
En amont du Forum économique prévu en novembre, le gouvernement Bumba a présenté ce 8 septembre trois projets vitrines pour séduire Londres: capteurs anti-inondations, feux intelligents et e-gouvernance. C’est le pré-forum avant le Forum. À deux mois du rendez-vous économique UK-RDC prévu du 2 au 4 novembre prochain, Kinshasa a fait son opération séduction ce lundi 8 septembre dans la capitale.
Le lancement officiel a été assuré par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, en présence du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, de Jean-Bosco Kanyemesha, président de KNG Strategy et secrétaire général du UK-DRC Business Partnership Consortium, et de la Baronne Sandip Verma, membre de la Chambre des Lords britannique et présidente dudit consortium. Face à la délégation britannique, Kinshasa a aligné trois poids lourds du gouvernement provincial, mandés par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki.
«Nos défis sont vos opportunités»
Au pupitre, au nom du gouverneur, Jésus-Noël Sheke, ministre provincial en charge du Plan, a martelé le message. Les maux de Kinshasa sont aussi ses marchés. Le représentant personnel du gouverneur a présenté les opportunités d’investissement dans une mégalopole de plus de 12 millions d’habitants, en ciblant trois secteurs prioritaires: les transports, les infrastructures et le numérique. Il a insisté sur les axes du programme provincial: la mobilité urbaine et le transport intelligent, la gestion environnementale et durable, ainsi que le drainage et la gestion des eaux pluviales.
«Les défis auxquels Kinshasa est confrontée constituent également de véritables opportunités d’investissement pour les entreprises britanniques», a-t-il plaidé, invitant les firmes du Royaume-Uni à se positionner sur les projets structurants de la ville. Intervenant dans le panel dédié à la capitale, il a déroulé la feuille de route du gouvernement Bumba.
Les trois paris tech de Magloire Kabemba
C’est le ministre provincial de l’Économie, des Finances et du Numérique, Magloire Kabemba, qui a donné du concret. Premier projet: «Drain & Sensor». L’idée est de doter la ville d’un réseau de capteurs IoT pour surveiller en temps réel les précipitations et les niveaux d’eau, avec un système d’alerte précoce. Une réponse directe aux inondations meurtrières qui frappent Kinshasa chaque saison des pluies.
Deuxième projet: «Mobilité intelligente». Déploiement de dispositifs numériques pour gérer les flux de circulation et installation de feux de signalisation adaptatifs. Dans une ville réputée pour ses embouteillages monstres, l’argument porte.
Troisième projet, le plus ambitieux: «Kin-Connect & E-Gouvernance». L’objectif affiché est de dématérialiser 80% des services publics de la ville d’ici 2028, des permis de construire au paiement des taxes et impôts, en passant par la délivrance des certificats.
Enfin, le ministre provincial de l’Agriculture, Jackson Tshimankinda, a rappelé que Kinshasa n’est pas qu’un chantier urbain. C’est aussi un marché agricole. Avec ses terres arables en périphérie et ses 12 millions de consommateurs captifs, la capitale peut «absorber rapidement une importante production agricole».
À travers ce pré-forum, l’Exécutif provincial joue une partition claire: positionner Kinshasa non plus comme une capitale à problèmes, mais comme une destination d’investissement où chaque problème vaut de l’or.
YA KAKESA
