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Succession de Nangaa à la CENI: les chefs religieux insistent sur le choix de Ronsard Malonda

Après élimination progressive de certains candidats, Malonda, pour avoir obtenu 6 voix sur les 8 possibles lors du vote, a été désigné comme le délégué commun des Confessions religieuses à la CENI, conformément à l’article 17 de leur Charte

La déclaration conjointe de la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- et de l’Eglise du Christ du Congo -ECC- sur la désignation de leur délégué à la Commission électorale nationale indépendante -CENI- n’a pas laissé indifférentes six autres Confessions religieuses, soucieuses de «restituer la vérité à l’opinion et fermer à tout jamais la porte à toute velléité de malveillance visant par l’intoxication à jeter gratuitement l’opprobre sur» leurs responsables. A cet effet, la Communauté islamique, l’Eglise du Réveil du Congo, l’Eglise Kimbanguiste, l’Eglise Orthodoxe, l’Union des églises indépendantes du Congo et l’Armée du salut ont, dans leur mise au point du vendredi 12 juin 2020, déclaré avec fermeté: «en aucun moment des échanges, il n’a été question des rumeurs de corruption évoquées aujourd’hui par certains chefs des confessions religieuses». Ces organisations religieuses ont aussi dénoncé «le matraquage politique et des menaces dont ils sont victimes et le lynchage médiatique dont ils font l’objet et se remettent aux autorités du pays pour leur sécurité». Pour étayer leurs propos, les chefs des Confessions religieuses ont entrepris, dans la même mise au point, de restituer les faits, question d’éclairer la lanterne de l’opinion à qui l’on tente de faire gober des contre-vérités. Ils ont évoqué la réunion du mardi 2 juin 2020, tenue au Complexe scolaire Cardinal Monsengwo, au cours de laquelle les chefs des Confessions religieuses ont levé l’option de confier à leur secrétariat technique la tâche de rassembler les dossiers de candidature reçus et de procéder à la présélection des meilleurs profils pour faciliter la désignation du délégué commun à la CENI. Quatre jours plus tard, ont poursuivi ces hauts dignitaires religieux, le secrétariat technique, réuni à la Cathédrale du Centenaire sous la direction de son coordonnateur, abbé Donatien Nshole, a procédé au traitement des 24 dossiers reçus. Au finish, six candidatures ont été retenues sur base du CV et particulièrement du niveau d’études et de l’expérience de chaque candidat en matière électorale. Le rapport du secrétariat technique a été approuvé par les chefs religieux à la faveur de leur réunion du 8 juin 2020, tenue au Complexe scolaire Cardinal Monsengwo. «C’est lorsqu’il fallait départager les six candidats que les discussions sont devenues difficiles suite au refus de la présidence de la réunion d’appliquer les outils minutieusement préparés et unanimement adoptés en amont en vue d’une sélection objective et dépassionnée», ont révélé les chefs des Confessions religieuses, avant de rapporter que des 6 candidats présentés par le secrétariat technique, 3 ont été écartés. Motif: ils «ont été accusés d’être portés par une force politique». Ronsard Malonda, Eale Bosela et Cyrille Ebotoko sont restés seuls en lice… pour un moment. Car, le Cardinal Ambongo, s’étant inscrit dans la «logique d’élimination progressive des candidats», a retiré de la course le Catholique Cyrille Ebotoko «au motif que le candidat n’a pas le poids et la carrure de la fonction». Le jeu se jouait désormais entre Ronsard Malonda et Eale Bosela jusqu’à ce qu’il soit prouvé que ce dernier est dans «une affiliation politique, Alternance pour la République qui l’a aligné comme candidat aux élections législatives de 2018 dans la circonscription électorale de Bolomba, province de l’Equateur». Conséquence: «ce candidat ne pouvait plus compter comme personnalité indépendante de la Société civile». En dépit de ce détail fâcheux, le Cardinal Ambongo, président de la séance, a demandé aux participants, les chefs des Confessions religieuses donc, «de se prononcer sur les deux candidats restants par un vote à mains levées». Ronsard Malonda, fort de ses 6 voix sur les 8 possibles, a battu Eale Bosela.  «Par la suite, le Cardinal, président de la séance, a ramené le candidat de la CENCO retiré auparavant pour le même exercice. Etant donné la description du profil faite au moment du retrait, la candidature a été rejetée par vote à mains levées où elle n’a obtenu que deux voix sur huit», ont fait savoir les chefs religieux, non sans marteler sur la désignation de Ronsard Malonda comme leur délégué commun à la CENI, conformément à l’article 17 de la Charte des Confessions religieuses. Cet article stipule: «En toute chose, les chefs des Confessions religieuses recherchent de bonne foi le consensus comme mode de prise de décision par excellence. A défaut du consensus, ils font recours à un vote transparent conformément aux valeurs affirmées à l’article 8. En cas de vote, chaque Confession religieuse exprime une seule voix. Le membre observateur ne participe pas au vote». Voici comment les 6 autres chefs des Confessions religieuses ont apporté de l’éclairage sur le processus ayant abouti à la désignation de Ronsard Malonda comme leur représentant commun à la CENI. Ce, en dépit de la posture adoptée par les Catholiques et Protestants qui disent être à la recherche d’un consensus autour d’une personne représentant des «valeurs auxquelles tiennent les confessions religieuses, entre autres le professionnalisme, l’éthique et l’indépendance vis-à-vis des acteurs politiques».

Laurent OMBA

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