venus dans ce congrès pour porter le témoignage de la cohésion nationale et de la démocratie dans notre pays. C’est un débat précoce parce que la campagne qui sera sanctionnée par les élections va nous montrer la volonté du peuple par rapport à ce qu’elle a dit et par rapport à ce que nous avons réellement fait. Une chose est d’émettre les vœux, une autre chose est de réaliser ces choses pour le peuple RD-congolais», a souligné André Alain Atundu. Et de préciser: «l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national est une réalité. La considération dont jouit notre Président de la République sur la scène internationale et l’afflux des investisseurs dans notre pays, voilà des réalités».
Pas d’entrave à la candidature de Bemba à la présidentielle
S’agissant de la candidature de Jean-Pierre Bemba Gombo sur laquelle Eve Bazaiba a martelé et dont l’ombre plane sur le congrès du parti, le président du groupe parlementaire du MLC à l’Assemblée nationale, Alexis Lenga Wa Lenga, a confié à l’AFP en début de semaine qu’il n’existe pas d’entrave à la candidature du leader du MLC à la présidentielle du 23 décembre 2018 en RD-Congo censée élire un successeur au Président Joseph Kabila.
«Concernant Jean-Pierre Bemba, il n’existe aucune entrave devant lui pour une candidature à la présidentielle, que ce soit d’ordre juridique, judiciaire ou matériel», a indiqué Alexis Lenga qui est aussi secrétaire général adjoint du MLC.
L’opinion se souviendra que devenu chef de guerre puis vice-président de la République dans le régime 1+4, JP Bemba avait été condamné en première instance en 2016 à 18 ans de prison par la Cour pénale internationale -CPI- pour les meurtres, viols et pillages commis en Centrafrique par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003 alors qu’elle s’y était rendue à la demande du pouvoir légitime en place. Le 8 juin 2018, un jury d’appel a ordonné sa mise en liberté, l’acquittant, à la surprise générale. Bemba qui est toujours sénateur, vit pour l’instant en Belgique, en liberté provisoire, après dix ans de détention, en attendant une décision finale sur sa peine. Les autorités RD-congolaises ont indiqué que JP Bemba «pourra rentrer» en RD-Congo s’il le souhaite.
 
Ce qui s’est passé le 4 juillet à la CPI
Le bureau du procureur de la CPI a requis, mercredi 4 juillet 2018, une peine de 5 ans de prison accompagnés d’une amende conséquente contre Jean-Pierre Bemba. C’était au cours de la présentation des arguments complémentaires devant la CPI, dans l’affaire de subornation des témoins. Malgré l’acquittement de Bemba dans l’affaire principale pour laquelle il avait été condamné, le premier substitut de la Procureure Fatou Bensouda devant la chambre de première instance VII de la Cour pénale internationale, a démontré que l’accusé-JP Bemba- et ses deux complices-Me Kilolo et Fidèle Babala- ont mis en œuvre un plan élargi de subornation de témoins qui a influencé la décision des juges d’appel. Pour sa part, la défense a plaidé pour la relaxe en faveur de JP Bemba.
Les avocats du président du MLC soutiennent ne voir qu’une seule issue à cette affaire connexe: ordonner la relaxe moyennant une amende raisonnable au profit du fond pour les victimes. Pour eux, le bureau du procureur n’a pas été capable de démontrer dans quelle mesure le dossier a été corrompu, évidemment par des faux témoignages. Après des répliques du bureau du procureur, les juges ont clos les débats. Ils ont par ailleurs promis de rendre très rapidement leur verdict, mais tout en ne communiquant aucune date.
Entretemps, en RD-Congo, le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle du 23 décembre 2018 doit avoir lieu du 25 juillet au 8 août. Le MLC est l’une de grandes forces politiques de l’Opposition représentées au Parlement RD-congolais. Il tient à aller aux élections avec son président national Jean-Pierre Bemba qui détient des atouts indéniables pour briguer la magistrature suprême. En dépit du poids politique du MLC, le secrétaire général Eve Bazaiba ne cesse d’appeler à l’unité de l’Opposition pour assurer l’alternance pacifique au sommet de l’Etat. Dans cette logique, depuis le mois de mars 2018, le MLC a entrepris des concertations notamment avec l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- de Félix Tshisekedi et l’Union pour la nation congolaise -UNC- de Vital Kamerhe, autour de la situation politique en RD-Congo, principalement sur le processus électoral, afin d’adopter des «positions communes».
Olitho KAHUNGU

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