
Le processus électoral à la Fecofa prend l’eau. En cause: un mail. Et pas n’importe lequel. Un mail envoyé par Harraz Ahmed, cadre de la FIFA, au président de la Commission électorale. Son contenu? Un procès-verbal de l’Assemblée générale du 11 janvier 2025, jamais approuvé, mais déjà notarié et publié au Journal officiel.
L’aspirant président Rainier Mangenda Suku Swa monte au créneau. Dans une lettre du 9 mai 2026, il parle de « forfaiture ».
Les dates qui tuent
Le calendrier accable. Clôture des candidatures : 21 avril 2026. Publication des nouveaux textes au Journal officiel : 28 avril 2026. Soit une semaine après.
Or ces textes modifient les conditions d’éligibilité. Problème : l’article 7 du code électoral de la Fecofa est clair. L’article 19 des statuts de la FIFA aussi : «les règles électorales ne peuvent être modifiées après la publication de l’appel à candidature, sauf force majeure validée par la FIFA». Aucune force majeure n’a été notifiée.
Un PV fantôme, mais officiel
Mangenda rappelle l’article 35 des statuts Fecofa. Le PV d’une AG doit être «vérifié par les membres désignés» et «approuvé définitivement lors de l’Assemblée suivante».
Celui du 11 janvier 2025 a sauté l’étape. Pas lu. Pas approuvé. Mais notarié. Et publié pour tenter de lui conférer un caractère opposable à tous. «Une irrégularité grave», tranche le candidat. « La fraude corrompt tout ».
La FIFA doit s’expliquer
La question qui fâche : que faisait ce PV dans la boîte mail de Harraz Ahmed? À quel titre le transmet-il à la Commission électorale congolaise?
«À quel degré de responsabilité se situe Monsieur Harraz Ahmed dans notre processus électoral pour envoyer un document aussi sensible ?», interroge Mangenda.
La Commission électorale, elle, doit dire la vérité. Quels textes a-t-elle utilisés pour valider les candidatures ? Ceux du 29 mars 2023, votés le 15 septembre 2022 ? Ou ceux du 28 avril 2026, sortis après la bataille ? «Votre crédibilité en dépend», lance Mangenda. Il va sans dire s’agit de la crédibilité et de l’intégrité de tout le processus.
À Kinshasa, les états-majors retiennent leur souffle. Si la Commission a triché avec les règles, le scrutin est mort-né. Et la FIFA devra dire si son cadre a agi seul ou sur ordre. La structure dirigée par Gianni Infantino joue désormais son honneur.



