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Tribune en défense de Jacquemain Shabani, visé par des manœuvres partisanes

À l’heure où une pétition initiée par le député Laddy Yangotikala ravive les tensions au sein de l’UDPS, une tribune signée par des cadres du ministère invite à regarder les faits plutôt que les calculs. Paul‑Valéry Muteba, fonctionnaire au cabinet de l’Intérieur et de la Sécurité, parle sans détour d’une cabale politique et appelle à juger le vice‑premier ministre Jacquemain Shabani Lukoo à l’aune des chantiers initiés et des réalisations concrètes menées sous sa responsabilité. Dès lors, le débat dépasse la seule querelle partisane pour poser une question plus large: s’agit‑il d’une critique de gouvernance ou d’une bataille pour des positions de pouvoir?

Sur le terrain, les partisans de Shabani soulignent un changement de cap tangible dans la gestion de la sécurité. Plutôt que de se cantonner aux discours, le ministère a misé sur la modernisation des moyens d’intervention et la coordination technologique. Preuve en est la signature d’un protocole d’accord réunissant la Police nationale congolaise, la société WSTD et les principaux opérateurs télécoms -Vodacom, Airtel, Orange et Africell- destiné à améliorer la prise en charge des appels d’urgence. Ce dispositif, accompagné d’un numéro vert et de la dotation de motos aux unités de proximité, vise explicitement à réduire le délai d’intervention et à rapprocher la réponse policière des citoyens.

En parallèle, les instructions ministérielles ont renforcé la présence de police sur le terrain: patrouilles diurnes et nocturnes intensifiées, traque des groupes armés et des «kuluna» dans le cadre de l’opération Ndobo, interpellations suivies de jugements en audience foraine. Ces actions, selon ce fonctionnaire, montrent une volonté d’envoyer un signal judiciaire et opérationnel fort à la fois aux délinquants et aux populations affectées par l’insécurité urbaine.

Mais la transformation souhaitée ne se limite pas à des interventions ponctuelles. La réforme structurelle de la Police nationale congolaise a franchi une étape majeure avec l’adoption et la promulgation en 2025 d’une loi de programmation. Certes, ce large chantier pâtit d’un déficit de financement, toutefois il établit une feuille de route ambitieuse pour équiper les unités, lancer un vaste recrutement et planifier des départs à la retraite. Pour les défenseurs du vice‑premier ministre, cela témoigne d’une vision stratégique à long terme, même si sa concrétisation exigera des moyens soutenus et une mise en œuvre rigoureuse.

Concrètement, des signes visibles corroborent cette orientation: 5 000 policiers en formation à Kasangulu, la réhabilitation de l’école de police de Kapalata à Kisangani -inaugurée le 23 juin 2025 et désormais conçue pour accueillir 2 000 recrues- et des travaux de modernisation lancés pour renforcer les capacités opérationnelles. Ces réalisations sont mises en avant comme la preuve qu’il ne s’agit pas seulement d’une posture politique, mais d’un travail administratif et opérationnel destiné à reconstruire des capacités locales.

Dans le même temps, l’attention portée aux conditions de vie des forces de l’ordre illustre une approche pragmatique. À Kinshasa, plus d’une centaine de logements ont été construits à Ndjili Brasserie pour reloger des policiers sinistrés après l’incendie du camp Kabila en 2025, initiative qui vise à stabiliser les effectifs et à renforcer l’engagement des agents sur le long terme.

Il serait toutefois imprudent de passer sous silence les limites relevées par les observateurs: la réforme dépend encore de financements insuffisants, les besoins en matériels et en logistique restent considérables, et des défis institutionnels persistent. Ces constats légitiment une critique démocratique et une exigence de transparence. Néanmoins, lorsqu’une remise en cause prend la forme d’une offensive ciblée et politisée, comme l’affirme Paul‑Valéry Muteba, il est nécessaire de replacer la controverse dans son contexte et d’évaluer les résultats avec méthode.

Au final, la tribune défensive qui s’élève en faveur de Jacquemain Shabani rappelle une évidence politique simple : juger un responsable public sur la base de réalisations tangibles et de progrès mesurables demeure la voie la plus crédible. Si la polémique actuelle s’inscrit indéniablement dans des logiques d’appareil, elle ne doit pas faire oublier que les chantiers lancés exigent désormais d’être consolidés pour produire des gains durables au bénéfice des Congolais.

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