Actualités

RDC: Tshisekedi asphalte et relooke la RN42 Lac Mukamba-Lusambo, 130 km

La caravane infrastructurelle conduite par le ministre des Infrastructures John Banza Lunda a fait étape mercredi au Lac Mukamba, à Dimbelenge, à la limite du Kasaï-Central et du Kasaï-Oriental. Sur la RN42, l’entreprise chinoise Sinohydro exécute les travaux de modernisation de l’axe Lac Mukamba-Lusambo.

Le tronçon de 130 km doit relier le Sankuru au Kasaï-Central. Selon l’ACGT, maître d’ouvrage, 5 kilomètres de couche de fondation sont en cours de pose entre le PK 14 et le PK 10. En aval, du PK 10 au PK 5, la couche de base est achevée sur 5 km, avec traitement «mono-push» en préparation de l’asphalte. Environ 15 km sont déjà circulables. Inspectant le chantier, John Banza Lunda a salué le travail réalisé. Il a appelé la population à «permettre au président Tshisekedi de poursuivre son œuvre de reconstruction du pays et de finaliser son projet».

Lac Mukamba: carrefour oublié entre 4 provinces  

Le choix du Lac Mukamba n’est pas anodin. Ce plan d’eau de 180 km² est le nœud routier où se croisent la RN1 Kananga-Mbuji-Mayi et la RN42 vers le Sankuru. Avant l’effondrement des routes, les pirogues de poissons séchés du lac partaient vers Kananga, Mbuji-Mayi, Kabinda et Lusambo. Depuis dix ans, les camions arrivent rarement. Le lac, qui nourrissait quatre provinces, s’est replié sur la pêche de subsistance. «Sans route, le poisson pourrit ici. Avec la route, il repartira à Kinshasa en 48 heures», résume un notable de Dimbelenge. Le territoire produit aussi du maïs, du manioc et du miel forestier, bloqués par les bourbiers de la RN1.

Dimbelenge: grenier du Kasaï-Central coupé du monde

Dimbelenge est le principal territoire agricole du Kasaï-Central. Ses collines rouges donnent trois récoltes de maïs par an. Mais le sac de 100 kg se vend 35.000 FC sur place contre 150.000 FC à Mbuji-Mayi, à 90 km. La différence part en gasoil, en ponts de fortune et en semaines d’attente dans la boue. 

Réhabiliter la RN42 jusqu’à Lusambo, c’est rouvrir le débouché nord du territoire. Les camions éviteront le goulot de Madila sur la RN1 pour filer vers le Sankuru, puis la Tshopo et Kisangani via la future jonction RN42-RN7.

Lusambo: chef-lieu enclavé d’une province coupée de la République

À 130 km au nord, Lusambo attend. Chef-lieu de la province du Sankuru depuis le découpage de 2015, la ville n’a pas un mètre d’asphalte. Aucune route praticable ne la relie à Kinshasa, à Mbuji-Mayi ou à Kisangani. L’aérodrome en terre reçoit un vol humanitaire par semaine. La rivière Sankuru, navigable six mois par an, est la seule porte de sortie.Conséquence: le sac de ciment coûte 85.000 FC à Lusambo contre 25.000 FC à Kinshasa. Le litre d’essence atteint 7.000 FC. La ville vit de diamant artisanal, de café robusta et d’huile de palme. Mais les négociants préfèrent Lodja, plus proche de Kindu, laissant Lusambo sans cash et sans médicaments. «Lusambo est le symbole de l’enclavement. Relier Lusambo au Lac Mukamba, c’est reconnecter le Sankuru à la République», lâche un ingénieur de Sinohydro sur le chantier.

Un axe stratégique: de l’Atlantique à Kisangani

La RN42 n’est pas un tronçon isolé. Elle est le maillon central du corridor présidentiel. À l’ouest, elle se branche sur la RN1 Kananga-Tshikapa-Kikwit-Kinshasa-Moanda. À l’est, le ministre promet la jonction avec la RN7 vers Lodja, Katako-Kombe et Kisangani. De là, la RN4 mène à Beni-Butembo, et la RN2 à Bukavu. L’enjeu consiste à construire un axe bitumé continu de 2.700 km de l’Atlantique à la frontière ougandaise et rwandaise, sans passer par l’Angola ou la Zambie. Pour le Kasaï et le Sankuru, c’est la fin du monopole des transporteurs zambiens sur l’approvisionnement de Mbuji-Mayi. «A l’issue du chantier, ce trajet de 130 km, qui exigeait autrefois plusieurs jours de calvaire, va se parcourir désormais en seulement 2 heures», se félicite Banza Lunda. 

Quand les 130 km seront posés, Lusambo sera à 2 ou 3 heures de Kananga, contre 4 jours aujourd’hui en saison sèche. Le maïs de Dimbelenge atteindra les brasseries de Mbuji-Mayi. Le café du Sankuru rejoindra Matadi sans avion. Et les intrants agricoles redescendront à prix tenable vers les plateaux du Kasaï.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page