
La RD-Congo ne peut durablement asseoir son développement sur l’exportation de ses ressources à l’état brut. C’est l’une des convictions mises en avant par Nacky Mulumba dans une tribune consacrée à la vision stratégique de la Professeure Sandrine Mubenga Ngalula. Pour la scientifique RD-congolaise, l’émergence du pays repose sur trois leviers liés, à savoir: l’industrie, l’énergie et le savoir. Présentée comme la «Trilogie» stratégique, cette approche part d’un constat simple: la richesse minière de la RD-Congo ne suffit pas à garantir son développement. Il faut transformer localement les ressources, disposer d’une énergie compétitive et former les compétences capables de porter cette transformation. Premier pilier: la transformation locale des minerais.
Avec ses réserves de cobalt, de cuivre et de lithium, la RD-Congo occupe une place stratégique dans la transition énergétique mondiale. Mais l’enjeu est de dépasser le statut de fournisseur de matières premières. La création de chaînes industrielles permettrait de retenir davantage de valeur ajoutée, de développer les compétences locales et de générer des emplois qualifiés. Spécialiste du génie électrique, Sandrine Mubenga a notamment développé des technologies liées aux batteries lithium-ion.
L’éducation comme moteur du changement
La deuxième composante concerne le capital humain. Pour Sandrine Mubenga, aucune politique d’industrialisation ne peut produire de résultats durables sans une main-d’œuvre locale qualifiée. L’accent est mis sur les disciplines STEM -sciences, technologies, ingénierie et mathématiques. À travers son ONG STEM DRC Initiative, la Professeure associée à l’Université de Toledo accompagne des jeunes RD-congolais dans leur parcours universitaire. Depuis 2018, l’organisation aurait octroyé 185 bourses d’études. STEM DRC Initiative aurait par ailleurs contribué à l’installation de huit unités de production d’oxygène, avec une capacité annoncée de 22 000 litres par jour.
L’électricité, condition de l’industrialisation
Reste le troisième pilier: l’énergie. Sans électricité disponible, stable et compétitive, la transformation industrielle des ressources RD-congolaises demeure difficilement envisageable. Première directrice générale de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité -ARE-, de juillet 2020 à février 2026, Sandrine Mubenga a dirigé la mise en place et la structuration de cette institution chargée d’accompagner la libéralisation du secteur. La tribune attribue à cette période une progression de la capacité électrique installée, passée de 2 972 MW à plus de 4 100 MW, ainsi qu’une hausse du taux de couverture nationale, de 17,9% à près de 29%.
Aujourd’hui administratrice au Conseil d’administration de l’ARE, elle poursuit son engagement dans le secteur énergétique. Au-delà de ces trois secteurs, la démarche défendue par Sandrine Mubenga repose sur leur complémentarité: la transformation des minerais crée la valeur, l’énergie alimente l’industrie et l’éducation fournit les compétences nécessaires. C’est cette articulation que Nacky Mulumba présente comme le cœur de la «Trilogie» stratégique. Une approche qui entend substituer à l’exportation brute des ressources une économie davantage fondée sur la transformation locale, l’innovation et la maîtrise des compétences. Selon cette tribune, cette vision du développement fait de la souveraineté économique la capacité de la RD-Congo à produire, transformer, innover et former ses propres talents.

