La tension politique ne faiblit pas en RD-Congo. Alors que les velléités de révision ou de changement de la Constitution alimentent les états-majors politiques, l’ECiDé, parti cher à l’opposant Martin Fayulu, a choisi de hausser le ton. Dans un communiqué cinglant publié vendredi 6 mars 2026, le secrétaire général Devos Kitoko, a accusé André Mbata, figure de proue de la majorité, de tenter de distraire l’opinion publique.
Lors d’un entretien accordé au magazine «Jeune Afrique», André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation, avait surpris en affichant une certaine complicité de combat avec Martin Fayulu. Selon lui, bien que dans des camps différents, les deux hommes partageraient une cible commune: l’influence de l’ex-Président Joseph Kabila. «Avec Martin Fayulu, nous menons la même bataille contre l’ancien régime», avait-il affirmé, soulignant au passage la qualité du dialogue entre le leader de l’ECiDé et Félix Tshisekedi.
D’après le Professeur Mbata, ces échanges entre frères témoignent d’une volonté de privilégier les opposants restés au pays, ancrés dans les réalités nationales. A en croire Devos Kitoko, la stratégie du pouvoir est claire: créer des polémiques pour faire oublier l’incapacité à mobiliser la population autour d’un changement de la Loi fondamentale. «Quand on échoue à convaincre le peuple de changer la Constitution, on invente des polémiques pour détourner l’attention», a-t-il martelé dans son communiqué.
Alors que les rumeurs de coulisses vont bon train, la direction de l’ECiDé a tenu à clarifier la position de son leader. Le seul et unique engagement de Martin Fayulu, a précisé le communiqué, demeure la défense des intérêts des RD-Congolais et la préservation de l’intégrité du territoire national face aux menaces sécuritaires.
Pour le camp Fayulu, le débat sur «qui parle avec qui» est une distraction stérile. Les véritables urgences sont ailleurs: restaurer la paix, protéger la cohésion nationale et surtout, préparer un terrain assaini pour des élections réellement crédibles à l’horizon 2028. Le secrétaire général de l’ECIDé a exhorté les acteurs politiques au pouvoir à porter leur regard vers les milliers de déplacés et de réfugiés qui croupissent dans la misère. «S’il vous plaît, ayez pitié de nos concitoyens sans nourriture et sans perspective d’avenir. Soyez humains», a-t-il écrit, fustigeant une classe politique qui semble préférer les joutes juridico-constitutionnelles à la souffrance réelle du terrain.
En réitérant la nécessité d’un dialogue national inclusif, l’ECiDé a rappelé que la crise de légitimité et les défis sécuritaires ne pourront être résolus par des réformes constitutionnelles imposées, mais par un consensus national. Malgré ce qu’il qualifie de déformation des faits, le parti de l’Opposition assure que la vérité et le combat pour la justice finiront par triompher. Un message clair envoyé à Kinshasa: la résistance contre tout changement de la Loi fondamentale reste totale.
Hénoc AKANO
